La colonne à Jicé : Où il est question de génétique…

15-02-2017 21:28 Jean-Claude Schertenleib

Je vais vous avouer l’inavouable : avec ma famille plusieurs fois recomposée, il m’arrive parfois de devoir prendre un peu de temps pour m’y retrouver, rapport aux différentes générations qui se rencontrent, à cette fiancée plus jeune que les aînés de mes enfants et à ma petite dernière qui est déjà tante. Alors, imaginez quand il s’agit d’analyser l’importance de l’héritage familial – je ne parle pas d’argent – dans le sport de très haut niveau…

Stuart Graham, vainqueur de deux GP (un en 50, l’autre en 125) en 1967, était le fils de Leslie, le premier champion du monde 500, en 1949. Héritage génétique donc parfaitement maîtrisé. Pas question, à ce stade de cette grande étude, d’oublier la dynastie des Dunlop, de Joey à Robert en passant par tous les autres. Remarquable là-aussi…

Pas plus que les Roberts. Quoique… Voici un premier exemple qui m’a toujours interpellé. Alors que j’accompagnais des pilotes suisses au ranch de Kenny « The King », du côté de Modesto, je me souviens très bien avec quels yeux et quelle patience Kenny s’occupait de « Junior » sur les pistes de dirt-track tracées dans la vaste propriété. A cette époque, Kurtis, pas plus haut que quelques pommes, demandait son lot d’attention, mais Kenny « Senior » semblait l’ignorer. Il le traitait de tous les noms – la plupart à ne jamais répéter – et affirmait qu’il n’était bon à rien et que, jamais, il ne ferait une carrière. Le « King » ne s’était pas trompé en termes de résultats, il a juste, alors, oublié qu’un père devait éviter de montrer trop de différences d’un enfant à l’autre. D’ailleurs, cela s’est très mal passé entre les deux ces derniers mois, K. Roberts (Kenny Senior) et K. Roberts (Kurtis) s’étant retrouvés à plusieurs reprises devant la justice, pendant que K. Roberts (Kenny Junior) regardait cela de loin.

Revenons maintenant de ce côté-ci de l’Atlantique. Cap au sud, direction l’Espagne et les Nieto. Ah, en voilà une vraie famille de coureurs, Angel 12 + 1, Angel Junior, Pablo et « Fonsi », c’est du solide ! Le problème est que le plus brillant des trois « descendants » d’Angel, Alfonso « Fonsi » se nomme en vérité Gonzales, puisqu’il est le fils de la sœur d’Angel Senior. Vous suivez ? Quand on annonçait « Fonsi » Nieto sur la plus haute marche du podium, on commettait une erreur nominale.

Vous en voulez encore ? Que je vous dise que dans ma Suisse chérie, Hansueli Lüthi, le papa de Tom, a été pilote avant lui ? C’est vrai, il a participé à quelques courses du challenge Honda, en roulant à un tel niveau que lorsque j’avais montré à Tom une feuille de résultats de son paternel, il avait ri comme jamais. Ce qui m’a fait comprendre que le talent n’était pas une denrée automatiquement distribuée d’un père à son fils.

Mais je vous vois venir. Vous vous dites : « L’autre, le Jicé avec ses grands sabots, il oublie juste le plus important de tous : Valentino Rossi, digne fils de Graziano. Et frère aîné de Luca : la preuve est faite. » Sauf que Luca Marini n’est que le « demi » frère de Sa Majesté, le fils de sa maman.

Je me demande donc sérieusement si, finalement, le talent de pilotage n’est pas un gène 100% féminin…

Stay tuned !

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Jean-Claude Schertenleib

 

 

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