La colonne à Jicé : Au revoir, Sir John

10-03-2017 20:00 Jean-Claude Schertenleib

Unique pilote de l’Histoire sacré aussi bien en 500 qu’en Formule 1, le Britannique Sir John Surtees est décédé ce vendredi après-midi à l’âge de 83 ans, entouré de son épouse et de leurs deux filles, à l’hôpital St George de Londres. Septuple champion du monde motocycliste (3 titres en 350 cc, 4 en 500), John Surtees avait fait ses débuts en F1 en 1960, remportant la couronne mondiale pour Ferrari quatre ans plus tard. Son fils, Henry, avait trouvé la mort le 19 juillet 2009, dans une course de Formule 2 à Brands Hatch.

Sir John, je vois toujours votre regard, envoûtant, qui disait tellement la passion. J’entends encore cette petite voix, qui était celle de l’humilité. C’était à la veille des premiers essais du GP de Chine, à Shanghai, en mai 2008. Vous étiez là, parrain du projet Maxtra 125, parfait dans votre rôle d’ambassadeur. Ce jour-là, Sir John, vous m’aviez dit: «Le premier amour est toujours quelque chose de très spécial. Cette vérité prend toute son importance pour moi, quand je parle de motocyclisme.»

On avait ensuite évoqué cette carrière, unique, si riche. Cette passion, qui est restée ancrée en vous quand bien même les années passaient, que votre chevelure avait pris cette couleur blanche signe de pureté.

Nous étions quelques anciens à votre table, à parler du temps qui passe inexorablement. Puis, l’un de nous avait demandé: «Sir John, êtes-vous prêt à reprendre le guidon pour tester cette 125 de GP?» Alors, vous aviez souri et, toujours de cette même voix, vous aviez répondu: «J’ai un problème principal: il y a quelques années, je me suis fait une promesse. Je me suis dit, si tu n’arrives plus à enfiler ton cuir, tu ne conduiras plus de moto! Mais comme j’ai réussi récemment à boucler le tour d’honneur du TT, que j’ai roulé à Spa-Francorchamps, je pourrais me décider.»   

Ce projet chinois n’a pas perduré. Mais vous étiez toujours présent, suivant l’actualité de la course sur deux comme sur quatre roues. A bientôt vous occuper de la carrière de votre fils, Henry, disparu si dramatiquement il y a bientôt huit ans.

Quand il avait été question de l’éventuel passage de Valentino Rossi à la F1, vous aviez été son premier supporter. Vous qui aviez osé et réussi ce pari au tout début des années soixante. Vous que plusieurs ont essayé d’imiter, sans jamais atteindre le Graal.

Vous êtes parti, Sir John. Un 10 mars. Quatorze ans jour pour jour après votre compatriote Barry Sheene. Drôle de date pas drôle.

Reposez-vous bien, Sir John. Et Là-Haut, donnez le salut à tous ceux qui vous ont précédés. Je suis certain qu’ils ne seront pas insensibles à votre charme. A votre voix. A la richesse de vos souvenirs. A votre histoire. A vos histoires. A l’Histoire !

Stay tuned !

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Jean-Claude Schertenleib

 

 

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