La colonne à Jicé: Fenati met les choses au point

19-03-2017 10:08 ExclusifJean-Claude Schertenleib

Un étudiant psy éclaterait de rire devant mon cas: comment expliquer qu’un gars qui a horreur des armes, de la violence et du moindre conflit – même oral –, adore les gens de caractère qui n’hésitent pas à frapper du poing sur la table et ailleurs? Ainsi, je me délecte du joli tour, réussi pour son retour, de Romano Fenati.

Souvenez-vous, c’était l’an dernier, dans les vertes collines de Styrie, au soir des qualifications du GP d’Autriche Moto3. Après avoir signé le 11e chrono desdites (qualifications), Romano Fenati était suspendu par le «Sky Racing Team VR46», pour «comportement non conforme aux règles disciplinaires d’une équipe.» Que s’était-il passé? On racontait alors, en coulisses, que Fenati et des responsables du team (notamment Pablo Nieto) avaient réglé certaines affaires aux… poings!  

Que Fenati était un «chaud», tout le monde le savait depuis son premier GP, au Qatar en 2012. Son agressivité avait alors été portée aux nues par la colonie italienne de la course, sevrée depuis si longtemps de véritables jeunes espoirs. A un point tel que les médias de la péninsule allaient tellement en faire que le jeune garçon perdit vite le rapport déjà fragile qu’il avait avec la réalité. Mais il allait vite et Valentino Rossi était persuadé, en le prenant sous sa coupe, de pouvoir le former, l’éduquer, lui apprendre à gérer sa folle énergie. Il s’est trompé, parce que même lui ne peut pas toujours faire tout juste.

«Suspendu» en Autriche, Romano Fenati n’allait pas revenir, les deux parties préférant régler les problèmes contractuels nés du divorce obligatoire en-dehors du paddock. Fin prématurée d’un talent réel? Non, car les Cecchini père et fils, Giancarlo et Mirko, n’ont pas hésité à relever le défi, Fenati remplaçant ainsi en 2017 Niccoló Antonelli, parti chez Aki Ajo, aux côtés du Français Jules Danilo.

Résultat: cinquième chrono absolu à Jerez il y a dix jours et domination samedi à Doha, où il a signé le meilleur temps d’un tiercé 100% Honda (Fenati, Martin et Canet séparés par 59 millièmes de seconde).

Après avoir réglé les choses aux poings l’an dernier, il vient de les mettre au point dans sa nouvelle structure. Son duel annoncé avec son compatriote et ex-équipier Nicolo Bulega ne manquera pas de sel.

Stay tuned!

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Jean-Claude Schertenleib

 

 

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