Bourguignon sur les avantages Ducati : « pas bon pour nous mais bon pour le Championnat »

Christophe Bourguignon est une des figures principales de l’écurie de Lucio Cecchinello puisqu’il y occupe la double fonction d’ingénieur piste de Cal Crutchlow et de responsable technique pour l’écurie.

Le Belge est donc un interlocuteur de choix et nous lui avons demandé de nous parler du sujet à la mode…les avantages concédés à Ducati.

Le choix de Christophe Bourguignon apparaît comme particulièrement judicieux puisqu’à l’heure actuelle, ce sont les équipes comme LCR ou Tech3 qui semblent les plus menacées par le renouveau de Borgo Panigale.

En effet, alors que lors des saisons précédentes, pour arriver sur le podium, ces équipes devaient espérer qu’un des quatre fantastiques (Marquez, Rossi, Lorenzo, Pedrosa) rencontre un souci, dimanche, à Losail, il semblerait que la bagarre pour le podium se jouera à six et plus à quatre.

GP-inside : C’est un peu la question à la mode et qui divise la catégorie reine en deux factions, celle qui pense que Ducati a trop d’avantages avec, en tête, Valentino Rossi et Wilco Zeelenberg et celle qui pense que c’est comme ça, qu’il y a un règlement qui a été adopté et qu’il faut s’y plier. Quel est ton point de vue, a-t-on trop largement favorisé Ducati ? A-t-on créé un  monstre dont on n’est maintenant plus maître ?  

« Christophe Bourguignon : Ce sont des cycles. Si, aujourd’hui, la Ducati était toujours une seconde derrière, personne n’aurait pensé à contester les avantages dont Borgo Panigale bénéficie.

Le fait d’avoir certaines libertés de tests, d’évolution pour le moteur et de ne pas avoir la limite d’essence à 20 litres a fait que les italiens ont progressé peut-être plus vite que ce que Honda et Yamaha pensaient. Après, pour la catégorie MotoGP, ça ne peut être que bénéfique d’avoir des Ducati qui viennent se battre devant. Après, c’est évident que pour nous et principalement pour nous, les teams « satellites », qui n’avons pas ces avantages-là, on peut dire, si je puis me permettre, que c’est un désavantage mais bon, voilà, ce sont des cycles et nous n’avons qu’à être plus forts. C’est à Yamaha et à Honda à s’employer pour se retrouver devant la Ducati, si du moins elle s’avère compétitive.

Pour nous, rien ne change, nous allons garder la tête dans la bulle et continuer à travailler pour tirer le meilleur parti du matériel que nous avons à notre disposition. C’est à nous de faire progresser la moto pour être devant eux. En 2016, tout le monde devra s’aligner sur un règlement unique et à ce moment-là, nous verrons comment ça se passera ».

GPi : Elles peuvent gagner au Qatar ?

C.B. : Bien sûr ! Nous avons suivi leurs performances de près et aujourd’hui je dis sans crainte qu’elles peuvent gagner dimanche.

Les Ducati ont toujours été performantes au Qatar, c’est un circuit qui leur a toujours convenu. Elles ont un moteur super puissant et on sait que la différence au Qatar se fait dans l’interminable ligne droite.

Elles ont un bon moteur, un meilleur châssis et de bons pilotes. Ils ont trouvé la bonne recette pour être aux avant-postes. Quoi qu’il en soit, performantes ou pas, la bonne attitude reste, à mon sens, celle de Marquez qui déclarait, sur le ton de l’humour, que c’était bien d’avoir retrouvé des Ducati performantes car ça mettrait des motos entre lui et les pilotes Yamaha.

Elles devraient être fortes au Qatar, fortes à Austin et dès lors, le début de saison devrait leur être favorable.

GPi : une sacrée évolution en finalement très peu de temps !

C.B. : Depuis que Dall’Igna est arrivé, il a fait un super boulot et je trouve que sous sa houlette, ils sont restés très sereins, on ne les a jamais vu en panique. Ici au Qatar, lors des tests, ils n’ont par exemple pas passé les pneus tendres, ils sont restés en pneus durs (notre médium), c’est un signe de sérénité. Ils ont quelqu’un, tout au-dessus de la pyramide, qui croit en eux, qui a confiance en leur travail et qui a su penser au futur. Dall’Igna n’ jamais agi dans la précipitation en essayant à tout prix d’être devant sans progresser.

GPi : ça change de l’époque Preziosi-Rossi !

C.B. : Ça change de la pression induite par le « il faut faire un résultat demain » ! A cette époque-là, ils devaient absolument être performants dans les 48 heures et du coup, ils faisaient un peu tout et n’importe quoi pour essayer de trouver. Là, ils ont l’air d’être sereins et c’est de bon augure. Je me répète encore une fois mais c’est maintenant à Yamaha et à Honda de bosser pour remettre la barre au-dessus ».

Stay tuned!

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