Johann Zarco : «ce dont j’ai besoin aujourd’hui, c’est de conserver cette mentalité de ‘crève la faim’ »



A l’aube d’une saison charnière pour Johann Zarco, nous l’avons rencontré afin d’effectuer un premier tour d’horizon sur sa première expérience en Moto2, ses attentes pour 2012 mais également sur le pilote et ses qualités, ses armes pour affronter ce nouveau challenge.

C’est un pilote motivé et travailleur que nous avons pu interroger et qui, malgré son jeune âge, est déjà impressionnant de maturité.  

GPI : Revenons juste une minute sur 2011. Terol était loin d’être imbattable et même s’il t’a manqué deux ou trois victoires tu as pu afficher une belle régularité. Qu’est ce qui a fait la différence entre toi et lui ? La moto ?

De l’extérieur, spectateurs et journalistes ont eu l’impression que sa moto était supérieure à la mienne, mais ce n’est pas l’explication que je retiens. Terol partait favori et il a répondu présent dès la première course. Il a réalisé un incroyable début de saison en gagnant au Qatar, à Jerez, à Estoril et en Catalogne, tandis que moi, à ce moment-là, je n’étais pas encore au niveau.

Il a été fort dès le début, alors certes, sa moto pouvait lui permettre d’être champion mais il était également bien préparé. 

Te voilà maintenant arrivé en Moto2 avec JIR. Tu as eu l’occasion de travailler avec eux pendant quelques jours, c’est un peu court mais quels sont tes impressions sur l’équipe?

JZ : Jusqu’à présent, mes contacts avec ma nouvelle écurie ont principalement eu lieu avec le team manager de la structure italienne, Gianluca Montiron, et le feeling est bon. Avec mon coach, Laurent Fellon, nous avons ressenti sa motivation, il est team manager non pas, parce qu’il est un businessman, mais parce qu’il est un passionné de la moto. C’est un ancien mécano qui connaît le domaine et que j’apprécie parce qu’il veut nous donner les moyens d’y arriver.

Ensuite, au niveau de l’équipe, c’est un véritable plaisir de retrouver l’ambiance 100% italienne et donc très chaleureuse, ce qui va me changer énormément de chez Ajo.

Je vais travailler avec une équipe qui a beaucoup d’expérience, alors moi, de mon côté, j’ai énormément travaillé cet hiver afin d’être prêt et d’ainsi pouvoir leur donner le meilleur feedback possible.     

Sur la moto ?

Comme tous les pilotes 125 lorsqu’ils montent sur la 600 cc quatre temps, il y a le poids de la moto qui perturbe un peu ainsi que le frein moteur. Ce qui m’inquiétait avant de monter sur la Moto2 c’était le fait de pouvoir mettre la moto sur l’angle, mais finalement la Motobi, donc la TSR, se couche assez bien et c’est une bonne chose. Après ça, là où il faut beaucoup travailler, et prendre beaucoup de physique, c’est sur la largeur des pneus. Savoir bien manier la moto afin de pouvoir bien accélérer, pour bien la faire glisser. Ce sont des choses qui commencent à venir mais il faut beaucoup de kilomètres pour que ça devienne automatique.

Dans une interview donnée à l’occasion du salon, tu disais que lors de la journée d’essais sur le sec, tu avais pu mesurer la distance qui te sépare des hommes de pointe et que ça t’a permis de voir tes lacunes et savoir sur quel points tu allais devoir travailler. Justement quels sont ces points ?

Lors des tests, j’ai suivi les bons pilotes et j’ai pu analyser leurs points forts. Ils arrivent à sortir très fort des virages, lorsqu’ils accélèrent, ils n’ont pas peur de la puissance et ils arrivent à faire glisser la moto comme il se doit. Ils savent se servir de leurs pneus et moi, c’est un des points sur lequel je manque encore de feeling, je ne manie pas assez la moto. La différence avec Iannone, par exemple, c’est que lui peut entrer vite et large dans le virage mais malgré tout, reprendre le point de corde. Tout ça s’explique par le fait qu’il n’a aucune hésitation, qu’il y va franchement. Pour pouvoir arriver à ça, je devrai rouler beaucoup et intelligemment.   

Tu disais aussi que les résultats irréguliers étaient plutôt dus à des problèmes de concentration. Justement, cette concentration, comment est-ce que tu la travailles ?

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