Johann Zarco au Qatar : une vis cassée mais une tête en acier trempé !

On peut dire que toutes les courses de ce weekend au Qatar ont fait se hérisser les poils des passionnés. Mais celle de Moto2, à l’inverse des deux autres, s’est terminée par une profonde déception.

Pas la peine de vous la raconter en détail, vous avez certainement vu Tito Rabat se faire serrer par Simone Corsi puis Sam Lowes chuter en tentant de suivre Johann Zarco tandis que ce dernier jouait sa partition sans aucune fausse note. 

Avec ce petit coup de pouce de la chance, la victoire semblait assurée bien longtemps avant la ligne d’arrivée. Mais le destin en a voulu autrement, au grand dam de son équipe pourtant très professionnelle. 

Johann Zarco, lui, dans ce moment si difficile à accepter, est resté la tête froide et haute: « Globalement, je suis heureux, car j’ai été très fort tout au long de la journée. En course, après le départ, j’ai pris le contrôle en doublant Sam (Lowes). J’avais une très grande confiance sur la moto et j’apprécie le travail que le team a effectué car cela m’a permis d’être rapide et constant durant la course. J’avais un bon avantage sur le second et j’appréciais cette course en me concentrant sur atteindre la ligne d’arrivée et gagner, mais à quelques tours de l’arrivée, j’ai eu un problème avec mon shifter et j’ai dû continuer en utilisant seulement la troisième vitesse.
A partir de ce moment, mon but était juste de finir la course. Comme nous avions une bonne avance, j’ai pu finir huitième ce qui, tout compte fait, est un bon résultat.
Maintenant, nous devons bien nous préparer pour aller au Texas, car je pense que je peux également faire très bien là-bas. » 

Voilà pour le communiqué officiel.
Mais, comme on le sait, un communiqué officiel est généralement soigneusement passé au crible du « politiquement correct » par les attachés de presse et, finalement, ne nous apprend pas grand-chose sur le véritable état d’esprit des pilotes concernés. 

Pour cela, il faut le direct, et c’est ce qu’à fait la caméra portable d’Eurosport. Devant celle-ci, on découvre, complètement à chaud, un Johann Zarco étonnement calme et serein, voire souriant: « c’est le sélecteur. Il y a une pièce qui s’est cassée. On sait le team très minutieux à tout vérifier, j’ai même regardé si tout était serré, mais ce n’est même pas un problème de desserrage, c’est vraiment une petite vis qui a cassé. Vraiment, pas de chance, hein, on était parti pour la gagner.
Je me sentais vraiment bien, c’est pour ça que je garde le sourire. J’étais le meilleur aujourd’hui et je le serai encore, donc je suis content d’avoir fait une bonne course comme ça, c’était super bien!
Maintenant, on ne va pas s’apitoyer sur son sort, j’ai confiance en mes mécanos, c’est le sport mécanique, ce sont des choses qui arrivent.

La frayeur le long du mur? Ça c’est sûr, mais j’étais complètement à me dire « mais qu’est-ce qu’il se passe? » Je ne pouvais pas y croire et c’est pour ça que je suis resté très concentré sur ce sélecteur, à voir si, peut-être, je pouvais l’enclencher moi-même. Je ne sais pas, on cherche toutes les solutions pour ne pas perdre la course. C’est vrai que ça fera au moins un peu de spectacle et on aura des choses à raconter mais pas de souci; prochaine au Texas, je peux être aussi bon que ça donc vivement le Texas!
Mais j’ai quand même pris des points, huitième, donc je pense que c’est quand même pas mal en terminant en troisième. Huitième, c’est ma meilleure place absolue en Moto2, donc que du positif toujours. » 

Le ton est calme, posé, le raisonnement est positif, le visage presque serein, avec juste une obligatoire toute petite trace de déception bien compréhensible.

Cet homme n’a plus rien à voir avec le Johann Zarco qui s’énervait contre tout, contre rien, une victoire de Maverick Vinales, lui-même, et qui tentait d’empêcher Nico Terol de le doubler, dans un geste aussi étrange que désespéré…
Cet homme a maintenant la sérénité que seule la confiance en soi peut procurer.
Cet homme a maintenant un mental d’acier associé à un excellent niveau…
Cet homme est capable d’encaisser un tel coup du sort sans sourciller…
Cet homme s’appelle Johann Zarco et il va gagner!

Photo : Eurosport France

Stay tuned !

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