Ducati, Rossi, Yamaha et ses pilotes : Hervé Poncharal retrace la soirée du grand spectacle



On ne va plus vous rappeler Ô combien le Grand Prix de dimanche a été enthousiasmant même si, quatre jours après la fin des débats, nous sommes toujours sous le charme d’une saison qui s’annonce bien à tous les niveaux !

Masbou, Quartararo en Moto3, Zarco ultra compétitif, Xavier Siméon sur un nuage et les favoris déjà au pied du mur en Moto2, et puis un plateau MotoGP où le rapprochement entre les machines devrait donner une saison extrêmement compétitive dans laquelle la résistance mentale et nerveuse pourrait être l’arme la plus absolue !

Acteur et spectateur attentif de cette grande première, nous avons demandé au patron de l’IRTA mais aussi du team Tech3, Hervé Poncharal, de revisiter pour nous le Grand Prix du Qatar.

C’est parti…   

GPi : Alors Hervé, on s’est bien marré devant le spectacle offert par le MotoGP ! Ça fait un bien fou ça non ? L’avis du patron de l’IRTA.    

H.P. : Sublime ! Après les essais hivernaux et, en fonction de la position où vous vous trouvez, on savait que le plateau allait être très compétitif, très proche en niveau et que ça allait probablement nous donner de superbes bagarres. Après la première course, force est de constater que tout le bien qu’on pensait des forces en présence s’est avéré vrai. Les favoris et outsiders annoncés sont tous bel et bien là.

GPi : Avec du rythme et de l’action ! On a pu laisser l’oreiller de côté !

H.P. : Nous avons eu une bagarre magnifique entre les quatre premiers et je pense que ça faisait longtemps que nous n’avions plus vécu une aussi belle et indécise bataille.

GPi : Ducati, Yamaha, et Honda à la rue… pas vraiment le scénario projeté !  

H.P. : Ca fait sincèrement plaisir de voir que Ducati, le troisième larron du MotoGP, a, pour les raisons qu’on connaît, très bien redressé la barre.

Pour ce qui est des Honda, à la veille de la course, on s’attendait à ce que les motos orange soient largement dominatrices et, coup de théâtre, il n’y en a aucune sur le podium. On s’attendait à ce que les Yamaha souffrent et notamment Valentino car il avait souffert aux essais du Qatar, il avait souffert à la qualif et pourtant il n’en a rien été. L’Italien a été incroyablement performant puisqu’après un départ relativement loupé, il s’est retrouvé à se battre pour la victoire et a même fini par l’emporter de manière absolument flamboyante !

La course de la classe MotoGP a été sublime. Je pense que ce n’est pas un coup juste comme ça par hasard car, bien évidemment les Honda vont rectifier le tir et notamment dès le prochain Grand Prix où, au Texas, sur un de ses circuits fétiches, Marc Marquez devrait être très fort. Nous sommes partis sur les chapeaux de roue et c’est génial.

GPi : L’avis du patron de Tech3 ? Dur, dur ?

H.P. : Il y a deux manières de voir les choses : le verre à moitié plein ou à moitié vide ! C’est évident que les six pilotes d’usine (ndlr, Ducati, Honda, Yamaha), pour l’instant, sont devant nous.

A l’heure actuelle, nous nous battons pour la première place des pilotes satellites, donc au mieux, on se bat pour les septième et huitième positions.     

Ici, au Qatar, on fait 8 et 9 puisque Cal Crutchlow s’est immiscé devant nous. C’était très proche puisque Bradley (Smith) termine à une demi-seconde de Cal et que Pol (Espargaro) termine à un dixième de son équipier. Donc ça c’est le positif, le verre à moitié plein puisque nous sommes là où on devait être. Il n’y a pas de chute, ça récompense le travail dur de l’équipe pendant l’hiver, mais bon…

GPi : Mais ?

H.P. : Comme j’avais déjà eu l’occasion de le dire dans notre interview au lendemain de Sepang 1, nos jeunes pilotes sont là pour montrer qu’ils ont la capacité technique à briguer une place de pilote d’usine dans un avenir proche et il n’y a pas de raison technique qu’on soit aussi loin des deux motos bleues qui sont très proches des nôtres.

GPi : Et au final ?

H.P. : Au final, on est satisfait de ce tir groupé mais on doit être plus ambitieux. On doit trouver des solutions pour être plus proches. Quand on voit que Valentino est parti derrière nos deux pilotes, qu’on voit la remontée qu’il a faite et ce, même si la Yamaha n’avait pas la vitesse de pointe de la Ducati, on a compris que cette moto pouvait le faire. Sans son problème de casque, ça aurait également pu le faire pour Lorenzo. Tout ça montre qu’il y a place pour l’amélioration. A nous de le faire !

GPi : Question d’ambition ?

H.P. : Clairement ! Où on se contente de faire ‘best of the rest’ où on se dit que, finalement, ce n’est pas suffisant et qu’on peut être plus près. J’espère que ce début de championnat va ouvrir les yeux de nos pilotes. Il y a eu de grandes discussions dimanche soir et notamment dans le clan de Pol Espargaro et de ses ingénieurs japonais, parce que techniquement en tout cas, rien n’explique cet écart de performance. On doit continuer à travailler!

Stay tuned!

Rejoignez-nous sur Facebook

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Dans cet article

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de