Christophe Bourguignon : « L'avenir avec Cal Crutchlow ne peut être que prometteur »



Après une saison 2014 compliquée où l’alchimie avec Ducati ne se faisait jamais, Cal Crutchlow prenait la douloureuse décision d’abandonner son statut de pilote d’usine tant désiré pour s’engager avec LCR.

Le Britannique, qui en est donc à sa troisième moto en trois ans avait pour mission de découvrir la RCV, une moto certes performante mais qui, de l’avis de tous, se montre exigeante vis-à-vis de ses cavaliers.

Après trois tests et un Grand Prix, nous avons demandé à Christophe Bourguignon, son chef mécanicien et notre consultant, de nous parler de l’acclimatation de son pilote à son nouvel environnement.

GPi : Christophe, Crutchlow en est déjà à sa troisième machine en 3 saisons, comment s’est passée son acclimatation avec la RCV ?

Christophe Bourguignon : En fait, ce n’est qu’à Sepang 1 qu’il a roulé pour la première fois sur la RCV 2015 puisqu’à Valence elle n’était pas disponible et qu’il avait roulé sur la moto 2014 de Stefan (Bradl). Apres trois jours d’essais, il était  régulier avec les pneus usés mais en revanche, il n’arrivait pas vraiment à exploiter le pneu neuf. A ce moment-là, nous étions toujours à la recherche d’un réglage de base. Il trouvait la RCV très exigeante, que ce soit au niveau du châssis très nerveux, que de l’exploitation du moteur.

GPi : En revanche, il semble avoir bien progressé à Sepang 2 avec un bon troisième chrono ?

C.B. : En effet, à Sepang2, on a trouvé une base de travail au niveau de la géométrie et on a bien progressé sur la mise au point. Le dernier jour, il nous a réalisé un top chrono avec une troisième position finale.

GPi : Plus compliqué au Qatar par contre !

C.B. : Au Qatar, le premier jour, l’adhérence de la piste n’était que très moyenne et on a cherché une solution dans les réglages des suspensions.  Le deuxième jour, nous avions établi un gros planning de travail avec du boulot sur la géométrie, les suspensions et la cartographie mais malheureusement il se laissait surprendre par un pneu bas en température et il ne pouvait pas éviter la chute. Malgré un run sur la deuxième moto au cours duquel il améliorait tout de même ses chronos, la journée étai perdue et comme le troisième jour, la pluie a mis un terme prématuré à ce test, on peut dire qu’on a pris pas mal de retard.

GPi : A ce moment-là, quel bilan pouvais-tu tirer de ces huit journées de tests ?

C.B. : Disons que dans l’ensemble on a bien progressé, on a fait plus ou moins 2000km et il nous en aurait certainement fallu 500 de plus pour peaufiner nos réglages. Cal trouvait toujours la moto très exigeante ! Il doit la brutaliser pour en extraire son potentiel. Mais je pense qu’à l’issue de ces tests, il a commencé à comprendre les points clés pour profiter pleinement des performances de la RCV. Nous avons besoin de bosser sur le grip en entrée de virage  pour améliorer notre décélération et le grip sur l’angle maxi à l’ouverture des gaz.

GPi : D’un point de vue plus personnel, comment s’est passé le début de votre collaboration ?  

C.B. : Comme dans toute nouvelle association, il nous a fallu un peu de temps pour nous comprendre. Nous avons encore besoin de progresser ensemble et nous allons nous fixer des objectifs précis pour améliorer le comportement de la moto. Cal est un pilote avec beaucoup d’expérience, capable de vous décrire la moto de A à Z à chaque run. Il est  précis dans ses commentaires et aussi très motivé. Nous avons la chance d’avoir un pilote ayant roulé sur deux autres marques les deux dernières années, ce qui fait qu’il a une vision très claire du comportement idéal de sa moto. Au niveau condition physique et motivation, il est au top, on n’a rien à redire. Et puis Cal est comme vous le connaissez, un super gars dans le box avec un charisme apprécié de tous.

GPi : L’objectif de la saison ?

C.B. : Pour moi, c’est très clair, la priorité du début de saison sera d’améliorer le comportement de la moto pour permettre à Cal d’être plus constant dans ses chronos. Apres je n’ai aucun doute sur ses  capacités, si on progresse un peu sur les réglages lors des premières courses, les résultats devraient venir et  je suis persuadé qu’il va pouvoir se battre parmi les 6 premiers. Et pourquoi pas, lors d’un bon weekend, se battre pour le podium.

GPi : A la lumière de ce qui précède, comment juges-tu sa première course au Qatar?

C.B. :  Dans l’ensemble, c’est un résultat positif. Le début du weekend a été un peu difficile et puis le samedi, on n’était pas trop mal et on visait au minimum une deuxième ligne sur la grille. Malheureusement Cal a perdu l’avant dans le dernier secteur lors de son tour qualif et on s’est retrouvé 12ème. La tâche s’est alors sensiblement compliquée. Il pris un bon départ mais s’est fait enfermer dans le virage 1 et le 2. Il était 12ème après un tour, la première moitié de la course il a commis quelques petites erreurs et il a cherché son rythme et ses automatismes avec la Honda. Pendant la deuxième moitié de course, il a affiché un bon rythme, très proche de celui des premiers. Il termine septième, premier satellite et pas très loin des Honda Repsol. On doit encore progresser et adapter notre moto a Cal, mais vu la 12ieme position sur la grille, le résultat est quand même positif et l’avenir ne peut être que prometteur.

Stay tuned!

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