Le 19h30 d'Hervé Poncharal : Smith – Espargaro, Rossi – Lorenzo la rébellion des seconds



A l’issue de la tournée américaine, nous avions rendez-vous avec Hervé Poncharal, Team manager de Tech3, président de l’IRTA et, depuis quelques jours, consultant pour GP-Inside.

Nous avons abordé des thèmes aussi divers que le duel dans son propre garage entre Bradley Smith et Pol Espargaro, la performance de Valentino Rossi en Argentine, le choix de pneus de Marc Marquez, la renaissance ou plutôt la naissance d’Andrea Dovizioso et le cas de ‘Rock n’ Roll’ Crutchlow.

Hervé n’étant pas vraiment avare en paroles, nous ferons durer le plaisir en divisant cette interview, qui au final, a plutôt pris la forme d’une discussion, en quatre parties étalées entre ce jeudi et dimanche. Le rendez-vous est donc pris.

Pour cette première partie, nous avons parlé de son écurie où Bradley Smith se révèle et prend doucement mais sûrement l’ascendant sur Pol Espargaro, ce qui n’est probablement pas une grande nouvelle pour Yamaha puisqu’on sait que l’espagnol, sous contrat avec Iwata et pas avec Tech3, avait été choisi par la marque aux diapasons pour pallier à la future retraite de Valentino Rossi.

GP-Inside : Hervé, avec Smith et Espargaro, tu vis un début de saison où c’est finalement celui, qu’au départ, on voyait comme second pilote qui prend l’ascendant sur l’autre ?

H.P. : « Nettement ! Dans l’avion de retour, les gens d’Eurosport étaient avec nous et Rémy Tissier dit à mon frère, qui s’occupe de Smith : « bientôt Bradley va passer Pol au classement » et mon frère de répondre « Bradley est devant Pol au classement puisque lors des trois courses il a terminé devant lui ».

C’est toujours difficile de faire des commentaires à chaud et après seulement trois courses mais bon, Pol en étant à sa seconde saison et ayant fini devant Bradley la saison dernière, on s’attendait à une nette montée en puissance cette année. Celui qui, parmi les « spécialistes », était vu comme le leader de l’équipe c’était Pol et aujourd‘hui, je pense que Bradley a énormément évolué, a énormément progressé depuis la moitié de saison précédente donc depuis Indy 2014. Il a réussi deux belles séances hivernales, il a bien préparé sa saison et puis, et c’est primordial en MotoGP, surtout avec la M1, il faut être relax, il ne faut pas brutaliser la moto, ce qu’il arrive désormais à faire.

Et cette inversion des rôles, quelque part, on peut aussi la retrouver chez Yamaha factory où, lors de son retour, on pensait que Valentino serait le second pilote de la marque.

On a vu dimanche que les quatre Yamaha avaient l’extra hard et il n’y en a qu’un qui a pu en extraire le potentiel maximum, c’est Valentino.

Jusqu’à présent on disait que Lorenzo était le maître absolu de la M1. C’est certainement vrai mais il est « monostyle » ! Il est fantastique à voir rouler mais il a toujours ce style extrêmement coulé, avec beaucoup de gaz de passage, beaucoup d’angle alors que Valentino arrive à mieux se remettre en question et à s’adapter aux circonstances.

Chez nous, lors de ces trois premières courses, Bradley est arrivé à mieux s’adapter que Pol aux circonstances un peu particulières qui se sont imposées à lui, comme par exemple une piste assez fraîche au Qatar, on ne parlera pas d’Austin puisqu’on ne peut pas comparer, vu que Pol s’est fait mettre hors-jeu par Redding ou, comme en Argentine, avec une piste où les pilotes ont rencontré d’énormes problèmes de grip, même s’ils se sont un peu réduits au fur et à mesure de l’avancée du weekend. » 

GPi : Des problèmes qui semblaient toucher autant les Yamaha que les Honda.

H.P. : « Tout à fait et au final, on dit que Marquez s’est trompé de choix de pneu mais si tu enlèves Rossi, derrière lui, Dovi, Crutchlow et Iannone, ils ont également roulé en hard, par choix délibéré pour Cal ou, comme pour les Ducati, par obligation. Le seul à avoir trouvé la parade avec les extra hard, c’est Rossi. »

GPi : Qu’est ce qui a changé chez Bradley ?

H.P. : « Aujourd’hui, je constate que Bradley Smith est plus serein. Je ne sais pas si c’est une surprise car c’est un pilote qui travaille beaucoup mais en tout cas, c’est la situation telle qu’elle se présente actuellement. Je pense que ce qui a changé radicalement, c’est son approche de la course. Il comprend mieux comment il faut piloter la moto, il écoute mieux son équipe technique, il travaille plus fort et lorsqu’on lui dit de modifier un truc, il le modifie. C’est tout ce que, pour le moment, Pol a du mal à faire. »  

GPi : Il semble avoir pris de la masse, serait-il plus fit que lors des saisons précédentes ?

H.P. : « Non parce qu’il était déjà très fit la saison dernière. C’est vrai qu’il a pris pas mal de masse et qu’il est excessivement fit. Sur la fin de course, on n’a jamais vu Bradley baisser de rythme, même sur des courses aussi difficiles qu’en Malaisie ou même en Argentine, où il faisait chaud et humide, et où il a réussi son meilleur tour dans les deux ou trois derniers tours. Mais de toute façon, à ce niveau-là il n’y en a plus beaucoup qui ne sont plus au top physiquement. Ils bossent incroyablement. Ce sont de supers athlètes. »

GPi : Un souhait pour la suite de la saison ?

H.P. : « Ce que j’espère c’est que l’on va continuer dans ce sens, c’est-à-dire à travailler, à nous concentrer et à terminer le plus près possible des Yamaha officielles.

Pendant quelques tours, Bradley roulait au rythme de Lorenzo, voire même un peu plus vite, mais ce qu’il faut c’est y croire ! On a beau dire que la machine n’est pas la même, c’est vrai mais je ne cesse de répéter à mes pilotes : « vous devez y croire, vous pouvez vous battre avec les motos bleues, mais vous devez y croire car si vous partez battus, vous n’y arriverez jamais. Ce sont deux grands champions mais vous, vous êtes là pour prouver que vous pouvez être les grands champions de demain ! »

Stay tuned !

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