Xavier Siméon : « le travail paye, rien n’est joué ! »



On ne refera pas l’histoire et ce n’est pas un article rempli de bons sentiments qui rendra à Xavier Siméon les points perdus à Austin et en Argentine mais force est de constater que si nous mettons de côté ces deux accros, Xavier Siméon dispute un début de saison très solide.

Une pole à Austin, une seconde place au Qatar mais un accrochage avec Zarco aux Etats-Unis alors qu’il était en lutte pour la victoire et une chute en Argentine, la première de la saison, alors qu’il se battait pour le podium.

Des week-ends bien construits, des départs tonitruants, des séances qui vont crescendo, Xavier Siméon est enthousiasmant.

Et aujourd’hui, s’il occupe la huitième position, avec un tout petit peu plus de chance, il aurait tout aussi bien pu se retrouver en tête du classement général.

Nous avons abordé en sa compagnie ce début de saison en cherchant à savoir d’où venait cette métamorphose.

GPi : Xavier, si on met de côté les deux résultats négatifs en course, tu réalises un excellent début de saison, peut-être même le meilleur depuis ton arrivée en Championnat du Monde Moto2 !

X.S. : C’est dommage qu’à la clé, je ne suis pas récompensé par des points mais c’est clairement mon meilleur début de saison depuis très longtemps. J’ai une super moto, une super équipe. On travaille vraiment bien et on respecte la ligne de conduite qu’on s’était fixée et qui était de nous battre pour le top5. Depuis de début de la saison, nous sommes là à chaque Grand Prix. C’est hyper encourageant.

GPi : On a le sentiment qu’un changement s’est opéré quelque part. Je suppose qu’il y a un peu de toi, un peu de la moto puisque tu as retrouvé la Kalex?

X.S. : Déjà en fin de saison dernière, j’avais retrouvé un peu de compétitivité avec la cinquième place à Valence et je me battais pour le top 5 en Australie, en Malaisie et au Japon.

Ensuite, j’ai réalisé une grosse préparation hivernale aussi bien physique que mentale. C’est la première fois que je travaillais avec un psychologue sportif. Ça m’aide beaucoup à être encore plus professionnel sur certains détails qui parfois, même si on ne s’en rend pas toujours compte, sont importants. Au final c’est un ensemble de choses qui fait qu’aujourd’hui, je suis performant. C’est l’expérience, le team, la moto, ma préparation…

GPi : Vu les deux résultats blancs, tu es huitième avec 33 points de retard sur Zarco. Pourtant, si on fait abstraction de ces résultats, tu as affiché une compétitivité qui nous permet de penser que tu peux te battre pour le titre. Aujourd’hui, cela fait-il toujours partie de tes ambitions ?

X.S. : Clairement ! Nous n’avons disputé que trois Grand Prix, il en reste 15, tout est encore faisable. D’accord, j’ai malheureusement deux résultats blancs au compteur mais ce n’est pas pour autant que le championnat est joué au bout de trois courses. Au final, ça peut aussi arriver aux autres. A Austin, il s’est passé ce qui s’est passé, en Argentine je sais où j’ai commis mon erreur. J’ai retenu la leçon. C’est une erreur comme j’ai déjà pu en commettre par le passé mais la différence, c’est qu’aujourd’hui, je sais mettre le doigt dessus. Je sais pourquoi je suis tombé et voilà, je ne le ferai plus…

GPi : pardon monsieur, je ne le ferai plus (rire)…  

X.S. : (rires)…clairement ! Il y a 30 points d’écart mais ce n’est pas non plus la fin du monde, il reste 15 courses, 375 points à distribuer et tout peut encore arriver.

GPi : Ce qui m’impressionne chez toi, c’est que ton week-end de course est vraiment construit. Toutes proportions gardées, on dirait que tu travailles un peu à la manière de Valentino Rossi avec une montée en puissance progressive mais aussi et surtout avec un travail axé sur la course. Est-ce ta manière de procéder ? D’abord la course et puis, sur la fin des séances, progresser sur le tour rapide pour la qualification ?

X.S. : Tout à fait. Dès que j’arrive sur la première séance du vendredi, je pense au dimanche. C’est vrai qu’en Moto2, on a envie d’être premier à toutes les séances mais voilà, il y a certains circuits où, selon les allocations de pneus, selon les circonstances des séances tu ne peux pas être dix-huitième et te dire que tu es tranquille mais en général, avec le team, nous essayons de construire les sessions en ayant à l’esprit la course du dimanche. En Argentine, je prends le neuvième temps et on aurait pu se dire que je n’étais pas très bien mais je suis neuvième à trois dixièmes de la pole. Ce n’est donc pas catastrophique. Dans ce cas-là, on se dit : « ok, en allant chercher deux ou trois dixièmes, on peut se battre devant »  et c’est ce qu’on a fait. Zarco était un peu plus fort que nous ce week-end mais clairement, le podium était plus que jouable.

GPi : Et le travail ne s’arrête pas après la qualification puisque lors du warm-up vous travaillez encore ! On l’a vu en Argentine.

X.S. : En Argentine, on a roulé plus vite au warm-up qu’en qualification et j’ai même roulé encore plus vite en course.     

GPi : Oui c’est clair ! En fait, cette saison, tu es toujours là. Tu avais déjà réussi de belles choses chez Stop & Go mais là, cette saison, tu fais partie du top !

X.S. : Avant le Qatar, c’était difficile de savoir où on se situait, si on allait jouer devant parce qu’on ne s’était pas encore mesuré aux autres en configuration de course et ce ne sont pas les derniers tests à Jerez, où il a plu sans cesse, qui pouvaient nous renseigner. On savait qu’on avait une bonne moto, qu’on avait un très bon potentiel mais on ne savait pas s’il était supérieur, égal ou inférieur à celui des autres. Au Qatar, on a eu la confirmation. Tout le monde a presque la même moto donc il n’y a pas d’excuse, si ça ne marche pas, tu ne peux que t’en prendre à toi-même. Il faut travailler et être dur avec soi-même, avec l’équipe. Tout le travail physique et mental effectué cet hiver m’a fait prendre le taureau par les cornes. J’ai réalisé que dans toutes les catégories où j’étais passé j’avais gagné partout sauf en Moto2 où je n’arrivais pas passer le cap. Je me suis remis en question et me suis demandé ce qu’il fallait faire pour franchir le cap que par exemple, Tito Rabat a su franchir. Tito a toujours été un bon pilote mais jamais un très bon pilote et pourtant, ces deux dernières années il a vraiment été épatant. Je me suis donc dit qu’il n’y avait pas de raison de mon côté pour que je n’y arrive pas, d’autant plus que j’ai la même moto.

GPi : On peut penser que tu es en train de franchir ce cap même si bien évidemment, tu te trouves maintenant dans la situation de Marc Marquez qui sait qu’il est fort mais où, avec trente de points de retard, il a la pression de ne plus pouvoir commettre trop d’erreurs.

X.S. : Oui c’est tout à fait vrai, j’ai maintenant cette petite pression supplémentaire. Pour être tout à fait honnête, je me demande parfois quand je vais pouvoir vivre un début de championnat un peu plus tranquille mais voilà, je ne me mets pas non plus la pression outre mesure. C’est vrai qu’il est temps de mettre des gros points mais je ne vais pas assurer et me battre pour la dixième place. Le championnat est encore long et tout peut arriver. Je vais essayer de me racheter mais ce qui me fait énormément plaisir, c’est que je peux me battre devant et que le travail hivernal a porté ses fruits.        

Stay tuned !

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