Le 19h30, Maverick Viñales : Les grands débuts en MotoGP d’un gamin précoce !



A l’heure actuelle, lorsqu’on parle de précocité aux amateurs de MotoGP, le pilote le plus souvent cité est généralement Marc Marquez.

Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, on se rend compte que s’il est sans conteste une référence, au début de sa carrière, son palmarès ne tient pas la comparaison avec celui de Maverick Viñales !

En effet, là où, lors de ses deux premières saisons, Marquez enregistrait deux podiums avec une troisième place à Donington en 2008 et une autre à Jerez en 2009, Maverick, de son côté, remportait sa première course dès son quatrième Grand Prix (France 2011), montait à 9 reprises sur le podium dans sa saison de rookie, dont quatre fois sur la plus haute marche, totalisait 248 points et terminait troisième du Championnat du Monde.

Lors de sa seconde saison, la première des Moto3, il remettait une fois de plus le couvert en remportant 5 courses.

Largement au-dessus de ses condisciples, cette saison restera pourtant probablement une des plus sombres de sa jeune carrière.

En effet, aligné sur une FTR-Honda, il est le seul à réussir à sortir la tête de l’eau face à une armée de KTM menée par Sandro Cortese et Luis Salom sur une Kalex KTM.

La pression est énorme sur ses épaules et après avoir déjà dû abandonner en Aragon en raison d’un problème technique sur sa machine lors du tour de chauffe, Viñales déclare, en Malaisie, que son écurie est une écurie de troisième ligne et décide d’abandonner le championnat.

On comprendra plus tard que de gros problèmes avec son manager, qui était aussi le team manager d’Avintia, son écurie, ont parasité sa fin de saison. Il reviendra pour disputer les deux dernières courses mais sans conviction.

En 2012, au terme d’une saison qui se sera décidée dans le dernier virage de la dernière course, il est enfin sacré Champion du Monde et signe un contrat avec Pons pour débarquer en Moto2.

Et comme le gamin est précoce, il gagne dès sa seconde course, à Austin, au terme d’une course où il infligera une véritable leçon à ses adversaires. Il montera 9 fois sur le podium, quatre fois sur la plus haute marche en remportant trois des cinq dernières courses.

Il n’en fallait pas plus pour décider Davide Brivio à lui confier le guidon de la seconde Suzuki en MotoGP.      

GPi : Maverick tu as désormais disputé quatre courses et trois essais au guidon de la Suzuki, alors, quel est ton feeling sur la MotoGP ?

M.V. : C’est géant ! Je me suis battu pour arriver là toute ma vie donc je suis conscient de vivre quelque chose d’exceptionnel. Mon feeling est excellent mais tu sais, le rêve ne s’arrête pas ici et maintenant, il est évident que nous devons encore beaucoup travailler et beaucoup progresser pour arriver au sommet.

GPi : Tu as connu une ascension fulgurante puisqu’en deux ans, tu viens de passer du Moto3 au Moto2 et du Moto2 au MotoGP ! Quel a été le step le plus difficile à franchir ? Celui du Moto2 ou celui du MotoGP ?

M.V. : Sans contestation possible, le passage du Moto2 au MotoGP a été bien plus difficile que celui du Moto3 au Moto2 parce qu’au final, les motos 2 sont des motos plutôt standards alors que la MotoGP est une moto vraiment compliquée ! Que ce soit en raison de l’électronique, que ce soit en raison des pneus ou du freinage, tout est différent et tout est beaucoup plus compliqué que dans les catégories inférieures. C’est un ensemble de choses qui fait que le MotoGP, c’est juste une autre dimension.

GPi : Quel est le point fort et le point faible de ta machine ?

M.V. : Pour moi, le point fort de cette machine, c’est sa vitesse de passage en courbe mais aussi le freinage. Vous pouvez vous permettre de prendre les freins très tard. Quant à ses points faibles, je dirais qu’il y en a un majeur et c’est la vitesse de pointe. Le reste, ce n’est rien qui nous empêche de bien rouler, juste des petites choses qui font qu’on a encore du travail pour la rendre parfaite.

GPi : Tu n’as disputé qu’une saison en Moto2. Tu n’es pas parti trop tôt ?

M.V. : C’est vrai que je n’ai disputé qu’une seule saison en Moto2. Je me suis aussi posé la question de savoir si je n’allais pas partir trop tôt et j’ai pris mon temps pour décider de mon avenir. Je me suis décidé lorsque sur la fin de saison, j’ai gagné 3 courses en quatre Grand Prix. Là, je me suis dit que je pouvais partir (rires).

GPi : …mais tu ne gagneras jamais le Championnat !

M.V. : C’est clair que tu veux toujours gagner un titre et quand tu es gamin, tu rêves de le gagner dans chaque catégorie. Pour mes statistiques personnelles, c’est évident que j’avais plus de chance de remporter un titre en restant en Moto2 mais quand une usine vient te chercher, peux-tu refuser une telle opportunité ? Poser la question, c’est y répondre alors tu ranges tes stats de côté et tu signes ton contrat, du moins si tu te sens prêt.

GPi : Tu travailles désormais avec une armée d’ingénieurs et on en parle souvent, ce qui compte, c’est le feedback que tu leur donnes. Quelle est son importance et est-ce difficile de donner la bonne information?

M.V. : Ce n’est pas seulement important, c’est carrément la chose la plus importante de mon travail, la base. Le fait est que c’est très facile de donner un mauvais feedback et de là découle que l’équipe va choisir le mauvais chemin et perdre du temps. Lorsqu’on travaille et que c’est le moment de donner tes impressions à l’équipe, tu dois vraiment réfléchir à ce que tu dis et chercher à être le plus précis et le plus juste possible.

GPi : Les avantages concédés à Suzuki grâce à la catégorie Factory Option, sont-ils un désavantage en course ?

M.V. : C’est clair que ces avantages nous aident en qualifications car ils nous permettent de nous qualifier directement en Q2. Mais après, lorsqu’en course on monte les durs qui sont en fait les médiums des factory, tu connais la réalité. Au début tu peux dépasser des pilotes mais la vie du pneu est plus courte donc tu rétrogrades. Ce qui compte en MotoGP, c’est le rythme pas le tour rapide. C’est important d’essayer de te qualifier sur la seconde ou la troisième ligne et puis d’avoir un bon rythme en course. Mais quoi qu’il arrive, dans les 10 derniers tours, tu finis par rétrograder et tu ne peux rien faire, tu es spectateur.

GPi : La baisse de performance arrive vers la moitié de la course ?

M.V. : Après cinq ou six tours, tu sens déjà que tes performances commencent à chuter. Tu perds le grip et quand tu perds le grip, c’est terminé.

GPi : Quel est l’objectif de la saison ?

M.V. : Mon objectif est d’être dans le top 10 à chaque fois, dans les bons comme les mauvais jours. Je suis convaincu que nous pouvons y arriver mais nous devons nous améliorer, je dois m’améliorer.

Stay tuned !

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Photos : Stéphane Meyers

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