Après Le Mans et avant le Mugello, un petit point de la situation, sur fond de crise au HRC…



Absent au Mans, le Vice-Président du HRC, Shuhei Nakamoto, n’est pas resté les bras croisés pour autant; dès lundi et mardi, des réunions de crise ont eu lieu à Tokyo, sous la pression de Honda mais aussi de Repsol qui n’apprécient guère que la belle mécanique de l’année 2014 se soit déréglée à ce point en 2015. Au sujet du pétrolier espagnol, on a d’ailleurs pu noter au Mans  que, pour la première fois depuis longtemps, l’hospitalitie Repsol n’était pas présente, tout comme elle ne le sera pas sur plusieurs Grand Prix durant cette saison; un léger désengagement de fait surveillé de près par Honda…

Et pour tout ce beau monde, Le Mans s’est transformé en symbole de la crise; toutes les RC213V au tapis, sauf celle de Marc Marquez pilotée avec le talent que l’on sait, et, surtout, la perte de la seconde place du championnat constructeur au profit de Ducati; inconcevable pour l’honneur nippon, d’autant que l’on va aborder des circuits traditionnellement favorables aux Yamaha!

Bref, lundi et mardi, Shuhei Nakamoto a remonté les bretelles à tout le monde; ingénieurs, mécaniciens, voire même, dans une moindre mesure, pilotes qui, chez Honda, ne sont traditionnellement que des employés au service de la firme.
Marc Marquez, qui avait été désigné par sa commune pour y exercer des fonctions durant les élections municipales d’aujourd’hui, a obtenu l’autorisation de s’y faire remplacer, officiellement pour ne pas créer une émeute. On lui a par ailleurs recommandé de ne pas rouler, pour ne pas risquer une niéme péripétie handicapante dans sa lutte pour le titre. Quand à Dani Pedrosa, on sait que son retour au Mans a déjà été imposé par Shuhei Nakamoto.  

Techniquement, le HRC ne pense pas que le problème principal vienne du caractère rugueux du moteur 2015 de la RC213V, mais plutôt d’un manque d’équilibre de sa partie-cycle, comme toutes les chutes survenues au Mans semblent le démontrer. Pour rappel, à la fin de l’année dernière, pour contrer les Yamaha qui revenaient en force, Honda a voulu attaquer la marque aux diapasons sur son terrain de prédilection de la vitesse de passage en courbe. Plusieurs châssis ont été essayés par les pilotes mais aucun n’a vraiment convaincu. A ce jour, les châssis « Full 2015 », avec leurs deux oreillettes apparentes pour tenir  la selle, ne sont pas utilisés (sauf sur les Open!) mais les pilotes Repsol n’utilisent pas leurs châssis 2014 pour autant; au HRC, il est impensable de revenir en arrière!

Dans le paddock, certains analysent la situation de la façon suivante; le HRC avait déjà fort à faire avec deux pilotes aux styles diamétralement opposés. Chacun utilisait son propre châssis mais on s’était convaincu que l’on progressait en se dirigeant vers des versions toujours moins rigides puisque Marc Marquez dominait le championnat, certes au prix d’acrobaties permanentes qui parvenaient à masquer un certain manque de rigueur. Devant la réaction de Yamaha en fin d’année, on a produit une grande quantité de châssis pour tenter d’améliorer la vitesse de passage en courbe. On se souvient qu’en arrivant aux essais de Sepang, le choix définitif n’était toujours pas fait, alors que Yamaha peaufinait déjà sa version 2015 (aucune révolution chez Yamaha, on travaille toujours par toutes petites touches), savant mélange de rigidités complémentaires (nous verrons cela prochainement dans un « Spy Attitude »).

A l’image d’un Stoner chez Ducati, le talent de Marc Marquez a sans doute masqué nombre de petits défauts de la RC213V alors que l’on croyait qu’il s’agissait de l’arme fatale. Un début d’année quelque peu chaotique (retards, erreurs humaines, pannes, perte du coéquipier, etc) et le géant nippon se retrouve dans une situation qu’il n’avait pas connue depuis longtemps, tout comme Marc Marquez lui-même, qui doit ainsi gérer la première vraie crise de sa carrière de pilote officiel.

Comment vont réagir ces deux entités, Honda et Marquez? Il semble évident que les deux ont les ressources suffisantes pour revenir au premier plan. Après son coup de poing sur la table du début de semaine, monsieur Nakamoto souhaiterait que ce soit dès le Mugello. Mais, avec d’une part Ducati qui y a fait des essais privés et, d’autre part, des pilotes Yamaha qui aiment ce tracé et qui n’ont pas hésité à changer leur style de pilotage (même Lorenzo s’y met progressivement) pour attaquer les Honda sur leur terrain de prédilection de la motricité en sortie de virages, le challenge s’avère difficile…

Rien n’est impossible mais rien n’est jamais acquis d’avance; c’est toute la beauté du sport en général, et du MotoGP en particulier !

Stay tuned !

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