Le 19h30 : Johann Zarco, solide comme un roc !



Dimanche dernier, Johann Zarco a su émerveiller les spectateurs du Grand Prix de Catalogne en réalisant une course aussi talentueuse qu’intelligente, venant se conclure en beauté par une victoire acquise lors du dernier tour sur le champion du monde en titre.

Course après course, sur sa Kalex 2014 équipée en WP, Johann Zarco impressionne à la fois par la lucidité et une sorte de sérénité que seuls les grands champions possèdent.

Cette interview en est un bel exemple…

GP-Inside : Même si on a déjà entendu certaines de tes déclarations, peux-tu nous raconter comment tu as vécu ce départ en demi-teinte, alors que tu as été l’homme (très) fort des séances d’essais?

Johann Zarco: « Si on regarde bien, mon départ n’était pas mauvais. Je crois que c’est Rabat qui a dû partir un dixième de mieux mais je suis bien parti de la grille et ça allait tout au long de l’accélération. Ensuite, au moment du freinage, j’étais légèrement sur l’extérieur et je suis tombé sur deux gros clients qui étaient Dominique Aegerter et Sam Lowes. Ce dernier a voulu freiner vraiment plus tard qu’Aegerter; il est arrivé en glisse, a touché Aegerter qui a dû s’écarter et m’a touché aussi. A cause de ce contact, je me suis écarté et j’ai perdu quelques places. »

GP-Inside : A ce moment, quelle a été ta réaction mentale?

Johann Zarco« Rien de trop alarmant mais je me suis dit « mince! ». Je me suis tout de suite concentré pour remonter et, même si on ne le voit pas bien à la télé, le premier tour a vu une grande bataille et des dépassements, à la suite de quoi Rins a réussi à prendre un bon rythme. Lorsqu’il a fait le record du tour en course en 46.4, j’étais en 46.7, mais ces trois dixièmes lui ont permis de recoller sur le premier groupe pendant que je bataillais avec Salom.« 

GP-Inside : Ensuite, tu dois entamer ta remontée; à cet instant précis, tu es confiant?

Johann Zarco« Oui. Le fait d’avoir mené les essais me montrait que j’avais la capacité de rouler vite. (A cause de la chaleur) tout le monde patinait et moi aussi. Cela ne m’a pas inquiété car je savais que c’était pareil pour les autres. J’ai essayé de gérer, au fil des tours, en adaptant ma position et en dosant les gaz pour prendre des mètres sur mes adversaires. Mais ce groupe de trois n’était pas facile à remonter. »

GP-Inside : Vers la mi-course, tu passes Lowes puis, à deux tours de la fin, tu profites d’une petite erreur de Rins…

Johann Zarco« C’est vrai qu’il y a eu cette petite erreur de Rins et que j’en profite, mais si on regarde bien, je recolle au bon moment, pour sans doute l’attaquer au virage d’après. Donc qu’il s’écarte là, ou que je l’attaque au virage d’après, la stratégie était déjà en place pour tenter d’aller gagner. »

GP-Inside : Le dépassement sur Rabat, au virage 5, a surpris tout le monde; il n’a pas fermé la porte?

Johann Zarco« Si, si, il a fermé la porte. En fait, il était très fort dans le troisième partiel et j’ai pu analyser que si je voulais prendre la tête de la course, il fallait que je le fasse avant le troisième partiel, sinon j’allais être trop limite. Je me suis donc bien rapproché de lui, et dans ce virage 5 il s’est collé à gauche pour pouvoir fermer la porte mais je me suis mis encore plus à gauche et j’ai bien freiné, et comme j’étais très proche de lui, j’ai pu ne pas m’écarter et ralentir au maximum pour ne pas qu’il repique à l’intérieur. Cela a permis de sortir en tête de ce virage 5. »

GP-Inside : La suite, très belle, on la connaît; la victoire et le salto pour saluer les spectateurs avant le podium. Certains de tes fans commencent à avoir peur que tu te fasses mal en faisant ton maintenant célèbre saut périlleux arrière. Quel message leurs envoies-tu?

Johann Zarco« Que je peux me faire écraser en traversant la route (rires). Je viens de rouler à 280 sur un Grand Prix pendant 40 minutes, j’ai pu reprendre du souffle pour faire un salto et je suis bien protégé; tout est géré et je ne me blesserai pas. »

GP-Inside : Le changement psychologique avec le Johann d’il y a quelques années est spectaculaire; à quoi est due cette évolution?

Johann Zarco« C’est dû à l’expérience et au fait que je me rends compte que j’ai toutes les capacités et ce qu’il faut. Donc si ça ne se passe pas bien, il ne faut pas s’alarmer. Je me suis rendu compte que si je m’énervais, je me crispais et ne pouvais pas être devant. Le fait de moins se crisper permet de mieux gérer le weekend. J’ai pris conscience que je pouvais aller vite, et s’il y a un problème, je ne m’alarme plus. »

GP-Inside : Assen?

Johann Zarco« Je n’ai pas encore trop briller là-bas et je n’y ai jamais fait de podium. Cela me plairait bien d’y être mais on verra les conditions météo qui peuvent être aléatoires, avec des choix difficiles de pneus en pré-grille. Je l’aborde comme un weekend à prendre sur le moment, et je ferai ce qu’il y a à faire là-bas. »

GP-Inside : Quel adversaire redoutes-tu le plus au championnat?

Johann Zarco« Je pense que ça reste toujours Tito Rabat. Il a été très régulier l’an dernier et, là, il reprend cette régularité. Donc, méfiance pour plein de pilotes, il n’y a qu’à regarder ce qu’à fait Rins en course, mais le deuxième au championnat reste actuellement Tito Rabat. »

GP-Inside : Le futur de Johann Zarco?

Johann Zarco« Il est trop tôt pour en parler. Laurent et mon sponsor principal s’occupent de ça, et moi, je me concentre sur ce que j’ai à faire. »

Nous avons donc là un pilote solide comme un roc, que ses plus proches adversaires, à l’image de Sam Lowes, cherchent à arrêter
Nou espérons bien que cela ne se produira pas!

Stay tuned !

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