Jorge Lorenzo : "Je suis comme un Diesel" !



Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jorge Lorenzo ne laisse jamais indifférent; il possède ses partisans, mais aussi ses détracteurs. Malgré son immense talent, sa franchise fait en effet parfois mauvais ménage avec les subtilité de la communication, du moins aux yeux d’une partie des fans de MotoGP.

Pour notre part, nous apprécions à sa juste valeur le franc-parler du pilote majorquin. Aussi, quand une interview (réalisée par Mario Guidotti pour Cycle World) permet de constater une fois de plus que ce pilote d’exception ne répond pas avec la langue de bois quand on lui pose des questions parfois délicates, sur lui, sa monture ou son coéquipier, nous ne manquons pas au plaisir de vous faire part de ses réponses empreintes à la fois d’une grande clairvoyance et d’une grande honnêteté.

Mario Guidotti : Comment te décrirais-tu en un tweet ?

Jorge Lorenzo: « Curieux, perfectionniste, régulier. Je suis comme un diesel : je donne le meilleur de moi-même à la fin de la course. Dans un marathon, je suis meilleur la dernière heure. »

Et ta moto ?

 « Précise, coulée, bon châssis, moteur souple, compétitive. Regarde juste une fois les sept dernières années. »

Te sens-tu plus fort que jamais ?

« La saison dernière, je suis le pilote à avoir marqué le plus de points depuis l’Allemagne jusqu’à Valence. Cette année, le package Yamaha – Lorenzo marche peut-être encore mieux. Nous avons une moto compétitive qui m’a permis de remporter 4 courses consécutives. Ma préparation a été similaire à celle de la saison dernière, c’est plutôt une raison technique qui explique cette amélioration. Avec Valentino, nous avons remporté 7 courses sur 9. Lors des premières courses je n’ai pas pu exprimer entièrement mon potentiel en raison de certains problèmes. Mais l’un dans l’autre, le package technique a progressé. »

Peux-tu dire que la Yamaha est meilleure que la Honda?

« Je ne peux pas le dire parce que je n’ai pas essayé l’autre moto. Nous devons considérer la situation dans son ensemble. Au Qatar, Marc Marquez a tiré tout droit au premier virage. Il aurait pu gagner la course. Il a remporté celle au Texas et a mené en Argentine jusqu’à ce qu’il chute dans le dernierv tour. Il était 2e à Jerez, il a eu du mal au Mans, mais il était rapide et a pris la pole position. Il suffit de penser au Mugello, il s’est élancé de la 13ème place et, soudain, il était 2e, mais il a chuté. Au Montmelo, il était derrière moi et il a chuté. Si la moto était mauvaise, comme certains le disent dans le paddock, il n’aurait pas été capable d’obtenir ces résultats. Le problème est qu’il a chuté trois fois, il s’est lui-même mis en difficulté dans la course au titre. »

Quels sont les points forts de la Yamaha?

« L’année dernière, nous perdions beaucoup sur le freinage. En un tour, nous pouvions être un ou deux dixièmes plus vite que la Honda en termes de vitesse de passage en courbe ou à l’accélération, mais nous perdions deux à trois dixièmes sur les freinages. Au final, nous étions plus lents. Nous avons amélioré l’entrée en virage mais nous avons été en mesure de garder une bonne vitesse de passage et une bonne accélération. Maintenant, nous sommes un ou deux dixièmes plus rapide en virage et nous perdons juste un demi-dixième au freinage. C’est la différence. Ce qui nous manque encore? Je dirais un peu de freinage. Nous nous sommes probablement améliorés de 70 pour cent et on pourrait améliorer la puissance. Nous sommes 5 km/h moins rapides en ligne droite. Si nous devions nous battre avec la Honda au même niveau, ça pourrait être un désavantage. »

Quel est l’aspect le plus dangereux de Valentino comme prétendant au titre?

« C’est un pilote du dimanche; il est bien plus fort en course que lors d’un seul tour en qualification. C’est un grand combattant, il a une grande expérience et ne fait pas beaucoup d’erreurs. Nous sommes presque égaux en terme de régularité. Peut-être que je peux être plus rapide en début de course et faire un meilleur tour en qualification. »

Comment votre relation a évolué au fil des ans avec Valentino?

« Nous sommes deux champions. Nous avons une forte personnalité. Nous voulons tous les deux gagner et battre l’autre. Quand j’ai rejoint Yamaha en 2008, Valentino était le King, dans la garage et dans le paddock. Il a essayé de préservé et de marquer son territoire et, bien sûr, cela n’a pas aidé à avoir une bonne ambiance. Vous connaissez l’histoire. Après trois années, il a rejoint Ducati et j’ai remporté deux titres mondiaux avec Yamaha. Quand i lest revenu en 2013, la situation était différente. On ne peut pas dire que nous sommes amis, mais il y a une sorte de respect. Il n’y a pas d’amitiés dans le paddock; nous sommes ici pour nous battre pour le titre. Yamaha est là pour gagner. »

Est-ce que l’arrivée de Marc Marquez en MotoGP a amélioré votre relation avec le numéro 46?

« Dans un sens, oui. En 2013, on a beaucoup travaillé ensemble pour essayer d’améliorer la M1 pour battre Marquez. Nous sommes deux pilotes précis avec un style de pilotage similaire, donc on a souvent les mêmes problèmes. Cela a aidé pour le développement de la moto. Cette année, le scénario est différent puisque nous sommes deux pilotes Yamaha en lutte pour le titre. Mais n’oublions pas que Marc sera à nouveau compétitif. »

Vous êtes le seul pilote qui a battu Rossi avec la même moto.

« En dehors de la piste, nous avons deux personnalités différentes. Valentino a beaucoup de fans. Il est le King du paddock, mais je ne changerai ma personnalité à cause de lui. Au contraire, j’ai un avantage sur la piste; je suis plus jeune de huit ans! Quand je suis arrivé chez Yamaha, j’avais juste 20 ans. Je savais que j’avais huit ans devant moi pour arriver au niveau de Valentino. Toute la pression était sur lui. Puis les choses sont allés vite; pole position à la première course et victoire à la troisième. Les résultats sont arrivés plus tôt qu’attendus. Cela m’a apporté beaucoup de confiance, peut-être trop. En fait, j’ai chuté de nombreuses fois pendant ma première année, aussi à cause des pneus Michelin qui étaient difficiles à comprendre. Puisque j’étais plus jeune, si j’avais pu battre Valentino, c’était un cadeau. Sinon, c’était juste normal. Le secret était de prendre conscience que j’avais du temps. Malgré cela, j’ouvrais toujours les gaz et essayais d’aller vite. »

Comment avez-vous changé, en tant qu’homme?

« L’expérience de la vie apporte toujours une évolution. Cela vous améliore, en tant qu’individu. Maintenant, je suis plus calme. Je préfère être comme cela, plutôt qu’explosif comme j’étais quand j’étais plus jeune. » 

Stay tuned !

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