Interview exclusive de Nicolas Goubert (Michelin) après les tests à Valence! (Part 2/3)



Après les premiers tests officiels de la saison 2016, réalisés à Valence deux jours après le Grand Prix, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Nicolas Goubert, Directeur Adjoint et Directeur technique de la compétition chez Michelin.

Dans un contexte peu évident pour l’entreprise française (arrivée après une barre placée très haute par Bridgestone, essais 2015 extrêmement perturbés par la pluie, chutes médiatisées par la presse allemande et italienne, etc), le représentant du Bibendum s’est exprimée longuement et avec la plus grande franchise. Il en résulte une interview extrêmement riche et intéressante, à l’opposé de la langue de bois parfois utilisée par certains intervenants du monde du MotoGP.

Cela mérite un coup de chapeau et nous espérons que vous aurez autant de plaisir et d’intérêt que nous à découvrir ces propos que nous publions en plusieurs parties, comme nous le faisons habituellement dès que le texte dépasse une certaine taille. La première partie est accessible ici.

Vous faites donc une séance à Jerez du 25 au 27 novembre…

Nicolas Goubert: « On fait effectivement une séance à Jerez où on a Honda HRC, beaucoup de Ducati et Aprilia. On doit avoir 14 motos en tout et, deux jours avant, il y a Suzuki qui tourne à Sepang. Les seuls qui n’ont pas de tests prévus avant la fin de l’année, c’est Yamaha. »

Les pneus seront-ils différents à Jerez de ceux apportés à Valence?

Nicolas Goubert: « Pour l’arrière, les pneus seront 100% différents car nous avions que nous aurions ce test, et le circuit étant différent, moins asymétrique, les gommes seront différentes.
Pour l’avant, nous aurons à nouveau cette gamme qui a bien fonctionné à Misano et Aragon, mais qui a eu quelques difficultés à Valence, pour voir quelle est la couverture en termes de température et pour voir quel type de circuit elle couvre, et puis, bien sûr, on va avoir des évolutions. Celles-ci seront évidemment basées sur les constatations de Valence. »

Quelle est votre capacité de réaction? Vous faites des essais et vous vous apercevez de quelque chose; combien de temps vous faut-il pour produire de nouveaux pneus?

Nicolas Goubert: « On va dire environ trois semaines. Après, ça dépend des quantités. Pour Jerez, c’est vrai qu’il n’était pas prévu qu’on ait 14 motos et qu’elles se sont rajoutées les unes après les autres. Au début, on devait en avoir 4 (rires) et, effectivement, ça change tout. On n’aura donc pas forcément énormément de variantes pour toutes les motos, mais bon, on va essayer de continuer à développer, au moins pour quelques motos. »

Après, il y aura les tests de début d’année, à Sepang et en Australie. Ce ne seront pas les pneus définitifs? Vous allez les modifier après ces essais?

Nicolas Goubert: « Ah… Probablement. Vous savez, la première année va être chaotique. Elle va être difficile, il ne faut pas se le cacher. Il y a des circuits que l’on ne connaît quasiment pas, ou très peu. Mais même avec Sepang, que l’on connaît puisqu’on y était en début d’année lors des tests IRTA, on y revient un an après: on a certes évolué, et on espère dans la bonne direction, mais est-ce qu’on sera au niveau requis? On va tout faire pour! Mais si on n’y est pas, on va continuer à évoluer jusqu’à la première course, et ensuite, si nécessaire, on va continuer à évoluer en cours de saison. De toute façon, on ne va pas figer les pneus en début d’année pour le reste de la saison. Ce n’est déjà pas ce que faisait Bridgestone et ce n’est absolument pas souhaitable d’amener le même pneu partout, puisque les configurations de circuit sont complètement différentes. Il faut donc adapter son offre.

Si je prends l’exemple des pneus avant, notre souhait serait que notre offre soit constituée de 5 ou 6 variantes, comme le faisait Bridgestone. Y arrivera-t-on la première année? Je ne sais pas! Et d’autre part, nous n’avons pas besoin de 6 variantes sur le premier circuit… C’est pour cela que, la gamme, on va la constituer au fil de l’eau, avec des évolutions tirées des enseignements des premières courses et des suivantes.

L’année 2016 sera donc l’année du retour et, quelque part, une année d’apprentissage. C’est une discipline de très haut niveau, nos prédécesseurs ont fait un très bon travail, il ne faut pas se voiler la face, on a été absent pendant longtemps; on sait qu’on a du travail à effectuer, bien que l’organisateur ait eu la bonne idée de nous donner l’opportunité de rouler cette saison, car il savait que ce serait difficile. Il faut donc continuer à accumuler de l’expérience.

Un des gros avantages de la phase qui vient de démarrer, à partir de Valence,  c’est qu’on a maintenant les pilotes officiels et donc les pilotes qui utiliseront ces pneus-là en course. Et pour l’avant, cela fait une grosse différence. Autant pour l’arrière, les bons pilotes d’essais que l’on avait grâce à Yamaha, Ducati et Honda, nous ont permis d’atteindre un niveau satisfaisant. Autant pour l’avant, ils nous ont permis d’aller à un certain niveau, mais il faut qu’on aille plus loin avec les pilotes officiels en championnat. Il faut qu’on mette le doigt sur des paramètres qui ne leurs conviennent pas encore, que les pilotes d’essais n’avaient pas forcément pointé du doigt. Cette phase qui vient de commencer est donc extrêmement riche et on va pouvoir progresser avec eux, et tout au long de l’année. »

A suivre…

Stay tuned !

Rejoignez-nous sur Facebook

Rejoignez-nous sur Twitter

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de