Hervé Poncharal : « La révélation MotoGP, au Qatar, c’est Cal Crutchlow ! »



Au Qatar, si la Yamaha a démontré qu’elle était une excellente machine (lire ici), Hervé Poncharal a également pu apprécier la performance de ses pilotes qui lui ont démontré qu’ils étaient parfaitement en mesure de s’en servir.

Bien entendu, à l’arrivée, la quatrième place de Crutchlow lui procurait une grande satisfaction car, après une saison 2011 compliquée, c’est un pilote métamorphosé que tech3 a retrouvé lors des premiers essais hivernaux.

Concentré, régulier, désireux d’apprendre et d’avancer, Crutchlow nous a tous bluffé au Qatar.

« La révélation de ce Grand Prix, du moins en MotoGP, c’est Cal Crutchlow. Pour des raisons évidentes de conditions de piste, tous les pilotes sans exception, ont été moins rapides en 2012 qu’en 2011, si on s’attache aux temps cumulés de la course. Tous sauf un et c’est Cal Crutchlow ! Il a été 11,7 secondes plus rapide qu’en 2011.

Alors après, ce ne sont que des chiffres mais, en dehors de Ben Spies qui a connu de gros problèmes dès le début de la course,  ils ont tous été moins rapides qu’en 2011 donc, en conclusion, si on dit que Cal a été la révélation du Qatar, on ne se trompe pas.

Je suis très heureux de la manière dont il a évolué parce que si, en milieu de saison dernière, j’ai eu quelques doutes en raison de ses chutes et aussi, malheureusement, de sa clavicule cassée à Silverstone, il m’a entièrement rassuré. J’ai apprécié la manière dont il a géré son hiver.

Le fait de passer en 1000cc l’a beaucoup aidé et le travail de Bridgestone aussi mais surtout, il se sent bien dans son équipe. Il a compris que la mise au point de la machine était très importante et qu’encore plus en MotoGP qu’en Superbike ou en Supersport, il était essentiel de faire corps avec son équipe technique.

Il a passé son hiver à réfléchir et à digérer les bonnes et mauvaises choses de 2011 et là, on a retrouvé le gars typiquement intelligent qui veut progresser. Je peux dire, sans crainte, que Cal Crutchlow est pratiquement une nouvelle personne par rapport à 2011.

Il est concentré à 100% sur son travail et ça se voit, il n’a pas fait la moindre boulette à Sepang, pas plus à Jerez et idem au Qatar.

Lorsqu’en qualification, à Losail, il a accroché la première  ligne, j’ai pensé que ça allait ajouter pas mal de pression et je me disais que ce serait dommage de ne pas concrétiser, en course, toutes ces belles choses démontrées le week-end et lors des essais.

Mais c’est le contraire qui s’est passé parce que l’homme a muri ! Après avoir manqué son départ, il a gardé son calme. Il est resté derrière Dovi, il a étudié tranquillement où il pouvait passer et il l’a dépassé quand il l’a voulu.

Au final, il est à une quinzaine de seconde du trio de tête, mais s’il avait pu prendre un bon départ, il aurait été plus proche ».     

Pour Andrea Dovizioso, cette cinquième place est une bonne entrée en matière, même si nous l’attendions peut-être devant son équipier.

Il faut cependant garder à l’esprit que le pilote italien n’a que peu d’expérience de la Yamaha et qu’il a également passé une bonne partie de l’hiver blessé.

« Je suis très satisfait de la prestation de Dovi parce que, non seulement, il passait, pour la première fois en course, de la Honda à la Yamaha et c’est loin d’être évident, mais parce qu’il a également subi le contrecoup de sa blessure hivernale. Et pourtant, malgré tout ça, il est là ! Il est sur les talons de Cal et ils font quatre et cinq, juste derrière le trio « magique ».

Je pense sincèrement que sur certaines courses, nos deux pilotes pourront se trouver avec ce trio, sans oublier, bien entendu, Ben Spies qui, dans le futur, sera là aussi.

Je pense donc que nos pilotes pourront régulièrement se battre pour un top5 ».

Evidemment, nous ne pouvions pas clôturer le chapitre Tech3 sans demander à Hervé Poncharal comment il avait vécu le duel entre ses deux pilotes depuis le muret des stands.

« J’ai malheureusement vécu, dans ma vie professionnelle, des situations similaires avec des résultats bien différents, donc évidemment, on est tendu.

En plus, après nos bons essais hivernaux et un bon week-end au Qatar, j’avais un peu peur de rentrer à la maison avec les deux motos dans le bac à gravier et sans le moindre point, surtout que, comme on le sait, la personne qu’on a le moins envie de voir devant soi, c’est son  équipier !

Je savais parfaitement que Dovi ne voulait pas laisser passer Cal et que Cal ne voulait pas  rester derrière Dovi !

Mais, au final, je dois leur tirer mon chapeau car Cal, de son côté, a pris son temps, quitte même à laisser partir les trois premiers et Dovi, de son côté, lorsque Cal est passé, n’a pas tenté l’attaque suicidaire pour reprendre l’avantage.

Non seulement, ce duel nous a permis d’avoir une belle exposition médiatique, mais il a également été l’occasion, pour nos deux pilotes, de démontrer leur intelligence.

Ceci dit, je ne peux pas vous cacher que de mon côté, j’ai dû attraper quelques cheveux blancs en plus ! »

Ce soir, nous retrouverons, une nouvelle fois, Hervé Poncharal, qui nous donnera le fond de sa pensée sur la situation vécue par Valentino Rossi chez Ducati…

Stay tuned !

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