Moto3 : premières indications dans la quête du titre



Qatar, Argentine, États-Unis : la première tournée outre-mer du Championnat du Monde de Vitesse Moto 2016 est désormais derrière les pilotes. En Moto3, une tendance semble (déjà) se dégager quant aux candidats à la succession du britannique Danny Kent.

Vous vous dites sans doute : 3 Grands Prix ont passé, il est un peu tôt pour se laisser aller à des pronostics sur le futur Champion du Monde… et vous avez raison. Cependant, depuis les débuts de la catégorie Moto3, les résultats à l’issue des 3 premières courses offraient de sérieuses indications qui se sont ensuite confirmées. Voyez plutôt :

-en 2012, Sandro Cortese décrochait le titre devant Luis Salom et Maverick Vinales. Or, après 3 épreuves, Cortese menait le général devant Vinales et Salom.
-en 2013, Maverick Vinales décrochait le titre devant Alex Rins et Luis Salom. Or, après 3 épreuves, Vinales menait le général devant Salom et Rins.
-en 2014, Alex Marquez décrochait le titre devant Jack Miller et Alex Rins. Or, après 3 épreuves, Miller menait le général  tandis que Marquez et Rins complétaient le top-5.
-en 2015, Danny Kent décrochait le titre devant Miguel Oliveira et Enea Bastianini. Or, 3 épreuves, Kent menait le général avec Bastianini en 3ème position.


Il serait faux d’affirmer que l’Histoire se répétera à coup sûr, mais des hypothèses peuvent néanmoins se formuler. Ce premier jet de la hiérarchie est d’ailleurs cohérent avec les attentes, le palmarès et les capacités du plateau et de ses meilleurs pilotes.

Binder est prêt

Le premier d’entre eux n’est autre que l’actuel leader du provisoire : Brad Binder. Il est expérimenté (4 saisons complètes), habitué à rouler aux avant-postes (6ème en 2015) et sur une KTM Red Bull qui a déjà fait ses preuves (championne en 2012, 3ème en 2013, 2ème en 2014 ainsi qu’en 2015). À bientôt 20 ans, il vient d’enchaîner 3 podiums consécutifs dont un à Losail à 7 millièmes du vainqueur.
Sans être transcendant le sud-africain évite les erreurs et assure les gros points, ce qui peut faire la différence au bout de 18 Grands Prix. Il a toutes les cartes en main, à lui d’en disposer de la meilleure des manières. Premier objectif concret : aller chercher une première victoire afin de mettre fin à la malédiction qui le poursuit depuis ses débuts.

À 3 unités du pilote Ajo se trouve Jorge Navarro. L’espagnol entame sa deuxième année complète, au guidon d’une Honda qu’il connaît à la perfection mais avec laquelle il n’a pas encore gagné. En 2015 nous l’avons vu monter en puissance et terminer sur des moyennes époustouflantes (4 podiums lors des 5 dernières courses). Les mois de mars et d’avril n’ont fait que confirmer son talent : qualifié 4ème, 3ème et 2ème, il vient de terminer second à 2 reprises. Preuve de la réussite de la filière CEV (rappelons qu’il s’y battait contre Fabio Quartararo), Navarro s’affirme incontestablement comme l’un des candidats au sacre.

Un peu plus loin, l’italien Romano Fenati est pointé à 14 longueurs. Lui aussi a l’expérience de la course (4 saisons dans les bras) mais également celle de la victoire (7 à son actif). Sa course délicate en Argentine, le poulain de Valentino Rossi l’a rapidement oubliée en s’imposant en patron à Austin. Deux éléments pouvaient réduire ses chances de couronnement : son manque de régularité et sa difficulté à réussir en qualification. Ce problème de grille de départ semble résolu (pôle, 2ème & 5ème), à lui de confirmer en Europe… afin de quitter la catégorie Moto3 avec le n°1 ?

Un quatrième homme, un autre transalpin, a les moyens lutter pour le titre : Niccolo Antonelli. Auteur en 2015 d’une excellente deuxième partie de saison (2 victoires), il a débuté 2016 par un somptueux triomphe dans la nuit de Losail. Dixième sur le mouillé à Termas de Rio Hondo, il s’est ensuite illustré aux États-Unis avec une impressionnante remontée (de 30ème aux portes du top-5) avant de chuter. Le bac à graviers est l’ombre au tableau du fougueux pilote Honda, lui qui a la vitesse nécessaire pour jouer la gagne.

Avec des pincettes

Rien n’est jamais acquis dans un sport mécanique et la saison ne vient que de débuter. Si le quatuor de tête incarne ce qui se fait de mieux sur le Mondial Moto3 version 2016, une panne, un accrochage ou une course sous la pluie et tout peut changer. Mais derrière, qui pourrait être en mesure de se lancer dans la course au titre ?

Actuel 5ème, Khairul Idham Pawi a gagné en Argentine, c’est cependant à nuancer à la vue de ses autres résultats (22ème & 20ème). Les jeunes compatriotes Andrea Locatelli (24 points) et Nicolo Bulega (16 points) sont véloces, mais rouler constamment aux avant-postes demande une expérience (et quelques dixièmes) qu’ils n’ont pas encore. L’allemand Philipp Oettl, l’italien Francesco Bagnaia, le tchèque Jakub Kornfeil, le belge Livio Loi […] seront aussi dans le coup ; de là à les voir briguer la couronne, il y a une step à franchir.

Bien que plus en retrait pour le moment, Enea Bastianini est également capable de rouler avec les meilleurs mais il va falloir gagner en régularité s’il veut devenir champion. Quant à Fabio Quartararo, il a montré à Austin que les couleurs de l’équipe Leopard lui vont de mieux en mieux. Néanmoins, ses mésaventures le relèguent déjà à presque 2 Grands Prix (43 points) du leader. Pour le français, un joker a été grillé mais la saison est longue, tout peut encore arriver. Quoi qu’il en soit, et même si des favoris se distinguent, la lutte de cette catégorie Moto3 s’annonce (à nouveau) acharnée en 2016.

Stay tuned !
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