Dani Pedrosa déplore le manque de tests pour Michelin, Didier de Radiguès n’est pas d’accord !



A la fin du Grand Prix d’Espagne à Jerez, Dani Pedrosa ne s’est pas privé de taclé Michelin mais aussi et surtout l’organisateur du Championnat.

L’espagnol déclarait alors : «Le manufacturier doit apporter de nouvelles idées. Ce n’est pas un problème de moto ou de pilote. Ils doivent changer les règles pour permettre à Michelin d’effectuer plus de tests. Le championnat doit faire quelque chose pour être plus intéressant. Je suis effectivement plus affecté que les autres parce que c’est la loi de la physique, je pèse moins et je génère moins de grip, mais tout le monde veut une construction plus tendre. On voit sur les images que le pneu chauffe et que la puissance est perdue ». 

Nous avons demandé à Didier de Radiguès ce qu’il pensait de cette sortie médiatique à laquelle Dani Pedrosa ne nous avait pas habitués.

GPi : A l’issue du Grand Prix d’Espagne, Dani Pedrosa a ouvertement critiqué les gommes Michelin mais également le fait que le manufacturier ne dispose pas d’assez de tests pendant la saison pour pouvoir amener des pneus compétitifs, partages-tu son point de vue ?

DdR : Je ne sais pas trop parce que tout d’abord, je ne suis pas dans la peau de Dani Pedrosa. Ce qu’il y a c’est que si c’est un problème pour Pedrosa, c’est aussi un problème qui touche tout le monde. Donc j’aurais tendance à dire que si tout le monde est touché, c’est acceptable du point de vue de l’équité. J’ouvre une parenthèse, quand j’ai lu l’interview de Ramon Forcada et de Zeelenberg où ils disaient qu’avec les Michelin, ça marcherait une semaine pour l’un et pour un autre la semaine suivante, ça m’a fait penser à l’interview que je vous ai accordée au lendemain du Grand Prix d’Austin. En substance, je disais que le Championnat restait ouvert en raison des inconnues que sont les pneus, l’électronique et la nouvelle règlementation. Ce changement  est bon pour Valentino Rossi parce qu’avec ses qualités de pilote, c’est quelqu’un qui s’adapte, qui est intelligent, qui est capable de jouer sa carte dans des conditions compliquées et différentes. Mais en fait, ce n’est pas vraiment une parenthèse et je trouve ça bien que Valentino Rossi ait su gagner une course en étant capable d’adapter son pilotage en fonction des contraintes de la course. Donc sur le fait que Michelin n’ait pas assez de tests, je ne suis pas spécialement d’accord, ça fait partie du Championnat moderne. C’est comme ça, tout le monde a les mêmes pneus, tout le monde a la même électronique, on limite les essais…tout ça va dans la même direction.

GPi : Ça rend la part belle au pilotage ?

DdR : Oui. Il faut s’adapter le plus vite possible, le mieux possible. Je pense que chez Michelin ils sont très très réactifs. Ils ont décelé une possibilité de problème, dont la cause n’a d’ailleurs pas été entièrement prouvée et ils ont su réagir, ils ont amené de nouveaux pneus à Austin, ils en ont reconstruits pour Jerez, donc personnellement, je trouve que Michelin fait très très bien son boulot. Ils ont comme objectif de faire des pneus qui conviennent à tout le monde, quel que soit leur poids, quelle que soit leur façon de piloter et quelle que soit la moto. Ça ne plait peut-être pas à tout le monde que les carcasses soient devenues un peu plus dures entre l’Argentine et Austin mais voilà, c’est comme ça, il faut s’adapter, il faut adapter la moto. Dani Pedrosa a peut-être des désavantages en raison de son poids, d’autres en raison de leur pilotage mais par exemple Rossi, il s’adapte toujours plus ou moins bien quelle que soit la situation.

GPi : Finalement, Dani Pedrosa est peut-être victime de ses caractéristiques extrêmes, le plus petit, le plus léger…

DdR : Oui et Redding et Baz peut-être aussi parce que ce sont les plus grands et les plus lourds. Ils sont peut-être victimes mais il y a aussi certainement des circonstances dans lesquelles ils sont avantagés. Dans l’ensemble, on ne peut pas pointer les gommes quand on est désavantagé et ne rien dire quand on a un avantage. Donc, pour répondre à ta question, je dirais que non ça ne me dérange pas qu’il y ait peu de tests. C’est dans l’ère du Championnat moderne où on essaye de réduire les frais même si, avouons-le, ce n’est pas toujours bien fait.

GPi : C’est-à-dire ?

DdR : On essaye de limiter les frais en limitant certaines dépenses comme par exemple en imposant la même électronique pour tout le monde. Mais moi, je suis contre toutes ces limites, je suis pour un Championnat ouvert et où on laisse une certaine initiative à des inventions qui ne sont pas toujours couteuses. Avec l’électronique on voulait mettre tout le monde sur le même pied mais même simplifiée,  cette électronique est extrêmement compliquée. Il faut passer des heures dessus et les factory ont la possibilité de mettre plus d’hommes sur le coup que les privés. Alors de fait, la nouvelle électronique, censée rétablir une certaine égalité, n’atteint pas vraiment son but. Les petits teams sont obligés d’engager une personne en plus pour les datas. On a toujours tendance à penser que tout est fait pour que ça coûte moins cher mais ce n’est pas toujours le cas. La nouvelle électronique a surtout été imaginée pour niveler les performances mais la réalité est bien différente. Aujourd’hui, on peut même en arriver à se demander si ce n’est pas l’effet inverse qu’on a obtenu.  

Stay tuned !

Rejoignez-nous sur Facebook 

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Dans cet article

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de