Quartararo : toujours plus loin, toujours plus haut…après un passage par la case départ ?



Comme nous l’avions rappelé dans notre « toujours plus loin, toujours plus haut » consacré à Xavier Siméon, cette rubrique est celle où nous donnons notre avis.

Et s’il est un fait certain, c’est que notre avis n’a pas valeur d’évangile. Cette rubrique a pour seule et unique prétention d’ouvrir un débat.

Aujourd’hui, nous avons eu envie de parler de Fabio Quartararo qui, depuis le début de la saison, rencontre pas mal de difficultés à exprimer tout son potentiel.

Après deux titres de Champion d’Espagne obtenu en 2013 et en 2014, le Français débarquait en Grand Prix avant même d’avoir atteint l’âge de 16 ans.

Et le plus grand espoir de la moto tricolore ne tardait pas à confirmer tout le bien qu’on pensait de lui puisque dès son second test, à Valence, il repartait avec le meilleur temps (ndlr : lors de so premier test, les temps n’avaient pas été communiqués) !

Un premier podium dès sa seconde course à Austin, une première pole à Jerez et puis un premier gros crash à Misano !

Le Français se blesse sérieusement et manque les cinq courses suivantes. Pour autant, il ne reste pas inactif puisque quelques jours plus tard, l’espoir de Monlau et d’Emilio Alzamora paraphe un contrat avec Léopard, l’écurie de Danny Kent qui, à Valence, deviendra Champion du Monde Moto3.

Mais la suite est moins heureuse puisqu’après avoir déjà chuté deux fois avant son accident (au Sachsenring et à Brno) son retour à Valence se fait dans la douleur avec un nouvel abandon.

En 2016, le jeune français change donc de crèmerie et de monture et ses débuts sur la KTM ne se font pas sans mal ! Douzième des premiers tests, il se rattrape pourtant au Qatar avec une troisième place.

On le croit alors remis sur les bons rails mais la première course nous apporte un tout autre verdict. En effet, après s’être qualifié quatrième à Losail, il semble sans réaction en course et rétrograde inexorablement jusqu’à la treizième place, ce qui poussera Léopard à expliquer la contre-performance de ses pilotes par un communiqué de presse complètement surréaliste où on pouvait lire qu’« après avoir analysé les données de la course, des qualifications, des séances d’essais libres et les données des tests, nous avons conclu que ces derniers mois, les pilotes se sont concentrés davantage sur le tour rapide plutôt que sur les longs runs avec les vieux pneus. Pousser la moto à sa performance maximale, n’est peut-être pas le meilleur moyen de préparer la course. A partir de ce Grand Prix, nous allons essayer de travailler plus sur les pneus et trouver un bon réglage même avec 90% de grip ».

A la lumière de ce début de saison, on pourrait estimer que quitter Monlau aura été une erreur et ce d’autant plus qu’il s’obligeait également à changer de monture. Pourtant, on s’abstiendra de juger car on se souviendra de Miguel Oliveira qu’Emilio Alzamora avait décidé de sacrifier pour placer Alex Marquez. Rien ne nous dit aujourd’hui que Fabio Quartararo était dans les petits papiers de Monlau. Rien ne nous dit qu’il n’a pas été poussé vers la sortie.

A-t-on fait trop vite une star de Fabio Quartararo ? A-t-on mis trop de pression sur ses épaules ? On n’oubliera par exemple pas que TF1 allait jusqu’à lui réserver un sujet dans son 20h après son premier podium !

Fabio Quartararo est Français ce qui présente des avantages mais aussi des désavantages. Etre une star naissante en Espagne ne vous expose pas à autant de pression médiatique parce que malgré votre talent, vous n’êtes qu’une star locale, celle de votre patelin d’origine car dans le patelin d’à côté et dans celui encore à côté, il y a un autre jeune, doué lui aussi et en qui tout le patelin croit.

En France, comme en Belgique, lorsque vous vous révélez comme Fabio l’a fait, vous devenez une star nationale à qui TF1, la chaine anti-moto, vous consacre un sujet dans son 20h. Le tout en n’ayant jamais que 16 ans au compteur.

Mais désormais, les choses sont différentes et maintenant qu’il semble avoir regagné un certain anonymat, nous ne pouvons qu’espérer qu’il trouve la sérénité et la patience pour revenir là où son talent exige qu’il soit…en haut de la feuille des temps.

Mais Fabio n’est pas le premier à qui il arrive de rencontrer le succès dès ses premiers pas. On se souviendra de Fenati, maintenant de Bulega…

Nous avons donc demandé à Didier de Radiguès ce qu’il pensait de cette période compliquée que semble traverser le jeune Niçois.    

Didier de Radiguès : « Ça arrive souvent que des pilotes éclatent au grand jour alors qu’ils découvrent la catégorie parce que leur talent fait la différence. Ensuite, tu prends une gamelle, une deuxième puis une troisième et là, ça te refroidi. Tu perds alors ta confiance et il faut un petit temps pour que tout se remette en place. Il faut savoir attendre sagement que ça revienne. Fabio, il est tombé devant mes yeux à Jerez et au moment où je l’ai vu je me suis demandé ce qu’il foutait, je me suis dit « c’est quoi cette attaque à outrance » et boum, ça a décroché. C’était totalement prévisible. Il est encore en train de faire ses armes, de découvrir. Il est certainement encore un peu trop enthousiaste. Mais ce qui lui arrive, c’est assez typique de notre sport. A mon époque, on voyait souvent ça chez les pilotes qui passaient de la 250 à la 500. Ils étaient extrêmement rapides et puis ils se prenaient deux ou trois high-side. Ca les calmait, ils redescendaient d’un niveau et puis s’ils étaient vraiment bons, ils analysaient et la saison d’après ils étaient plus forts. Je pense donc que Quartararo va revenir plus fort. Il lutte encore un peu contre lui-même mais s’il utilise correctement sa tête, il peut redevenir le pilote tranchant qu’on a connu en 2015 ! »         

Fabio Quartararo…toujours plus loin, toujours plus haut…nous, on y croit fermement !

Stay tuned !

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