Poncharal : « Folger ? Dans deux ans je serai un abruti ou un mec avec du flair ! » [Exclusif]



Après le Grand Prix de France, nous avons eu l’occasion de discuter avec Hervé Poncharal de tout et de rien.

Et parmi ces sujets, on ne pouvait évidemment pas manquer de discuter de l’arrivée de Folger chez Tech3.

Voilà donc la première partie de l’interview du team manager français. La seconde sera programmée demain même heure.

GPi : On en avait parlé, tu l’as fait. Jonas Folger a signé chez toi. Un pari ?

H.P. : Quand tu prends une décision lourde comme ça, tu ne sais jamais si tu as pris la bonne mais c’est la même chose dans la vie. Quand tu décides d’épouser une femme ou une femme d’épouser un homme, tu ne sais jamais, tu pries en espérant que ce soit la bonne (rires). Quand tu prends un jeune pilote venant du Moto2, tu ne sais jamais si ça sera un succès de manière certaine. Les changements de classe sont toujours compliqués. Regarde Rins et Marquez ils jouaient à armes égales en Moto3 et maintenant l’un est leader du Championnat Moto2 alors que l’autre, Champion en Moto3, a beaucoup plus de mal. Le passage du Moto2 au MotoGP, Marquez l’a négocié magnifiquement bien, Viñales le négocie très bien mais quand tu prends Tito Rabat c’est beaucoup plus dur.

Jonas c’est quelqu’un de jeune, il a 22 ans, rapide, même si cette saison, au Grand Prix de France ça n’a pas été terrible (rires) mais bon, on va mettre ça sous le couvert de l’émotion de la signature.

Personnellement, je l’apprécie et là, je parle du bonhomme, pas du pilote. Je suis certain qu’il va très bien s’intégrer dans la structure Tech3 qui conserve son côté familial.

GPi : Folger ce n’est quand même pas le pilote que tout le monde a sur les lèvres mais c’est un peu aussi son histoire de pilote largement sous-estimé…

H.P. : Alors oui, il y a d’autres pilotes, plus bling bling mais qui te disent « non, ça ne m’intéresse pas, je ne parle qu’avec les usines, les satellites ça ne m’intéresse pas l’air de dire ces raisons sont trop verts, ils sont bons pour les goujats… ». Donc on verra.

Il en avait très envie, j’en avais envie, Yamaha était entièrement derrière moi et maintenant on verra ce que ça donne.

GPi : Quitte ou double…

H.P. : Si ça marche, on dira : « mais Poncharal, quel flair ce mec » et puis, si ça rate, on dira « mais quel abruti, on lui avait dit ».

On m’a tellement critiqué sur mon choix de Bradley Smith qui, et même si on n’a pas décroché la timbale, es devenu un très bon pilote MotoGP.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Valentino Rossi a dit lors de la conférence de presse du Grand Prix de France que : « Bradley Smith avait fait des choses moyennes en Moto2 mais est devenu un très bon pilote en catégorie reine ».

GPi : Le choix était concerté avec Yamaha ou c’était d’abord ton idée ?

H.P. : C’était mon choix mais nous en avons discuté avec Yamaha car je ne veux rien faire qui ne les satisfasse et ce qui est certain, c’est qu’avec Yamaha, on voulait prendre un jeune du Moto2. On ne voulait pas réitérer un Moto3 MotoGP, on estime qu’aujourd’hui, les pilotes venant des autres championnats (Superbike, Supersport) sont encore plus risqués que le Moto2.

GPi : Vous aviez plusieurs noms ?

H.P. : Il y avait quelques noms comme Lowes mais lui il est cadenassé par Aprilia, Zarco a signé un accord avec Suzuki. Après, pour Johann, je ne connais pas la teneur de cet accord mais ce que je sais et qu’il a dit, c’est que cet accord ne lui permettait pas de discuter avec d’autres teams. Donc si tu enlèves Lowes, que Zarco ne peut pas et que Rins ne parle pas avec les structures indépendantes, il n’en reste pas beaucoup !

De plus, on ne voulait pas attendre car Jonas avait KTM qui insistait fortement. Du coup, si on le laissait filer, on n’aurait plus eu personne.

Je suis content, même si c’est vrai que j’ai été un peu surpris par le nombre de chutes de ce weekend mais on ne va pas non plus le juger sur un Grand Prix

GPi : Après, on en avait déjà parlé, tu savais qu’il manquait de régularité et que c’est un des points à améliorer…

H.P. : On sait en effet que ce qui lui manque, c’est la régularité, pas la vitesse ! Ça prouve qu’il y a du travail, j’espère qu’on y arrivera. Je ne te dis pas que Jonas Folger va casser la baraque dès la première saison, non, je dis seulement qu’on va essayer de faire du mieux possible ! Il fallait faire un choix, on l’a fait ! J’espère que nous démontrerons à tous nos détracteurs mais aussi à tous nos supporteurs, que ce choix tient la route.

GPi : On a d’abord lu que tu lui avais donné un contrat d’un an, ensuite un contrat de un an avec option. Quid ?

H.P. : C’est un contrat de deux ans mais il y a une option pour la seconde année. Pour un rookie ce n’est certainement pas opportun de donner un contrat d’un an. Mais bon, si on s’aperçoit à la moitié du Championnat que c’est un désastre et que lui-même ne s’en sort pas, ce sera une décision concertée. Mais bon l’idée c’est de faire deux ans.  

Stay tuned !

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