Les Suissitudes de JCS #2 : MotoGP: «Dis-moi ton âge, je te dirai qui tu es!»



La pyramide tant désirée existe-t-elle? Y a-t-il un chemin logique pour atteindre le Graal? Les meilleurs sont-ils tous réunis dans la classe la plus importante, MotoGP? Vous imaginez bien que si je pose ces questions, c’est que j’ai une idée sur le sujet. Alors, comme il est hors de question de dire du mal de ceux qui sont au paradis ou qui croient l’être, on va se projeter dans le futur. Pour cela, très simple, prenons le classement provisoire de ce qu’un aimable lecteur a si joliment nommé, la semaine dernière, la deuxième division, soit la classe Moto2.

Premier, Axel Rins. Un Espagnol surdoué, de la trempe de Marquez (Marc) et de Viñales (Maverick). N’a pas été champion du monde jusqu’à ce jour, mais celui qui lui avait brillé la politesse en Moto3, Marquez (Alex) est loin derrière lui en terme de talent pur et plus encore d’adaptation à l’étape actuelle, cette fameuse deuxième division. Hervé Poncharal s’intéressait à lui, on lui a répondu: «Désolé, on ne veut pas d’un team satellite. Nous, c’est l’usine.» Problème: depuis quelques heures, la plupart des bonnes places «à l’usine» sont prises, mais il va trouver son bonheur, parce que le MotoGP ne peut pas se passer d’une telle étoile.

Deuxième, Sam Lowes. Avenir assuré, contrat signé: il roulera chez Aprilia l’an prochain et ça sera à coup sûr spectaculaire (on n’a pas écrit que ça sera efficace).

Quatrième, Johann Zarco. Jeune, champion du monde, extrêmement sérieux, français, donc représentant du pays qui organise depuis quelques années le meilleur GP de la saison, il ne se discute pas. Même si l’officialisation de sa promotion ne s’est pas encore faite, il roulera pour le team Suzuki officiel aux Huit Heures de Suzuka en juillet et profitera de son voyage au Japon pour découvrir la GSX-RR MotoGP. Seul point d’interrogation: dans quelle structure sera-t-il intégré?

Cinquième, Jonas Folger. On sait depuis la veille du GP de France qu’il sera un des pilotes Tech3 dès 2017. Très jeune, extrêmement doué, allemand, donc représentant du plus grand marché européen, il a tout pour bien faire, sauf un manque de constance avéré. «Mais cela se corrige», rappelle son nouvel employeur, Hervé Poncharal, qui suivait le jeune Allemand depuis plusieurs années.

Voilà. On me dit que j’ai oublié de parler du troisième du classement intermédiaire. Pourtant, il a un titre mondial à son actif, 11 victoires en GP, 43 podiums, 9 pole positions et 12 tours les plus rapides en course à son palmarès: «Mais mon brave, il aura 30 ans en septembre. Et puis, un Suisse, penses-tu…» J’ai entendu cela des dizaines de fois depuis le début de la saison. J’avais juste oublié qu’on était en période de jeunisme absolu, même si on n’en mesure pas toutes les conséquences (voir le cas du bouillant Jack Miller). «Ma seule certitude en matière de MotoGP», confie Thomas Lüthi, parce que c’est bien sûr de lui qu’il s’agit, «ce sont trois séances de deux jours de tests que je ferai avec le prototype KTM. Pour le reste…» A 30 ans, il vaut peut-être mieux rester en deuxième division et y briller, plutôt que de jouer en élite, d’être fou de joie après une douzième place et de disparaître douze mois plus tard.

Stay tuned!

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