Nakasuga, le chevalier ignoré



Aujourd’hui âgé de 34 ans, Katsuyuki Nakasuga n’est pas le plus célèbre des pilotes japonais mais il est le dernier à être monté sur le podium d’une course MotoGP. Un parcours atypique, et un exploit qui figure parmi les plus inattendus de l’Histoire de la discipline.

Kats fait ses débuts en Mondial en 250cc à l’occasion du GP du Pacifique 2002 disputé à Motegi. Qualifié 19ème au guidon de sa Yamaha, il parvient à rentrer dans les points et arrache même la 12ème place à son expérimenté compatriote Haruchika Aoki (double-champion du monde 125cc).

Un an plus tard, il est convié à la course de Suzuka et crée la surprise en décrochant le 2ème chrono à l’issue des qualifications. Une première ligne, la seule de sa carrière, qui n’est pas exploitée le lendemain puisque Nakasuga ne verra pas la fin du 11ème tour. Il s’agit à ce jour de son unique abandon.

Toujours en tant que wild-card, il retourne à Suzuka en 2004 mais ne peut faire mieux que 20ème ; sa carrière se concentre alors sur les compétitions nationales au Japon. Il est appelé en 2011 par l’écurie officielle Yamaha afin de remplacer Jorge Lorenzo lors de l’ultime épreuve de la saison à Valencia. Surprenant 6ème à l’arrivée, il obtient une nouvelle chance de prendre la piste en 2012 à Motegi. Classé dans le top-10, Nakasuga se bat notamment avec l’ex-champion du monde Nicky Hayden qui lui souffle la 8ème place pour 70 millièmes.

Un mois plus tard, Yamaha lui fait un nouveau cadeau en lui proposant le remplacement de Ben Spies à Valencia. Certains parlent de miracle, d’autres de génie, toujours est-il que ce 11 novembre 2012 restera comme l’une des journées les plus mémorables de la décennie sur la planète 2-roues. Profitant de conditions météorologiques difficiles, Katsuyuki tire son épingle du jeu et va chercher un podium sur lequel même les plus optimistes n’auraient jamais parié. Vélocité, audace et intelligence lui ont permis de faire de la piste de Ricardo Tormo le théâtre d’une prouesse imprévue mais sûrement pas fortuite.

La fierté d’un peuple

Certes, de nombreux ténors avaient dû passer par les stands ; certes, la motivation manquait peut-être à un Casey Stoner qui mettait un terme à sa carrière, ou un Valentino Rossi impatient d’en finir avec Ducati ; certes, il disposait d’une moto d’usine ; certes, huit pilotes ont abandonné. Mais si « les absents ont toujours tort », cette fois nous dirons que les présents avaient raison et il en faisait partie. Le Japon retrouvait ainsi les joies du podium, 6 ans et demi après la 3ème place de Shinya Nakano à Assen (Pays-Bas).

Depuis, le natif de la Préfecture de Fukuoka participe tous les ans au GP de Motegi dont il a terminé 11ème (2013), 12ème (2014) et 8ème (2015). Parallèlement il s’est affirmé comme le pilote n°1 dans son pays en étant aujourd’hui sextuple champion de Superbike (2008, 2009, 2012, 2013, 2014 & 2015), un record. D’autres succès, comme celui acquis lors des 8 Heures de Suzuka, sont venus grossir les lignes de son palmarès.

Soldat inconnu aux performances héroïques, Nakasuga aurait peut-être mérité une chance sur l’ensemble d’une saison. L’on ne saura jamais de quoi est-ce que le japonais aurait été capable après avoir pris la mesure de la machine, des circuits, du rythme du mondial… et c’est aussi ce qui fait la force de sa légende. Celle d’un homme qui, un beau jour, se retrouva de manière merveilleusement invraisemblable sur la marche d’un podium de Championnat du Monde.

BIO

Nom : Katsuyuki Nakasuga

Né le : 9 août 1981 (34 ans)

À : Préfecture de Fukuoka (Japon)

PALMARÈS EN GRANDS PRIX

Départs : 9 (6 en MotoGP, 3 en 250cc)

Podiums : 1 (MotoGP)

Premières lignes : 1 (250cc) / Meilleure qualif’ MotoGP : 11ème (Motegi 2012)

Points : 58 (54 en MotoGP, 4 en 250cc)

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