Les "Suissitudes de JCS : Le cadeau du frangin



Regardez-moi bien dans les yeux et répondez à cette question: quand vous étiez encore enfant, n’avez-vous jamais, au lendemain de Noël, désiré le cadeau que votre petit (ou grand) frère avait reçu? Car, quand même, sa moto noire et rouge était nettement plus belle que celle que vous aviez trouvée sous l’arbre, rouge et noire… 

Croire que le soleil est plus bleu ailleurs. Imaginez que les problèmes sont moindres chez le voisin. Se persuader qu’un simple changement de couleurs peut changer sa vie: l’être humain est ainsi, qui doit chercher des explications – je n’ai pas dit excuse, mais cela commence exactement de la même façon – face à chaque échec.  

Les pilotes, qui sont des êtres humains, n’échappent pas à la règle. Dans notre milieu, elle est même cultivée à l’extrême, parce que chaque action, chaque geste, chaque décision, est immédiatement sanctionnée par un juge sans concessions: le chronométrage. Réalisé désormais au millième de seconde. 

Combien de fois n’ai-je pas entendu d’un battu, «oui, mais, regarde-bien le vainqueur, il dispose d’une pièce que nous n’avons pas obtenue.» Voire d’un pneu meilleur. Voire d’une suspension différente. Voire d’une évolution châssis XB-14 qui lui est réservée. Quand ce n’est pas d’un spécialiste en informatique avancée qui a réussi à tripoter la gestion électronique du contrôle de glissades latérales à 18,69 °, quand les gaz sont ouverts à 23,13%. Ce qui, on l’imagine aisément, fait une sacrée différence! 

Cette fin d’été est d’ailleurs propice aux réflexions de ce genre, puisqu’on prépare l’avenir. Elle est donc idéale pour se persuader que l’herbe est plus verte ailleurs, le châssis plus efficace dans le team X et, surtout, la pasta « al dente » à l’hospitality Y. 

Donc, il faut changer. On n’arrive pas à trouver la confiance nécessaire en l’avant de sa moto – «la méchante, elle ne veut pas faire ce que je veux» -, pas de soucis, dans le team d’à côté, ils ont la recette. Et ainsi de suite, selon le choix des explications (non, non, je n’ai pas écrit excuses). En oubliant que, de toute façon, à la fin de la course Moto2, c’est toujours Johann Zarco qui gagne! 

Je vous parle de ce fameux cadeau du frangin qui est plus beau, parce que – Suissitude oblige -, dans notre si imposante structure, si Tom Lüthi s’est décidé il y a dix jours déjà de rester fidèle, c’est Dominique Aegerter qui est plongé dans un abîme de réflexions, dont il espère émerger avant la course de Brno.Donc, dans les heures qui viennent.  

A Spielberg, dimanche dernier, il confiait: «En fin de compte, c’est moi qui prend la décision finale», tout en laissant entendre que son manager personnel et, surtout, que son papa (qui va un peu mieux, grâce à Dieu!) avaient leur mot à dire. 

Si j’avais le culot de leur donner un modeste conseil, je leur proposerais la fidélité. Car dans le monde actuel, il est toujours plus important de comprendre et d’apprécier ce qu’on a. Que de miser sur ce qu’on pourrait éventuellement avoir. J’en connais qui sont allés voir ailleurs et qui se sont ensuite heurtés à des portes fermées, quand ils ont voulu revenir au bercail, expérience faite. Pomme avec le bour, comme on dit autour d’un tapis de jass dans notre cher pays. 

Stay tuned! 

Rejoignez-nous sur Facebook

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de