Quand Barry Sheene gagnait il y a 35 ans



En remportant le Grand Prix de République-Tchèque à Brno, Cal Crutchlow est devenu le premier britannique à s’imposer en catégorie reine depuis plus de 35 ans. Cela faisait exactement 12 789 jours que le God Save The Queen n’avait pas résonné à l’issue d’une course MotoGP. Il fallait remonter à l’époque où les machines étaient encore des 500cc.

Le 16 août 1981, Barry Sheene décrochait la dernière victoire de sa carrière au guidon d’une Yamaha. C’étaità Anderstorp sur le Circuit de Scandinavie, à l’occasion du Grand Prix de Suède. En plongeant dans ses archives, MCN a trouvé les propos du légendaire n°7 publié le 19 août 1981. Nous ne pouvons nous empêcher de vous les partager :

« Cela faisait si longtemps depuis ma dernière victoire de GP que j’avais presque oublié ce que ça faisait ! Cette année a été frustrante parce que rien ne s’est bien passé. Comme si les choses s’étaient rassemblées pour que tant de choses arrivent afin de contrecarrer le succès. [Barry n’avait plus gagné depuis Le Mans 1979 et ne comptait que 2 podiums sur ses 15 dernières courses.ndrl]

Après la Finlande, mon pied et mon doigt endommagés à Silverstone allaient bien mieux alors je n’étais pas inquiet pour cela. Dès les premiers essais tout allait bien en Suède, j’étais le plus rapide de tous sauf à l’une des sessions où Marco Lucchinelli a été plus vite. Mais après la dernière j’étais en pole position avec un peu moins d’une seconde de mieux que Marco.

Tous les essais ont été ensoleillés, mais quand Steph a regardé par la fenêtre dimanche matin elle est revenue en disant qu’il pleuvait. Maintenant les gens doivent penser que j’aime rouler lorsqu’il pleut juste parce que j’ai semblé à l’aise sur le mouillé. Je préfère le soleil et je n’aime pas rouler sous la pluie.

Ensuite, bien sûr, c’est remonté dans le paddock et cela discutait à propos de quels pneus utiliser. La décision a été de chausser un intermédiaire à l’avant que j’ai moi-même retaillé, et mon propre modèle intermédiaire à l’arrière. J’ai monté les pneus une heure avant que la course ne commence et dit « Voilà, ce sont ces pneus que nous allons utiliser. Il n’y aura pas d’autres changements« .

Au départ j’ai poussé la moto aussi fort que je le pouvais et forcé autant que possible sur mon pied, qui n’était pas dans les meilleures conditions (les départs se faisaient encore à la poussette.ndrl). Avec le bitume mouillé je n’étais pas capable de trouver la bonne adhérence et d’attaquer suffisamment pour avoir un bon rythme. Je suis arrivé au premier virage aux environs de la 20ème place et ai pensé « Tu as tout gâché !« . Mais quelques tours plus tard j’étais de retour devant, et après cinq ou six j’étais avec les leaders. « Si tout se passe bien tu vas gagner celle-ci » me suis-je alors dis.

Boet van Dulmen et moi-même étions ensemble, et quand nous nous sommes disputés le leadership j’ai vraiment aimé la course. C’est très amusant de courir avec Boet, c’est un bon pilote, prévisible, vous pouvez tourner avec et vous marrer avec lui dans les longues lignes droites. À dix tours de l’arrivée j’ai décidé que mon heure était venue, alors j’ai attaqué jusqu’à avoir 8 secondes d’avance. Ensuite j’ai soulagé mon rythme et, gardant un oeil vigilant sur Boet, j’ai terminé la course avec environ une seconde d’avance.

Tout s’est finalement bien passé. L’une des choses les plus importantes est que Michelin soit finalement venu avec des pneus qui conviennent à la moto. La quatrième place au championnat [ce fut son classement général final en fin de saison, la Suède étant la finale du Mondial.ndrl] n’est pas meilleure que la 20ème : la première place est la seule à avoir. »

Sheene effectuera trois saisons supplémentaires avant de se retirer en 1984. Double-champion du monde 500cc en 1976 & 1977, il reste à ce jour le dernier britannique à avoir décroché la couronne en catégorie reine. Décédé le 10 mars 2003 à l’âge de 52 ans, il figure comme l’un des pilotes les plus aimés de l’Histoire des Grands Prix. Son casque Donald Duck, son sourire ravageur, son salut en V ou encore le trou de son casque par lequel il glissait ses cigarettes sur la grille de départ participent à l’élaboration de sa légende. Trente-cinq ans ont passé depuis son ultime moment de gloire et personne n’a oublié Barry. Personne.

Stay tuned !

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