La France, la moto, Tech3 et Johann Zarco : quatre questions à Hervé Poncharal



A l’occasion du Grand Prix de France, nous ne pouvions manquer d’interviewer le patron de la célèbre écurie française, Tech3.

Nous avons bien entendu abordé, avec lui, le sujet Tech3 mais nous avons également poussé la réflexion sur la moto en France et la relève espérée.

Hervé Poncharal nous adonc livré ses espoirs pour cette saison et pour le futur de la moto en France…mais nous a aussi révélé une information importante, au sujet des rookies et qui devrait jouer un rôle fondamental dans la constitution de la grille de départ 2013. 

Suivez le guide!

Le Grand Prix de France pour Tech3 c’est ?

C’est avant tout un Grand Prix très particulier, d’abord parce que c’est notre Grand Prix national, mais aussi parce qu’on y voit beaucoup d’amis et de fans de Tech3, qu’on ne voit qu’une fois par an. Bien que nous n’alignions pas de pilotes français, nous sommes vraiment supportés par le public français.

On y croise également énormément de journalistes de la presse régionale et même nationale qui n’assistent qu’à cette course du Mans sur l’ensemble de la saison.

Pour toutes ces raison, elle revêt donc une importance toute particulière pour la moto, le sport mécanique et plus particulièrement, le MotoGP en France.

Enfin, en plus de la fibre nationale inhérente au fait de rouler chez soi et devant son public, c’est aussi un Grand Prix lors duquel nous sommes extrêmement sollicités car c’est le seul Grand Prix Monster du calendrier et qu’à cela s’ajoute le fait que Dewalt et Stanley font énormément de choses, que Motul est français et que Yamaha Motor France est présent. C’est donc le rendez-vous incontournable pour Tech3. Alors, évidemment, une belle performance là-bas, nous rend encore plus heureux qu’ailleurs.  

Si la France rencontre plus de difficultés à amener des pilotes au plus haut niveau, par rapport à des pays comme l’Espagne ou l’Italie, c’est…?

C’est une très bonne question à laquelle il est difficile de donner une réponse précise ! On voit tout de même, en MotoGP, que Randy est toujours là et qu’il reste performant, on assiste aussi à l’explosion de Johann Zarco, qui à mon avis, va faire très très fort, déjà cette saison, mais aussi dans le futur et enfin, on voit aussi que Louis Rossi et Alexis Masbou marchent fort en Moto3 et qu’Alan Techer, qui sort de la Red Bull MotoGP Rookies Cup, accompli des débuts très prometteurs.

Mais c’est vrai qu’en dehors de ces quelques noms, on est un peu perdu.

Pour moi la réponse vient du fait que dans le tissu social et économique, que ce soit en Espagne ou en Italie et je dirais même, en Angleterre, il y a beaucoup plus de passionnés et de ce fait, dès le début, les jeunes sont plus enclins à se diriger vers la moto.

Ensuite, ils sont tous aussi aidés par les voisins, qui, dès qu’ils ont une petite boutique ou une petite entreprise, donnent un coup de main financier, ce qui, dans un sport qui coûte aussi cher, est très important.

Enfin, des locomotives comme peuvent l’être des Valentino Rossi, Dani Pedrosa ou autre Jorge Lorenzo créent des vocations.

On a réellement besoin d’une figure emblématique pour tirer tout ça car lorsque nous avons un jeune qui marche, comme Olivier Jacque l’a fait chez Tech3, ça draine les médias et la couverture médiatique peut elle-même drainer les vocations ainsi que les sponsors pour y répondre.

La situation, en France, n’est pas catastrophique, mais elle pourrait être meilleure et j’espère, de tout cœur, que nos représentants, dans les trois catégories, vont briller et ainsi pouvoir tirer le tout vers le haut.

Et puis, je ne peux pas clôturer cette question sans tirer un énorme coup de chapeau à Claude Michy parce qu’il réalise un magnifique travail avec cette organisation du Grand prix de France et c’est clair que c’est important d’avoir une manche du championnat du monde dans son pays, car ça permet à un tas d’acteurs et de futurs acteurs, je parle ici des jeunes pilotes, de s’intéresser à notre sport. 

En MotoGP, Repsol Honda a Marc Marquez, pourrait-on imaginer que Tech3 Yamaha ait un jour Johann Zarco ?

D’abord, il faut malgré tout préciser que c’est Repsol qui a Marc Marquez et pas Honda, mais il y a une chose qui est clair et c’est Carmelo Ezpeleta, en personne, qui me l’a confirmée, il ne dérogera pas à la clause qui interdit aux rookies de débuter leur carrière chez un constructeur. Donc, en conséquence, si Marquez monte en MotoGP, ce qui semble être le cas, ce sera via un team satellite.

Ceci étant dit, à propos de Johann Zarco et sans vouloir jouer à l’opportuniste, je le suis depuis qu’il est en Red Bull MotoGP Rookies Cup et, depuis ses premiers pas, il me bluffe.

En 125, tech3 n’y est pas, donc, nous n’avons pas pu l’aider mais par contre, lors de l’entre-saison dernière et déjà au moment des Grands Prix en Malaisie et au Japon, nous avons pas mal discuté ensemble et puis, il s’est engagé avec JIR et je ne pense pas qu’il doit le regretter vu ses performances !

Quelque part, c’est la vie et les choses ne vont pas toujours dans le sens qui nous convient. Nous avons essayé de trouver des solutions ensemble mais c’est chez JIR qu’il a pu en dégager une et je suis heureux pour lui et pour Montiron, son team manager, car tout se passe très bien.

Mais c’est clair que de notre côté, si on veut faire avancer, à notre niveau, le sport moto en France, nous devons aligner un pilote français. Donc on rediscutera certainement avec Johann Zarco et j’espère qu’un jour, on arrivera à le convaincre.

Une écurie française qui roule avec un pilote français, ça a dix fois plus d’impact qu’une écurie française, sans pilote français. On le voit avec Lotus en F1, même si c’est vrai que l’écurie n’est pas 100% française, elle l’est tout de même par sa direction, son partenaire technique et son partenaire financier, Romain Grosjean fait un tabac et la F1 a regagné le terrain qu’elle avait perdu les années précédentes.

Qu’est-ce que Le patron de Tech3 attend de son écurie pour son Grand prix de France ?

C’est souvent quand on en attend le plus, qu’on est le plus déçu. On a déjà connu par le passé de superbes performances au Grand Prix de France et on dit souvent que les Yamaha se comportent bien au Mans.

Cependant, à ce niveau-là, c’est un Grand Prix comme les autres, sur un circuit difficile où faire la différence n’est pas aisé. Les conditions météo s’annoncent, elles aussi, compliquées.

J’aimerais vraiment bien, mais là c’est peut-être un rêve, de voir une Mistral, que ce soit celle de Xavier Simeon ou celle de Bradley Smith, sur le podium ou au moins dans le top5 et puis, en MotoGP, vu le début de saison, on adorerait décrocher notre premier podium de l’année ici, sur le circuit Bugatti. 

Stay tuned!

Rejoignez-nous sur Facebook

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Dans cet article

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de