Les Suissitudes de JCS : Ceux qui paient, commandent…



Papa disait toujours : « Fils, au bistrot, celui qui commande la tournée, il la paie. Et bien dans la vie, c’est le contraire : ce sont ceux qui paient qui commandent… » Papa avait raison. Et ce matin, je me demande ce que vont décider, ces prochains jours, les commanditaires de la dream team suisse.

Rassembler sous le même toit les deux meilleurs pilotes du pays. Les flanquer d’un troisième compatriote, financer avec des commanditaires suisses, sérieux. Mettre le tout en piste, laisser prendre la mayonnaise, renforcer avec des vraies retombées médiatiques – les trois chaînes linguistiques de la télévision publique nationale, ainsi que les plus grands quotidiens généralistes du pays – et attendre que le fruit, la victoire, mûrisse.

Telle est la recette de la « dream team » suisse du maître queux Frédéric Corminboeuf, dont les deux plats principaux se nomment Thomas Lüthi – le morceau de choix – et Dominique Aegerter. Et le dessert (fribourgeois) Robin Mulhauser.

Telle était la solution jusqu’à ce jour. Tom Lüthi a prolongé de deux ans son entente avec cette structure, on règle les derniers points de détail avec Dominique Aegerter. Et… c’est là que l’on retrouve la question de la semaine : que vont décider ceux qui paient ? Ce n’est faire injure à personne que de dire que Robin Mulhauser, en tentant le pari de la classe Moto2, a mis ses pieds dans des souliers trop grands pour lui. Il l’avoue d’ailleurs lui-même, conscient que les progrès que l’on attendait – que l’on exigeait ! – de lui à sa troisième saison de GP ne sont pas à la hauteur des attentes.

Le problème de son remplacement se pose donc avec acuité. Et avec difficulté, puisqu’à l’heure actuelle, aucun pilote helvétique de la nouvelle génération présente le profil – ça y est, j’utilise le terme à la mode dans le paddock ! – d’un pilote de Moto2 au niveau mondial. La preuve : pour remplacer ces deux dernières semaines Dominique Aegerter, blessé alors qu’il s’entraînait en motocross, on a fait appel à un pilote espagnol.

Le problème (si c’était la solution ?), c’est que ce pilote n’est pas n’importe lequel : à 16 ans à peine et à sa première saison complète au guidon d’une « vraie » moto de course, Iker Lecuona bluffe tout son monde. Il avait déjà tapé dans l’œil de Fred Corminboeuf et du chef technicien de la dream team, Gilles Bigot, l’an dernier, il vient de confirmer tout le bien qu’on pense de lui.

A Misano, il était en lutte pour la douzième place lorsqu’il a perdu l’avant de sa Kalex, mais la preuve était déjà suffisante : on tient là un diamant brut, qu’il va certes falloir polir. Et on n’est pas loin de croire que ce talent hors norme pourrait, dans un futur proche, devenir un phénomène.

« Qu’est-ce qu’on va payer pour un Espagnol que personne ne connaît. C’est un team suisse, qu’on veut », m’a immédiatement fait savoir un confrère qui s’exprime généralement dans la langue de Goethe. « Comme ce n’est pas toi qui paie – ni moi ! -, ce n’est pas toi qui commande. Si, aux côtés de Tom et de Domi, les patrons de la structure suisse décident de faire confiance à Iker, libre à toi de l’ignorer. Personnellement, je trouve le pari intéressant et l’histoire plutôt belle : « Le nouveau surdoué d’Espagne doit sa présence en GP au team suisse », lui ai-je immédiatement répondu.

Mais ce n’est pas moi qui paie. Donc, je ne commande pas.

PS : sur la route du Bol d’Or, je suis passé chez mon pote PHP, à Lirac. Au bar du village, j’ai commandé la tournée de rosé « Vieilles Vignes ». Et j’ai payé !

Stay tuned !

Rejoignez-nous sur Facebook

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Dans cet article

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de