Les « suissitudes » de JCS : Le sourire de l’homme battu



Brad Binder sacré en Moto3, Marc Marquez sur la voie royale pour remporter un troisième titre en MotoGP, la catégorie qui nous promet le plus de suspense d’ici la fin de saison, c’est bien la classe Moto2. Et cela tombe très bien pour les Suissitudes…

Un point entre Johann Zarco et Alex Rins, Sam Lowes – dominateur absolu en Aragon – revenu à 40 longueurs alors qu’il en reste 100 en jeu: bien malin qui peut dire ce soir qui sera champion du monde 2016. Lequel de ces trois débarquera en MotoGP l’an prochain avec un titre mondial en poche, que ce soit le premier (Rins) ou le second (le tenant, Zarco et Lowes, sacré en supersport avant de débarquer en GP).

Trois candidats, c’est tout? Non. Parce que dimanche soir, j’ai vu le sourire d’un homme battu. Thomas Lüthi n’est pas masochiste. Or, du côté d’Alcañiz, il a été battu. Même par trois concurrents. Mais en analysant le déroulement complet de ce GP, il a compris qu’il avait fait un pas important, renforcé chaque week-end un peu plus dans ses certitudes, à mesure que son entente avec son chef technicien Gilles Bigot se renforce.

Tom a longtemps été ainsi, à la recherche de la perfection. Ses premiers GP, il les a quasiment tous gagnés en s’élançant de la pole position. Dans sa tête, c’était clair: si j’ai fait la pole, c’est que j’ai la meilleure moto pour ce circuit; si j’ai la meilleure moto, je vais gagner. Les années ont passé, on le sait, qui ont égratigné son profil – tiens, j’ai placé le mot préféré des décideurs, moi qui aimait bien, autrefois, écouter à la radio le disque préféré des auditeurs -, mais qui n’ont pas atteint sa volonté. Aujourd’hui, il sait qu’il peut gagner en partant de plus loin (voir Silverstone); qu’il peut aussi s’offrir des accessits et même devancer les deux hommes forts du championnat du monde actuel, Johann Zarco et Alex Rins, alors que le déroulement de ses essais n’a de loin pas été parfait.

Ce changement est la preuve irréfutable qu’on apprend chaque jour, chaque heure qui passe. Et ce changement porte en grande partie la griffe de Gilles Bigot, qui ne dit pas amen devant tous les désirs de son pilote et qui ne se gêne pas de lui rappeler que la course motocycliste reste un sport individuel que l’on ne gagne qu’en équipe.

Cette équipe, cette compréhension toujours plus profonde entre deux hommes intelligents et expérimentés, va faire des ravages sur ses prochains passages au Japon, en Australie, en Malaisie et à Valence. On prend les paris? Moi je vous dis que le titre Moto2 ne se jouera pas avant le dernier tour de l’ultime course de la saison. Et qu’à ce moment-là, la lutte concernera bien plus que deux hommes. N’en déplaise aux thuriféraires de Johann Zarco, à ceux qui croient au pouvoir absolu d’une mafia espagnole qui règnerait sur la course et aux sujets de Sa Très Gracieuse Majesté, la Reine.

Stay tuned!

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