Le 19:30 de PHP: l’héritage de Wayne Rainey



L’annonce, ce début de semaine, du forfait d’Andrea Iannone au Japon a bien sûr fait le délice des médias sociaux. On a causé haut et fort dans le Landerneau et ailleurs. Et comme à chaque fois que ce genre de situation survient, on a lu et entendu tout et souvent n’importe quoi.

Premièrement, la version du supporter pur et dur de l’Italien. Qui, comme tous les supporters, s’abreuve en permanence à la source du coup fourré, à la théorie du complot: «Iannone? Mais il est en parfaite bonne santé, il ne faut pas nous faire croire qu’un pilote qui sera capable de rouler à Phillip Island dans une semaine, n’était pas prêt à tenir sa place au Japon. Vous n’avez rien compris: en renonçant, il fait juste payer à Ducati, son employeur actuel, le prix de son erreur. Qui est le pilote le plus rapide du team officiel? Qui a offert à la Desmosedici une victoire glorieuse? Ce n’est pas le trop gentil Dovizioso, mais bien lui, notre «foufou» adoré, que ces Messieurs n’ont plus voulu pour le futur. Eh bien, tant pis pour eux: ce n’est pas à Motegi qu’une rouge et blanche remportera un second GP.»

Deuxièmement, la version du fan de Borgo Panigale, qui adore Ducati et qui se souvient de quelques-unes des frasques commises ces derniers mois par Andrea Iannone, celle du dernier tour du GP d’Argentine en étant bien sûr la plus douloureuse: «En acceptant ce forfait supplémentaire de ce pilote dangereux, l’usine fait l’économie de pas mal de pièces de rechange, châssis, carénages et j’en passe.»

Peu d’observateurs, en revanche, ont pris la peine d’emprunter la machine à remonter le temps et de régler la date sur 1993. Un mois avant son terrible accident de Misano, Wayne Rainey avait déjà été victime d’une chute violente sur le dos. Même si les médecins n’ont jamais pu prouver que ce premier accident avait eu un lien avec la gravité des blessures de Wayne ce 5 septembre 1993, que la chute terrible du triple champion du monde – rappelez-vous, l’image de ce corps qui semble se casser en deux, dans un bac à sable – n’aurait pas eu les conséquences définitives qu’on connaît sans cette première alerte, Carlo Pernat, le manager personnel d’Andrea Iannone, s’en est lui parfaitement souvenu.

Et comme les médecins qui traitent son pilote laissent encore planer un petit doute, quand bien même ils se réjouissent de l’évolution de la guérison, notamment du processus de calcification de la vertèbre facturée (T3), il a décidé de ne pas prendre le moindre risque. Chapeau à lui, qui rappelle ainsi que dans ce monde où l’on croit que seul le dollar est encore un argument, on peut faire des choix qui privilégient la santé à long terme d’un jeune homme.

Les amateurs de la théorie du complot en sont pour leurs frais. Bien fait pour eux!

Stay tuned!

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