Les Suissitudes de JCS : La case de l’oncle Tom



Dimanche, au Japon, il a gagné son troisième GP de la saison. Jamais encore, depuis l’année de son titre mondial 2005, il avait réussi telle gageure. Thomas Lüthi plus fort que jamais? Non. Et c’est lui qui le dit: «Le meilleur est à venir…» 

Je me souviens très bien de cette discussion, dans le coin d’un stand. C’était en 2009, dernière année de l’histoire de la classe 250 cc. Mauro Noccioli, qui avait travaillé avec « le » plus grand – oui, Sa Majesté VR46 – à ses débuts, et qui savait donc ce qu’il racontait, m’avait confié : « Le jour où Tom sera capable de répéter sur l’ensemble de la saison ce qu’il montre, chaque année, une dizaine de jours, il enchaînera les victoires et les titres. Je n’ai jamais vu une telle facilité. Mais encore moins une telle propension à vouloir se compliquer la vie pour chercher la perfection technique. Qui, jamais, n’existera ».

Entre les deux hommes, entre deux cultures, l’aventure 250 cc du champion du monde 125 de 2005 avait été compliquée. Avec quelques (très) hauts, et de nombreux bas. Quand, l’année suivante, la classe Moto2 avait remplacé la 250 cc, la technologie des soupapes prenant le relais des bons vieux moteurs deux-temps, il s’était d’emblée montré parmi les plus rapides. Mais aussi les plus soucieux, les plus tatillons, un peu comme s’il n’arrivait pas à croire en ses propres capacités. Qui sont immenses, Mauro Noccioli le disait déjà et ceux qui travaillent avec lui aujourd’hui le savent encore mieux.

Thomas Lüthi a toujours été quelqu’un de discret. A un point tel que lorsqu’on ne le connaît pas un peu, on se demande pourquoi il semble si renfermé. Il est beaucoup moins un adepte des selfies et des réseaux sociaux que la plupart des pilotes actuels, il s’énerve chaque fois qu’on l’accueille par des applaudissements dans l’hospitality du team après une séance où il aurait réussi le deuxième ou le troisième temps : « Arrêtez, arrêtez, ce ne sont que des essais. Libres, en plus… » Il est ainsi, qui ne se découvre réellement qu’après la victoire. Et cela tombe bien parce que, en cette année 2016 où il a connu une période de moins bon – trois éliminations aux Pays-Bas, en Allemagne, puis le forfait à Brno -, il est redevenu celui qui est capable de donner la leçon à tous. Au génial Johann Zarco, comme au vif argent Franco Morbidelli.

La preuve, dimanche dernier au Japon. Zarco ? « Je pensais que Tom allait s’essouffler, mais il n’a pas commis la moindre erreur ». Réponse du principal intéressé, un sourire rayonnant quand on le regarde de face et le profil volontaire du guerrier : « Tu sais, j’ai 30 ans, mais je ne suis pas vieux ». Morbidelli ? « En début de course, j’ai bien essayé de suivre. Mais Tom était tellement plus fort sur les freins, que j’ai préféré renoncer… » Comme quoi, il arrive parfois que la jeunesse triomphante ne gagne pas.

Trois victoires alors qu’il reste trois GP au programme: moi, je prends les paris qu’au soir de Valencia, Thomas Lüthi aura battu son record personnel en une seule saison – quatre succès en 2005. Reste à ceux qui sont d’accord – ou pas ! – avec moi de le faire savoir dans la case qui leur est réservée. Ci-dessous. On l’appellera, pour une fois, la case de l’oncle Tom !

Stay tuned !

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