Les Suissitudes de JCS : Ils croient savoir, mais ils ne savent rien



Pas besoin de grandes explications, il suffit de lire les résultats récents : le serviteur des Suissitudes que je suis, boit du p’tit lait. Et d’autres choses, plus pétillantes (voire moussantes) encore, je vous rassure. Parce que son préféré a gagné deux fois de suite? Un peu. Mais beaucoup parce que, chaque semaine un peu plus, j’ai la confirmation que dans le paddock, il y en a beaucoup qui croient savoir, alors qu’ils ne savent rien.

« Eux, ils savent. Ils comptent dans notre monde » : combien de fois ai-je entendu ce genre de remarques. Oh, pas depuis mes débuts en GP, il y a maintenant 32 ans, mais bien depuis que le spectacle a pris une telle ampleur et qu’il a créé tant de postes qui ne servent à pas grand-chose, si ce n’est à alourdir les budgets des équipes.

Ces gens qui comptent, sont conseillers, managers, représentants de riches partenaires, quand ils ne sont pas les délégués personnels d’un multimillionnaire, dont on ne sait pas d’où vient sa fortune. Je connais même un journaliste-manager qui croit toujours que son influence est aussi grande que sa taille. Passons…

Tous ces gens savent, certainement. Mais j’ai surtout l’impression qu’ils ont besoin d’aide extérieure – par exemple, deux victoires à la suite d’un pilote qui semble désormais narguer tout l’establishment – pour ouvrir les yeux. Et la bouche : « Ah, mais moi, tu me connais, j’ai toujours cru en Tom Lüthi ; j’avais même détecté son talent avant tout le monde. » Ou alors, soudainement : « Je me demande si nous n’aurions pas dû lui faire une offre pour tenter, une année au moins, l’expérience MotoGP ». Commentaire du principal intéressé, vainqueur en Australie une semaine après avoir triomphé au Japon : « C’est étonnant comme les gens, soudainement, découvrent que j’existe… » 

Moi, je ne compte pas. Je ne suis pas conseiller. Encore moins manager. Je ne suis pas multimillionnaire, ni le délégué de l’un d’eux. Je suis un simple plumitif qui a appris, tout au long de sa vie sur les circuits et ailleurs, qu’il fallait respecter le premier comme le dernier. Une précision, encore : je ne sais pas me tenir sur une moto, mais j’ai le culot de penser que j’arrive à pas mal comprendre les hommes – dans le sens, être humain -, à sentir leurs crises et à anticiper leurs moments d’euphorie.

Le rapport que j’entretiens avec les pilotes dont mes journaux sont friands va au-delà de la simple équation journaliste vs sportif d’élite. S’ils me disent des choses en « off », ces choses restent « off ». S’ils me demandent un conseil et que je suis capable de le leur donner, pas de soucis. Pas de dû, pas de facture entre nous. Ce rapport privilégié m’a permis, dès le soir du GP d’Aragon, de raconter à qui voulait l’entendre et sans citer le moindre nom : « Moi, je vous dis que le titre mondial Moto2 se jouera dans le dernier virage, du dernier tour, de la dernière course de la saison. Et qu’ils ne seront pas seulement deux en lice ».

Dimanche dans la matinée – en Europe -, ma théorie sera peut-être bonne pour la poubelle. Et Johann Zarco fera un formidable et mérité double champion du monde. Mais peut-être pas…

Stay tuned !

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