Les Suissitudes de JCS : Robin, Randy, l’autre championnat



Dimanche, à 12 h 20, sur le circuit Ricardo Tormo de Cheste, près de Valencia, un jeune pilote suisse prendra pour la dernière – quoique… – fois le départ d’une course de championnat du monde Moto2. Après trois saisons difficiles, Robin Mulhauser évoluera l’an prochain en supersport. Pour le meilleur, car cela ne peut pas être pire…

Il a fait l’unanimité par sa gentillesse, son sourire, sa sympathie. Mais dans un monde si compétitif, cela n’a pas suffi. Il a parfois aussi interpellé son entourage technique, et même celui qui était devenu un peu son grand frère ès courses, Thomas Lüthi: « Il y a quelques endroits, sur certains circuits, il fait des choses étonnantes », expliquait récemment encore celui qui jouera, ce même dimanche, le titre de vice-champion du monde. Robin Mulhauser, le pilote Moto2, restera à tout jamais une grande interrogation, un sentiment douloureux pour ceux qui étaient à ses côtés de n’être jamais parvenus à extraire le meilleur de lui. Ou, plutôt, d’effacer le pire du bonhomme, cette impression qu’il avait déjà atteint son but fixé en étant en GP. Comme si l’essentiel était encore de participer.

Talent ? Il y a quelque chose en lui, c’est certain. Manque d’engagement ? On a été trop « gentils » avec lui, comme si on n’osait pas le placer devant ses responsabilités, à l’engueuler quelques bonnes fois. En une formule, Robin Mulhauser a couru en ayant chaussé des bottes trop grandes pour ses pieds, le mondial Moto2 et son peloton toujours plus compact étant un trop gros morceau pour son caractère.

Comme Randy Krummenacher une année plus tôt, le seul pilote francophone de notre pays a choisi de ne plus insister, avec raison et avec courage, conscient que le rapport coût/plaisir d’une aventure supplémentaire en Moto2 était tout simplement exagéré. Voire irresponsable.

Comme Randy, il va tenter de rebondir dans «l’autre» championnat, le SBK et sa catégorie d’appel, le mondial supersport, où il disposera d’une bonne Honda CBR 600. Loin des flonflons du MotoGP, dans un univers plus refermé sur lui-même, qu’adorent les fans purs et durs de la moto, il devrait mieux se sentir. Donc mieux s’exprimer. Car même si, ces derniers mois, il affichait extérieurement une décontraction totale, on sait pour le connaître un peu qu’il était malheureux, conscient qu’il était au mauvais endroit, incapable de se lâcher, cherchant notamment lors des différentes séances d’essais trop de réponses techniques à ses problèmes. Or, un pilote ainsi crispé, jamais n’y arrivera à un tel niveau de compétitivité.

Il est hors de nos propos, ici, de juger la qualité du mondial supersport. Encore moins de la comparer avec le Moto2, parce qu’il n’y a pas de comparaisons possibles. Mais il est certain qu’il n’aura plus l’obligation de jouer un rôle, comme c’était le cas en GP. La suite de sa carrière peut être pleine de succès – comme celle de Randy Krummenacher – s’il retrouve dès ses premiers essais le plaisir. Sans quoi le pilotage n’est rien. Sans quoi la vie ne l’est pas plus! Amuses-toi, Robin, tu verras, c’est comme cela que ça va marcher!

Stay tuned!

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