La colonne à Jicé: Johann et la méthode Zarco



On a vu, quelques rondes durant, un rookie «mettre» 6 dixièmes au tour aux cadors de la catégorie. On a deviné leur stupéfaction. On a imaginé l’émotion qui n’a pu qu’envahir Hervé Poncharal et tout son monde, durant ces instants de grâce. On a eu mal avec eux, quand Johann est tombé. Mais on est heureux pour eux, car ils vont vivre, encore, très bientôt, d’autres moments inoubliables. 

Pendant des années, le binôme que forment Johann Zarco et Laurent Fellon faisait sourire. Parce qu’il avait un côté caricatural extrême, celui de deux hommes lancés dans une aventure, une mission. Et que rien ne devait les éloigner du but fixé.

Il y avait Johann, discret, le visage souvent fermé. Et Laurent, le méridional excessif, aux formules choc, qui faisaient toujours le bonheur de ceux avec qui il les partageait. Le pilote, volontiers, rappelait qu’il n’était pas un grand talent, plutôt un immense bosseur. Le mentor, toujours, restait fidèle à sa certitude: celle, qu’un jour, ensemble, ils allaient atteindre ce fameux but.

On leur a connus quelques décisions étranges, mais ils ne bronchaient pas. Non, ils travaillaient encore plus, toujours animés de cet esprit qui rappelle: «Si on vous dit qu’on veut faire cela, c’est qu’on va le faire.»

Devenu une première fois champions du monde Moto2, ils avaient refusé de monter directement en MotoGP, parce qu’ils estimaient que ce qu’on leur proposait alors ne correspondait pas à ce qu’ils voulaient. L’an dernier, ils ont donc redoublé, avec le succès que l’on sait: personne, avant Johann Zarco, n’avait réussi la passe de deux, titre mondial Moto2 en jeu.

Les voilà en MotoGP, pour le début de la mission suprême. Pendant les essais hivernaux, on découvre du Zarco pur jus, calme, précis, analytique, qui ne s’emporte jamais mais qui, quand il le faut, tourne la poignée pour se hisser aux avant-postes. Déjà, on les regarde d’un drôle d’œil, on se demande si ces coups d’éclat vont perdurer, mais l’establishment sourit, laisse faire: «Les essais, c’est une chose, on verra bien en course…»

On a vu. Sept tours durant, un rookie rouler cinq à six dixièmes au tour plus rapidement que ces Messieurs les habitués. On l’a vu, ce pilotage si fin, si coulé, qui faisait merveille sur l’asphalte encore glissant de Losail. On a vu, malheureusement, cette chute, survenue justement au moment où Johann venait de décider de se détendre un peu et de commencer à gérer l’avance qu’il s’était fabriqué.

On l’a vu revenir à son stand, expliquer cette petite erreur de quelques centimètres, la piste plus sale, plus glissante, la roue avant qui s’échappe: «Après un tel événement, tous les pilotes que j’ai connu auraient été fous de rage, ils auraient jeté leur casque et le reste, Johann, lui, est resté calme, parfaitement, il a expliqué ce qui s’était passé, sur un ton normal», raconte Hervé Poncharal. «Je me pinçais pour savoir si, oui ou non, je rêvais: pourquoi n’explosait-il pas, après une telle histoire? Puis, j’ai compris quand il m’a dit: «Tu sais, cette chute va beaucoup me servir. Ne te fais pas de soucis, nous aurons d’autres occasions très bientôt.» J’étais scotché», reprend le boss de Tech 3.

Qui venait de découvrir une facette supplémentaire de la méthode Zarco…      

Stay tuned!

Rejoignez-nous sur Facebook

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Dans cet article

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de