La colonne d’Alexis Masbou : Zarco, Rossi, Marquez, Morbidelli, Quartararo… les intox et les exploits



Il y a quelques semaines, GPInside me proposait de tenir une chronique et je vous avoue que cette proposition m’a bien plu. En effet, j’y ai trouvé l’occasion d’essayer d’apporter mon éclairage de pilote sur les courses du weekend, de vous faire part de ma manière de décortiquer les courses mais aussi de partager avec vous cette passion qui m’anime… la moto !

Faits marquants, tactique au point, tactique désastreuse et bien entendu, un petit mot sur les performances de nos compatriotes sont quelques points que j’aimerais pouvoir développer.

C’est une première pour moi et j’espère que ces chroniques déboucheront sur de beaux débats où le respect sera toujours de mise pour ces pilotes qui prennent tous les risques pour vous faire vibrer. Mais trêve de bavardages et entrons dans le vif du sujet !

En Moto3, si le retour de Romano Fenati m’a bien entendu marqué, ce que j’ai retenu c’est qu’une fois de plus, aux USA, le drapeau rouge a été sorti.

Je me souviens que lorsqu’on allait au pays de l’Oncle Sam, on tentait toujours de garder un pneu soft neuf supplémentaire en cas de drapeau rouge afin de pouvoir tenter un coup de poker. On l’a d’ailleurs vu dimanche, même si, dans ce cas, cela n’a pas été payant, car la course est repartie pour trop de tours et concrètement, ce choix ne pouvait pas payer.

Je voulais revenir sur cet arrêt de course qui a été la clé du Grand Prix.

Entre les deux départs, nous avons pu observer que la réussite d’un pilote tenait à très peu de choses. Lors du premier départ, Canet et Mir avaient pris un envol parfait. On pouvait voir le pilote Léopard dans une position d’attente et d’observateur pour tenter de s’échapper avec le pilote Estrella mais cela s’arrête-là, on ne saura jamais si sa tactique était la bonne pour aller chercher la seconde place.

En revanche, lors de la seconde course, nous avons pu voir une tactique complètement différente de la part de Fenati qui a décidé d’attaquer Canet sans relâche afin de l’empêcher de s’échapper au risque qu’un gros groupe se forme et que cela soit plus compliqué d’aller chercher le podium.

Sur ce coup, cela a été payant puisque Canet a commis l’erreur et Romano s’est retrouvé seul en tête avec suffisamment d’avance et de vitesse pour rester devant.

Sur cette course, on a compris à quel point une course Moto3 peut basculer dans un sens ou dans l’autre sur très peu de choses. On aurait pu avoir un duel Canet – Mir et on a eu une victoire de Fenati avec un matelas d’avance et un Mir aux oubliettes avec beaucoup de points perdus au Championnat.

En Moto3 encore, je voulais aussi relever la belle prestation de Jules Danilo qui suite à un début de saison compliqué est revenu de loin pour se battre pour la 10e place à Austin.

Pour ce qui est du Moto2, les spectateurs ont certainement pensé que la course était monotone mais si elle l’a été, c’est avant tout dû à la supériorité d’un homme, Franco Morbidelli ! On l’a vu fluide, précis et sur cette course, il a donné l’impression d’un total contrôle.

Il ne s’est pas emporté, il est resté vigilant à tout ce qui se passait et quand il est passé à l’attaque, il a su maintenir un rythme soutenu. Même lorsque Tom Lüthi a tenté de revenir, il a su remettre une couche pour améliorer ses chronos de quelques dixièmes.

La course a donc été un peu terne et c’est souvent le cas en Moto2 quand on retrouve un pilote un peu au-dessus du lot. Les autres ont donné l’impression de pouvoir revenir mais en fait, Morbidelli avait quelques dixièmes dans le poignet et il a su les contenir et imprimer le rythme sans jamais être réellement inquiété.

Je voudrais également noter la belle performance de Fabio Quartararo qui, après avoir été victime de la grosse erreur de Manzi, (qui l’a poussé hors de la trajectoire et a surtout envoyé Julian Simon àterre), a su remonter pendant toute la course pour récupérer la place de meilleur Rookie ! Mais surtout Fabio avait le rythme pour terminer dans le top10!

 

Enfin, en MotoGP, comment passer sous silence ce qui aura été l’action de la course… le dépassement de Johann Zarco sur Valentino Rossi.

Actuellement, Johann est en plein boum, il roule avec la confiance du champion du monde Moto2 et la réussite de son arrivée en MotoGP, qu’il utilise à 100%. Quand on voit l’attaque qu’il fait sur Valentino, c’était franchement très osé dans une partie aussi rapide et aveugle du COTA.

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas voulu dire… c’était osé mais, il n’a pas été au-delà des limites même si, heureusement, il y avait des échappatoires à cet endroit. Avec son intelligence, Valentino a même su tirer profit de cette action pour se rapprocher des premiers alors qu’il venait d’être décroché suite à son erreur au premier virage.

De deux choses l’une, soit on interdit ce genre de dépassement et la moto risque de devenir ennuyeuse, soit on accepte que quelques fois cela soit bouillant. Cocorico, c’est même encore mieux que cela soit un français qui fasse le spectacle avec Valentino.

Pour ce qui est de la sanction infligée à l’italien, je ne pense pas qu’elle soit spécialement injuste. Trois dixièmes c’était plutôt histoire de marquer le coup. Cela aurait été compliqué si on lui avait donné une seconde de pénalité mais cela aurait aussi été disproportionné par rapport au temps gagné.

La direction de course a d’une part montré qu’elle ne laissait pas tout faire à Valentino et d’autre part, elle a pris une décision qui ne risquait pas d’avoir trop d’impact sur la course. Je trouve que c’était plutôt intelligent.

Le weekend s’est déroulé avec beaucoup de tensions parce que Marquez devait garder son invincibilité aux States pour ne pas décrocher au Championnat. Rossi, qui affirmait être de plus en plus en forme, avait besoin de démontrer que Viñales n’était pas au-dessus et Viñales, en pleine confiance, voulait démontrer que le boss, c’était lui.

Tout ça m’amène à revenir sur l’incident des qualifications lorsque Viñales, surpris par un Rossi assez, voire, étonnement lent, manquait de le percuter.

Valentino Rossi c’est plus de 20 ans d’expérience, 9 titres mondiaux, 224 podiums dont 114 victoires… Est-il encore nécessaire d’ajouter quelque chose ? Ce n’est pas la première fois qu’il utilise toute son expérience pour remettre un petit coup de pression sur son équipier ou sur ses adversaires.

Alors, cette petite intox de l’italien a-t-elle fait que Viñales a chuté dimanche ? Le raccourci serait énorme et je ne vais pas me risquer à l’affirmer, mais toujours est-il que dimanche, en quittant Austin, on se retrouve avec un championnat resserré et très sincèrement, on ne va pas s’en plaindre.        

On se revoit après Jerez !

Stay tuned !

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