Iannone : « c’est un vrai cauchemar…j’arriverai à réagir »



Avec un abandon au Qatar, une seizième place suite à une pénalité en Argentine et une septième à plus de 15 secondes du vainqueur à Austin, Andrea Iannone ne connaît pas le début de saison dont il avait rêvé en débarquant chez Suzuki.

Depuis Philip Island, le bouillant italien n’a pas su retrouver la voie sur sa machine et c’est d’autant plus étonnant qu’en janvier dernier, à l’issue du test de Sepang, il déclarait : « La Suzuki me plaît à tous les niveaux et surtout au niveau du châssis. Quelques éléments peuvent être améliorés et il y a beaucoup de marge pour ces améliorations. Pendant l’hiver, un gros travail de développement a été effectué et maintenant nous devons continuer sur cette voie. La moto convient à mon style et nous pouvons rester au top. »

Ce message optimiste cadre donc assez peu avec ses commentaires d’après course à Austin où c’est un italien complètement abattu et perdu qui se présentait au micro de Sky Italie.

« Je vis un des pires moments de ma carrière en MotoGP. Cela me déplait vraiment. Je perds toujours la moto, dans tous les virages. C’est un vrai cauchemar. Même quand j’accélère je patine énormément, je ne peux pas m’améliorer. J’ai perdu beaucoup de confiance et comme ça, tout devient plus difficile. Je sais que je ne dois pas abandonner, mais quand vous avez de l’ambition et que vous avez opéré un grand changement mais que vous ne trouvez pas ce que à quoi vous vous attendiez, vous accusez le coup. Avec le temps et la patience, j’arriverai à réagir. »

A gauche et à droite, dans la presse et sur les réseaux sociaux une question revient désormais avec de plus en plus d’acuité, car cette image de Viñales vainqueur à Silverstone reste forte et on est donc en droit de se demander si Maverick a ou pas, grâce à son talent, camouflé les défauts d’une Suzuki qui, la saison dernière, n’a jamais permis à Espargaro de s’exprimer au meilleur niveau ?

Pourtant, si cette question tombe sous le sens, elle n’est toutefois pas la seule à devoir être posée et le talent de Viñales n’est certainement pas la seule explication possible à ce blues provisoire du couple italo-japonais.

Tout d’abord, comme le rappelait Iannone en janvier, un important travail de développement a été effectué et rien ne dit que ce travail a suivi la bonne direction. Dans ce cas, le retour en Europe et le retour des tests d’après Grand Prix (le premier sera à Jerez), devrait permettre à Suzuki d’apporter des nouveautés et d’ainsi tenter de corriger le tir.

Ensuite, on connaît beaucoup d’exemple de pilotes élevés au soleil levant et qui viennent se casser les dents sur la machine italienne … Hayden, Crutchlow, Rossi, Melandri et le prochain est peut-être le quintuple Champion du monde, Jorge Lorenzo … en revanche, on ne connaît qu’un seul exemple inverse (bien qu’il ait commencé sa carrière chez LCR et donc sur une Honda) et c’est bien entendu Casey Stoner. L’Australien a évidemment réussi à gagner avec la Rossa et avec Honda mais Stoner, qu’on l’aime ou pas, c’était un phénomène.

Dani Pedrosa déclarait d’ailleurs il y a quelques jours à son sujet : « Casey Stoner, un phénomène. Il n’a pas besoin de routine. Il montait sur la moto et il était en mesure d’être directement à 100%. »

Iannone a grandi sur une Ducati, moteur puissant, châssis moyen comme le déclarait encore récemment Jorge Lorenzo. L’Italien a donc dû développer un pilotage exploitant au maximum la vitesse de sa machine et en oubliant a maniabilité et la vitesse de passage en courbe.

Or, la Suzuki a les caractéristiques inverses avec une partie cycle exceptionnelle et un moteur moins puissant que celui de sa rivale italienne.

Si tout semble indiquer que lorsque vous avez longtemps connu les motos japonaises il est difficile de passer sur l’italienne, pourquoi n’en serait-il pas de même dans la situation inverse ? Iannone doit-il « dépolluer » son pilotage, repartir de zéro ou presque ?

Nous avons posé la question à Didier de Radiguès qui, de son côté, n’est pas pour une approche radicale du problème.

« Tout changer, certainement pas ! S’il est vrai qu’un pilote doit se remettre en question au quotidien de façon à toujours progresser et rester au top, il ne doit en aucun cas tenter de se transformer. S’adapter oui tout changer non. Iannone est un pilote très rapide et s’il doit changer quelque chose c’est au niveau son approche des séances d’essais et peut-être la gestion de sa vie privée. J’ai bon espoir qu’il fera des podiums avec la Suzuki. »

A Jerez, un circuit ou le châssis compte beaucoup, l’histoire sera peut-être complètement différente. On le lui souhaite en tout cas.

Stay tuned !

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Photo : Suzuki

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