Le 20h de Didier de Radiguès : Lorenzo, Rossi, Viñales, Suzuki, Ducati et les belges



Après trois courses disputées loin de nos latitudes, ils sont nombreux à attendre le retour du MotoGP en Europe car, on le sait, c’est là que les évolutions vont commencer à arriver pour les machines officielles.

On a d’ailleurs pu voir que si ces belles d’usine n’étaient pas vraiment à la traine, elles n’en menaient pas toujours large face aux privées de la génération précédente.

Nous avons donc parcouru quelques sujets avec Didier de Radiguès qui s’est prêté à notre jeu de question réponse.

Si vous-même vous avez des questions à poser au pilote belge, n’hésitez pas, nous les lui relayerons.  Pour cela, rendez-vous sur notre page Facebook pour commenter sous l‘article. (cliquez ici)  

GPi : On a vu une Yamaha qui a progressé, une Honda que Marquez dit en difficulté mais qui, à Austin, semblait au top. En revanche Dovizioso dit que la Ducati est revenue au niveau de 2015. Dall’Igna est là depuis quelques années maintenant et au final, Ducati n’est pas beaucoup plus loin qu’avant son arrivée. Pourtant, les actionnaires dépensent beaucoup pour revenir au sommet. Comment expliquer ces difficultés ? On dit que Ducati a beaucoup travaillé sur le moteur comme toujours, pourtant, quelques pilotes de talent sont passés sur cette machine. Comment est-ce possible de ne pas se résoudre à travailler autrement ?

Tout d’abord, j’aimerais dire que oui, en effet, la Yamaha 2017 semble meilleure que la Honda … mais j’aimerais rajouter à cela, pour l’instant ! Les motos 2017 n’ont pas encore atteint leur potentiel et j’en veux pour preuve les performances de Zarco et Folger et dans une moindre mesure de Bautista et de Redding. Après, je ne dénigre absolument pas ces pilotes dont j’ai trouvé les prouesses fantastiques, surtout dans le chef de Zarco mais ils roulent sur la dernière version de la moto de l’année précédente qui est plus au point que la première version de celle de la saison en cours. Les choses vont évoluer avec le retour en Europe.

La difficulté majeure est l’adaptation au nouveau Michelin avant dont la carcasse est plus souple. Il est très possible qu’à Jerez Michelin apporte des pneus avant 2016 pour faire un test comparatif. Rossi le demande depuis les essais hivernaux.

Pour revenir à la seconde partie de ta question, je dirais que cela n’est pas si simple. Les caractéristiques du système Desmo et du moteur Ducati en V lui apporte beaucoup de puissance mais aussi beaucoup d’encombrement et des caractéristiques qui ne favorisent pas vraiment la tenue de route (pour faire simple). Une moto efficace n’est pas un bon moteur ou un bon châssis mais la combinaison des deux.

GPi : OK mais ceci dit, dans le milieu de la F1, Dall’Igna commencerait certainement déjà à sentir la pression. Penses-tu qu’il est l’homme de la situation ?

DdR : Gigi n’est certainement pas mauvais mais il fait partie d’une entreprise qui a des contraintes et impose certains choix (comme le système desmodromique). Il doit donc composer avec les moyens du bord et les impératifs imposés par le board !

GPi : Lorenzo est-il le pilote de la situation ?

DdR : C’est évidemment une question à laquelle il est difficile de répondre et je pense que c’est un Champion à qui il faut accorder du temps car il a prouvé assez de fois sa valeur.  Mais ce n’est pas un Stoner, Marquez ou Viñales capable de s’adapter à n’importe quelle machine dès les premiers tours de roues. Donc je pense qu’il lui faudra du temps mais en revanche je ne suis pas sûr qu’il en aura la patience.

GPi : On a vu lors des qualifications un petit incident entre Viñales et Rossi. Certains disent qu’il n’y avait rien d’intentionnel, d’autres disent que l’Italien a trop d’expérience que pour que ce contact soit fortuit. Combien est-ce difficile d’être l’équipier de Valentino Rossi ?

DdR : Tout dépend de l’attitude de ce co-equipier et des résultats obtenus. Soit Viñales écrase Rossi comme il l’a fait jusqu’avant les qualifs d’Austin et tout ira bien pour lui. Soit il se frotte à Rossi au propre comme au figuré et ce sera beaucoup plus compliqué pour lui.

GPi : Viñales a-t-il camouflé par son talent le manque de potentiel des Suzuki ?

Non. Comme j’ai dit dans une précédente interview, Iannone ne doit pas tout changer mais chercher à se remettre en question au quotidien de façon à toujours progresser et rester au top, il ne doit en aucun cas tenter de se transformer. S’adapter oui, tout changer non. Iannone est un pilote très rapide et s’il doit changer quelque chose c’est au niveau son approche des séances d’essais et peut-être la gestion de sa vie privée.

Je continue à penser que la Suzuki est une bonne moto et que Iannone fera aussi bien que lui l’an dernier … ou presque.

En conclusion, une fois de plus, tout est dans la tête et c’est là que de petites différences apportent de grands ou de petits résultats.

GPi : On ne va pas terminer sans parler du début de saison des belges. Xavier Siméon, Livio Loi, Barry Baltus

DdR : Xavier est très content de son écurie et de sa moto mais il a besoin d’encore un peu de temps pour trouver le bon set-up.

Je dirais d’ailleurs la même chose pour Livio Loi. Quant à Barry Baltus qui, cette saison encore, officie dans le très relevé Championnat d’Espagne, il a commencé par un très beau podium à Valence et a donc déjà atteint, bien plus tôt que prévu, un des objectifs qu’il s’était fixé cette saison.

Je dirais donc que la saison des belges n’a pas mal débuté mais que j’espère que les deux aînés vont confirmer et montrer des progrès dans les semaines qui viennent.

Stay tuned!

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