La colonne à Jicé: Les légendes et la réalité



C’est une habitude qui nous vient du sport professionnel nord-américain, où tout est statistiqué… si vous me permettez ce néologisme. On connaît les minutes et les secondes d’engagement de l’ailier de la quatrième ligne d’attaque d’un club de NHL (hockey sur glace) et la distance exacte parcourue par un joueur de NBA (basketball) pendant le troisième quart-temps. Vive les chiffres!

Les chiffres? On raconte volontiers qu’on peut leur faire dire n’importe quoi. Je pourrais ainsi dénoncer plusieurs pilotes pris en flagrant délit de vitesse excessive, qui sont persuadés que leurs 268,769 km/h sur la ligne droite – soit 5,121 de plus que l’auteur de la pole position -, eh bien, cela n’est pas très important. Je pourrais aussi montrer du doigt ceux qui racontent que «ouahh, les statistiques, c’est une chose, mais je n’y attache aucune importance.» Petits menteurs, va…

Bref. On va donc parler de chiffres. Dimanche, le GP MotoGP d’Espagne, sur le circuit de Jerez de la Frontera, sera la 3000e course de l’histoire du championnat du monde, une histoire commencée au TT en 1949, par l’épreuve réservée aux 350 cmc. Ces 3000 courses ont été remportées par 519 pilotes différents, le record absolu de victoires étant détenu par Giacomo Agostini (122 GP, 15 titres), présent à Jerez, comme une autre légende, Angel Nieto, 13 titres (enfin, 12 + 1, l’homme est superstitieux).

Cela vous plait? On continue: Valentino Rossi en est à 114 victoires. Peut-il atteindre, voire dépasser, son prestigieux compatriote? Lui-même n’en n’est pas persuadé: «Depuis plusieurs années, je ne gagne plus beaucoup de courses durant la même saison, ce sera donc difficile. Avec tous ces jeunes qui veulent leur part du gâteau…» Rossi a dit, sans que l’on sache s’il pense vraiment ce qu’il exprime, quand on connaît sa boulimie de succès, sa faim de triomphes, son amour de la course: «Débarquer en Europe en étant en tête du championnat, c’est sympa. Mais ce ne sera pas facile d’y rester. Cela dit, je ne boude pas mon plaisir», rigole-t-il.

Il est ainsi VR46, unique, plus qu’une légende, le réalisme fait pilote. Qui sait très bien qu’en ne montrant pas un excès d’optimisme béat face à la situation actuelle, il s’enlève un peu de pression sur ces épaules qui en supportent déjà tant. Vous avez compris, les p’tits jeunes, ce que vous dit la légende active? «Prenez vos responsabilités!» Valentino Rossi, lui, se contentera d’observer tout cela et de se préparer, pour dimanche – dans le dernier virage du dernier tour? – le traitement idoine à celui qui lui résistera: «Le dernier virage? Je maintiens ce que je disais déjà l’an dernier, il est beaucoup plus agréable à attaquer… quand on a quelques secondes d’avance sur son poursuivant.»

Pas sûr que ce soit le cas dimanche. Un 3000e GP, cela se mérite. Et cela mérite aussi un sacré champion. Vous votez qui, vous?

Stay tuned!

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