#SpanishGP : Dani Pedrosa nous a donné tort (et tant mieux)



« Ce sera Viñales, la Yamaha lui va comme un gant ! » « Non, celle-là est pour Marquez, au-dessus des autres quand la Honda marche bien ! » « Laissez tomber les gars, Valentino Rossi les aura à l’expérience. » Après trois Grands Prix, tous les scénarios faisaient du combat pour le titre de champion du monde MotoGP une lutte à trois. En s’imposant à Jerez, Dani Pedrosa a rappelé que lui aussi était là. Nous avions tort, et c’est tant mieux.

Dani Pedrosa fait partie de ces pilotes que la majorité du public apprécie. Combien de fois n’a-t-on pas entendu : « J’aimerais qu’il soit champion MotoGP, au moins une fois » ? Voilà douze années que l’Espagnol essaie.

Discret, l’homme ne s’est que rarement retrouvé au coeur d’une polémique. Certains aiment la lumière, lui préfère l’ombre. À tel point que cela lui vaut parfois (souvent) des critiques. En piste, son style de pilotage est corollaire à sa personnalité : il n’est pas celui qui fera le spectacle au milieu du peloton, ni celui qui tentera les attaques les plus extrêmes. Le pilote Honda est d’ailleurs loin d’être celui qui commet le plus d’erreurs. En revanche, lorsque tel est le cas, ça fait souvent mal.

Chaque année ou presque, Dani Pedrosa « s’en colle une bonne » et se relève blessé. D’aucuns y voient là la preuve d’une certaine fragilité – néanmoins à relativiser au regard des risques pris et dommages encaissés. Le fait est que cela lui a peut-être coûté plusieurs victoires, et même, sans doute, un titre MotoGP, après lequel il court depuis 2006 et ses débuts en catégorie reine. À six reprises, l’officiel Repsol a terminé sur le podium du championnat du monde suprême. Et dix fois dans le top-4. Un genre de Poulidor du 2-roues.

Parfait de bout en bout

Depuis quelques saisons – et cela coïncide peut-être avec l’arrivée de Marc Marquez dans son box –, Pedrosa n’est plus au premier plan. En 2014, il avait attendu Brno (août) pour gagner. En 2015, c’est à Motegi (octobre) qu’il remportait sa première victoire de la saison. L’an dernier, Misano (septembre) avait été le théâtre de son unique succès. Cette fois, le n°26 est monté sur la plus haute marche du podium du Grand Prix d’Espagne, dès le mois de mai. Juste après son coéquipier Marc Marquez, mais surtout avant Valentino Rossi.

Son week-end de Jerez est une réussite quasi-absolue : FP1, FP2, FP3, QP, RACE, toutes les sessions importantes lui sont revenues. Déjà, le samedi, un doux parfum s’émanait de sa RCV : il obtenait sa première pole position en près de 18 mois et une vingtaine de GP (Sepang 2015), lui qui n’était plus parti de la première ligne depuis près d’un an (Catalogne 2016). Le lendemain, DP26 a récidivé en bouclant les 27 tours de la course en tête.

Deux semaines après son podium américain à Austin, Pedrosa a fait rugir la Marcha Real devant son public. Un bonheur pour lui, son team, ses supporters et une bonne partie des spectateurs. Son succès est aussi d’une extrême importance au classement général : remonté quatrième (+2 places), il n’est plus qu’à dix longueurs du leader Rossi. Beaucoup – moi y compris – pensaient que le titre MotoGP allait se jouer à trois, entre Marquez et les Yamaha boys. Il est possible que nous ayons parlé un peu trop vite. L’avenir nous le dira. En attendant, la course à la première place est relancée, à deux semaines du Grand Prix de France. Rendez-vous au Mans pour la suite.

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