La colonne d’Alexis Masbou : Revanche de Canet, Bagnaia arrive, Zarco et Tech3 toujours au top



Comme après le Grand Prix des Etats-Unis, on se retrouve pour ma seconde chronique mais avant de commencer, je tenais à vous remercier pour l’accueil que vous avez réservé à la première. Vos commentaires et votre enthousiasme m’ont vraiment fait chaud au cœur. Merci à tous !

Jerez est toujours un moment spécial car lorsqu’on roule en outre-mer, on est, en quelque sorte, dans notre bulle. Il y a moins de monde dans les paddocks, les hospitality ne sont pas là… on est en comité restreint.

A Jerez, en revanche, c’est tout le contraire ! Les nouvelles hospitality sont là, les paddocks sont bondés de fans et c’est l’effervescence générale. C’est un moment que les pilotes apprécient car c’est aussi l’occasion de revoir une multitude de personnes.

Mais nous n’oublions pas les courses car ce week-end encore, nous avons pu observer des choses intéressantes dans les trois catégories.

Commençons par le Moto3 où on a assisté à la revanche de Canet après avoir été poussé à la faute par Fenati à Austin. Une nouvelle course en bagarre au cours de laquelle on a tous pu se régaler.

Mais si Canet m’a étonné, j’aimerais m’arrêter un instant sur un autre espagnol qui a créé la surprise, Marcos Ramirez !

Sincèrement, je m’attendais à ce qu’il perce cette saison même si c’est vrai que l’an passé au guidon de la Mahindra, il avait eu du mal pour ses débuts en GP, mais dans le même temps au guidon de la KTM il avait excellé pour terminer vice-champion du monde Junior Moto3.

Depuis le début de la saison il avait bien progressé mais pour ce retour sur ses terres, il a démontré qu’il serait l’un des pilotes à suivre dans le futur car malgré son manque d’expérience c’est lui qui a su imprimer le rythme.

Comme souvent dans la petite cylindrée, tout s’est joué dans le dernier tour et si j’avais dû miser sur un pilote, je vous le dis, je n’aurais pas parié sur Canet. Ce n’était pas lui qui freinait le plus tard, pour cela, il y avait Joan Mir. Il y avait aussi Fenati, extrêmement rapide dans le dernier secteur et particulièrement dans les deux derniers « droites » rapides. Je m’attendais donc à voir un de ces deux garçons dans le dernier virage mais Canet a été plus intelligent, il s’est mieux placé que Mir pour se positionner à l’intérieur et a exploité son meilleur freinage pour plonger là où Fenati a laissé la porte ouverte !  Net et sans bavure, Bravo !

Pour ce qui est du Moto2, je me revois encore vous écrire après la course d’Austin « on l’a vu fluide, précis et sur cette course, il a donné l’impression d’un total contrôle » mais voilà qu’ici, à Jerez, Franco Morbidelli nous a raconté une toute autre histoire !

Après avoir survolé les manches outre-mer, c’est lui qui est parti à la faute. Alex Marquez a su, chez lui, le mettre sous pression en se montrant le plus rapide et le plus constant à chaque session.

Bien entendu, je ne peux pas dire qu’on n’attendait pas l’espagnol à un pareil niveau mais en revanche, on peut dire que ça a mis du temps à venir.

J’ai l’impression qu’Alex Marquez reproduit le schéma qui a été le sien en Moto3, une première année difficile, une seconde en progression mais avec trop de chutes et une troisième où il concrétise l’expérience emmagasinée. En Moto2, il est en train de concrétiser même s’il a encore un peu tendance à chuter.

Il progresse et je suis certain que chez Marc VDS on doit être extrêmement content du fait que le travail effectué avec les deux pilotes ces dernières années commence à payer.

L’autre incroyable course, c’est celle de Francesco Bagnaia. L’italien était très rapide en Moto3 mais jusqu’à présent, il semblait avoir plus de mal à s’habituer à la catégorie supérieure. On le voyait autour du top 15, tout comme lors des essais hivernaux où il avait affiché une progression normale, sans gros coup d’éclat comme Viñales ou Rins à leur arrivée en Moto2.

En début de saison, il était même un peu moins rapide que Fabio Quartararo mais sur cette épreuve-ci, il a surpassé tous les rookies.

Mis sous pression par d’autres pilotes chevronnés, l’italien a su garder un rythme régulier, or, c’est certainement une des choses les plus compliquées à réaliser en Moto2.

Réaliser un chrono n’est déjà pas spécialement chose facile mais tenir ces chronos-là seul avec derrière des pilotes comme Pasini ou Oliveira qui ont l’habitude de ce genre de courses, c’est vraiment du beau boulot !

Enfin, en catégorie reine, j’ai été très heureux de voir le retour de Dani Pedrosa sur la plus haute marche du podium parce que c’est un pilote dont j’apprécie beaucoup le pilotage et son abnégation depuis nombreuses années.

A l’instar d’Alex Marquez en Moto 2, il a su entièrement dominer les débats en étant devant à chaque séance. Il a su montrer qu’il était le plus rapide dans son tour qualif avec Marc Marquez dans sa roue… Il a ensuite réalisé la course parfaite.

Le schéma a été idéal puisque, comme à Austin, il a pris un bon départ, chose qu’il ne faisait plus depuis trop longtemps et ça prouve son retour en forme. Une fois devant, il a su imprimer le rythme et empêcher Marquez de se rapprocher.

A la manière d’un Lorenzo, une fois que Pedrosa est devant et qu’il commence à aligner les tours au dixième près, il devient imprenable.

J’aurais peut-être aimé que Marquez revienne et voir si Pedrosa avait également passé un cap en bagarre, voir s’il pouvait battre le Champion du Monde en duel grâce à la confiance accumulée tout au long de ce week-end, mais il faudra attendre encore un peu. 

Et puis, comment parler de la catégorie reine sans parler de cette incroyable course de Johann Zarco !

Comme depuis la course inaugurale au Qatar, le français réussi des débuts de course déments. Il semble extrêmement à l’aise et il s’est une fois de plus, très bien servi de son choix de pneus légèrement différent,(médium avant et arrière alors que les autres étaient plutôt avec des durs à l’avant à l’exception de Folger, Lorenzo et Barbera).

Ce qui est étonnant, c’est que depuis l’arrivée de Michelin, les pilotes ont du mal dans les premiers tours à trouver la confiance dans le train avant alors que pour Johann, c’est vraiment son point fort. Il est de suite performant sur le freinage et c’est comme ça qu’à Jerez, il a pu doubler tous ces pilotes.

Inversement, lorsqu’on voit la réussite du pilote tricolore avec cette Yamaha, on peut se demander ce qui s’est passé ce week-end avec les pilotes factory puisqu’aucun des deux n’a réellement réussi à mener la vie dure aux pilotes Honda. J’ai l’impression que la confiance qu’ils avaient accumulée lors des premières courses a vite pris feu et qu’ils vont maintenant tout faire pour se rattraper au Grand Prix de France.

Enfin, je terminerai cette chronique en félicitant l’équipe Tech3 car on parle beaucoup de Johann Zarco mais il ne faut pas oublier que derrière lui, il y a une équipe.

Bien entendu, cette saison, la petite différence c’est Johann qui la fait avec sa confiance. Mais si Tech3 est le team Junior de Yamaha, avec un vrai soutien d’Iwata, c’est parce qu’ils font un très grand travail sur cette moto, notamment grâce à l’expérience de Guy Coulon, Nicolas Goyon, et toute l’équipe technique qui est toujours à l’écoute de leurs pilotes et qui ont de gros acquis techniques.  

Sur ce, on se retrouve après le Grand Prix de France et je n’en doute pas, on aura des choses à raconter.

Stay tuned !

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