La colonne d’Alexis Masbou : L’adrénaline du Mugello, Pasini, Ducati et « l’inconnue » Lorenzo

Comme vous aurez pu le constater, au lendemain du Grand Prix de France, je n’ai pas publié de chronique, je m’en excuse mais avec le tragique décès de Nicky Hayden, j’ai jugé que ce n’était certainement pas le moment approprié. 

Dès lors, avant de passer au Grand Prix d’Italie, j’aimerais revenir quelques instants sur le magnifique évènement qu’a été le GP du Mans. Une fois de plus, le Grand Prix de France a été une réussite populaire grâce à Claude Michy et toute son équipe mais également grâce aux pilotes français : Johann Zarco, Loris Baz et Jules Danilo. 

En effet, nos deux pilotes MotoGP ont réussi leur meilleur résultat en catégorie reine (sur le sec) et ont régalé les spectateurs, venus une fois de plus en nombre ! Quant à Jules Danilo, il a disputé une magnifique course avec une belle 7ème place à la clé. 

Revenons-en à ce qui nous occupe aujourd’hui, le GP du Mugello où, en Moto3, nous avons encore vécu une course intense comme on en a l’habitude là-bas grâce au phénomène d’aspiration. Un énorme groupe est resté en bagarre jusqu’à la fin et pour les pilotes, c’est une situation extrêmement délicate à gérer et j’en parle en connaissance de cause !

Même si on pourrait croire à la roulette russe, c’est loin d’être le cas car comme on a pu le voir, ce sont toujours les mêmes pilotes qui se trouvaient devant, qui menaient le train et qui avaient plus de facilités à repasser les adversaires qui venaient de les doubler. Je pense à Di Giannantonio, McPhee, Mir ou Fenati…qui ont été les principaux animateurs de cette course. 

Cependant, Di Giannantonio a joué un jeu dangereux car à deux reprises, en fin de course, on l’a vu couper son effort pour ne pas sortir 1er du dernier virage et ne pas être doubler dans ligne droite. Mais en jouant ce jeu, à cinq tours de l’arrivée, cela a donné un regroupement général qui a redistribué toutes les cartes.

Si à la télévision, voir un groupe d’une quinzaine de pilotes « prêts à tout » pour gagner leur place à plus de 240km/h est déjà impressionnant…de l’intérieur, cette intensité est très difficile à gérer ! Imaginez-vous rouler à la limite au bout de cette ligne droite, le faire avec des pilotes à gauche, à droite et surtout à quelques centimètres devant, c’est complètement fou ! Vous allez être obligés de freiner très fort pour dépasser mais évidemment, vous ne devez pas percuter le pilote de devant, le tout sans pouvoir vous décaler si vous arrivez trop fort pour ne pas accrocher les pilotes à vos côtés. Tout se joue au millimètre ce qui est exaltant mais extrêmement périlleux à la fois. C’est aussi ce qui fait que je me régale toujours autant à regarder ces courses, tout comme je me régalais lorsque j’y participais !

J’aurais aussi aimé parler de la VR46 Academy qui, sur trois victoires possibles, en ont pris deux avec Migno et Pasini qui, bien que n’étant pas officiellement un pilote de l’académie, s’entraîne avec eux et en est un des piliers. L’académie aurait même pu célébrer une troisième victoire si Valentino Rossi n’avait pas été rattrapé par les problèmes physiques dus à sa chute de la semaine précédente. 

Peut-être que leur entraînement discret au Mugello, il y a quelques semaines a permis d’aller chercher le dernier carat dans les ultimes tours. Je pense à Migno qui a effectué une très belle dernière boucle mais surtout à Pasini et son énorme performance. 

Mattia, qui a toujours été considéré comme un bon pilote, a passé des années sacrément difficiles en ne marquant presque pas de points en Moto2, en jouant les seconds rôles en MotoGP, donc garder la motivation pour revenir à ce niveau, c’est un véritable tour de force. 

Comme pour Valentino, l’émulation des entrainements de la VR46 Academy permet à chaque de pilote de progresser grâce au partage et au plaisir de rouler, ce qui fait qu’aujourd’hui Pasini est à son meilleur niveau depuis des années.

Pour ce qui est du MotoGP, je ne sais pas vraiment quoi dire car même si nous avons vécu une belle course avec de beaux dépassements, les quatre devants étaient ceux qu’on attendait après les essais. 

La seule chose qui m’a interpellé, c’est la difficulté d’interpréter le début de course de Jorge Lorenzo. 

Était-ce un bon début de course ou un début de course suicidaire ? Pourtant les Ducati étaient toutes très rapides, les 2017 comme les 2016 avec la 5ème place de Bautista, et dès lors on se demande pourquoi Lorenzo, (avec toutes les bonnes cartes qu’il a entre les mains), n’a pas su exploiter les qualités de sa machine au Mugello ? La question reste ouverte et il est certainement trop tôt pour y répondre mais c’est certain que dans le clan Ducati, on doit travailler dur pour réussir ce transfert. 

Pour terminer, je ferai un retour sur un phénomène que nous avons tous pu voir à la télévision. Je n’étais pas un fervent défenseur des ailerons car je ne trouve pas cela esthétique sur une moto mais lorsque ce weekend, j’ai vu les Ducati à plus de 350 km/h se faire secouer dans les premiers tours de course, je pense que Borgo Panigale va devoir trouver des solutions pour calmer l’avant de leurs machines. Je crois que sous son casque, Andrea Dovizioso a dû avoir un très très gros coup de chaleur. On a réellement vu bouger toutes les Ducati dans cette phase de haute vitesse et si cela faisait déjà peur à voir de l’extérieur, je vous laisse imaginer pour les pilotes au guidon de leur machine !

Voilà, je vous laisse pour quelques jours avant de revenir après la course en Catalogne.

Stay tuned!

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