Siméon en MotoGP : Freddy Tacheny détaille le comment, le pourquoi et les perspectives



L’arrivée en Grand Prix de Xavier Siméon a d‘ores et déjà fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux et même chez nos concurrents. Il faut dire que l’arrivée du belge en lieu et place d’un pilote tricolore n’a pas fait que des heureux.

La critique est évidemment facile puisque les résultats actuels ne plaident évidemment pas la cause de Xavier qui ne compte qu’une seule victoire en Moto2 et trois podiums.

Pourtant, si on se permet de jouer les avocats du diable, on soulèvera que le Belge peut tout de même compter sur deux titres d’une importance certaine avec en 2006, le Championnat d’Europe Superstock600 pour sa seconde saison dans la catégorie et en 2008, le Championnat du Monde Superstock1000 avec Ducati, de nouveau pour sa seconde saison, la première avec les italiens.    

Ces deux titres ne sont certainement pas rien et son concurrent pour la selle Avintia pourra certainement en témoigner pour avoir roulé plusieurs saisons en Superstock1000.

Mais comme le disait Michel Turco, ce sera désormais à Xavier Siméon lui-même de faire taire les critiques.

Nous ajouterons à ce constat qu’en effet, cela ne sera pas facile, que la Ducati n’est pas une moto facile, que la GP16 n’est certainement pas la machine la plus compétitive mais que comme l’a rappelé Freddy Tacheny, le patron de Zélos, au micro de Dominique Dricot, Xavier a deux saisons devant lui : une pour apprendre et une autre avec des objectifs.

Et puis, comme vous pourrez le lire dans l’interview que nous avons retranscrite intégralement ci-dessous, ce qui importe c’est qu’aujourd’hui, en Belgique, il y a une structure qui est enfin prête à faire quelque chose pour la moto de route et Xavier Siméon en MotoGP n’est probablement que le début d’une belle histoire mais aussi une nécessité afin de donner corps a un vaste projet incluant notamment une académie pour les jeunes pilotes.

« Dominique Dricot : L’arrivée de Xavier Siméon en Grand Prix est un travail de longue haleine !

Freddy Tacheny : « L’arrivée de Xavier en MotoGP est un travail de très longue haleine et qui a commencé par celui de parents de Xavier que je tiens d’abord à mettre en avant. Ils ont tellement donné pour que leur fils progresse depuis tout petit. Et puis, il arrive un moment où les parents ne sont plus à même, financièrement notamment, il faut bien le dire, de couvrir l’évolution de leur enfant. Xavier, je le connais lui et son talent depuis si longtemps que je voulais qu’il ait cette chance de briller en MotoGP. Cette journée est donc très émouvante pour moi. C’est très émouvant de l’aider à franchir ce pas là. »

D.D : C’est Zélos qui est derrière cette structure pour l’amener en MotoGP mais ça représente combien de partenaires ?

F.T. : « Zélos a regardé comment aider Xavier. Il y a très longtemps qu’en Italie et en Espagne il existe des filières économiques qui aident les pilotes alors qu’en Belgique, cela n’existe pas. En voiture cela existe avec notamment la filière RACB mais en moto les choses sont différentes. Il y a la fédération mais elle n’est pas aussi nantie. Elle fait ce qu’elle peut, d’ailleurs elle nous aide et je l’en remercie mais dans ce cas, les moyens sont quand même très importants. Nous avons la chance d’avoir sensibilisé, organisé un business club que nous appelons les ‘black knights’, un peu nos Diables Rouges à nous, en disant « il y a trois pilotes, 28 ans pour Xavier, 20 pour Livio, 13 à peine pour Barry Baltus et ces pilotes nous les avons sélectionnés, notamment avec l’aide de Didier de Radiguès, avec des experts qui ont perçu en eux ce talent » et nous avons convaincu, 5 puis 10, puis 20 et maintenant près de 100 partenaires qui sont en Belgique mais aussi ailleurs comme avec le français ‘Croisi Europe’ qui trouve que ce que l’on fait est magnifique mais aussi parce qu’il est tombé très proche de Xavier et de Livio. C’est de l’émotion pour eux, c’est aussi du business mais c’est avant tout de la passion et c’est grâce à eux que Xavier entre en catégorie reine. Zélos a été le catalyseur, l’organisateur et le fédérateur. »

D.D. : On espère que la carrière de Xavier Siméon en MotoGP ne fait que commencer et on espère qu’elle sera longue mais cette arrivée signifie-t-elle également que vous pensez amener d’autres pilotes vers les plus hauts sommets ?

F.T. : L’objectif est désormais de démontrer avec ces trois générations, qu’en Belgique, il y a aussi moyen de briguer les meilleures places.

Nous ne sommes pas loin du podium avec Livio, Barry est second en Championnat d’Espagne, qui est le championnat le plus relevé pour son âge et les meilleurs teams se l’arrachent. Xavier a un énorme talent. Il a été Champion d’Europe avec une 600 puis Champion du monde avec une 1000. Alors oui, bien sûr, l’objectif est que pourquoi pas, un jour nous ayons un Champion du Monde belge. C’est le rêve de tout le monde et c’est aussi le nôtre.

D.D : Quels objectifs fixez-vous à Xavier ?

F.T. : C’est très simple, c’est un apprentissage, une évolution mais d’abord, même si c’est une saison difficile dans un team difficile, il est encore pilote Moto2 et il doit terminer cette saison avec les meilleurs résultats possible. Ensuite, il y aura Valence et là je saurai mieux répondre à votre question, on y verra plus clair. On pourra déjà évaluer l’ampleur de la difficulté. On verra combien de temps il mettra à maîtriser cette Ducati, c’est à cela que servent les tests. Personnellement, je ne mettrai aucune pression sur les résultats. Quelle que soit sa position, il est là, il est en MotoGP. La première année servira pour apprendre tandis que pour la seconde, on pourra certainement mettre des chiffres sur votre question. 

D.D. : Vous avez parlé d’une académie lors de la conférence de presse, pouvez-vous nous en dire plus et où elle devrait s’établir ?  

F.T. : Je suis président du circuit de Mettet et le club que je préside est très actif sur ce sujet. Nous avons un magnifique outil avec ce petit circuit de formation qui tourne tous les jours. Nous y avons de l’espace et la capacité d’accueil d’un centre de formation qui doit encore être étudié, adapté aux conditions météorologiques, à nos moyens…mais la volonté est là, Mettet a cette volonté, je suis convaincu que la fédération motocycliste wallonne sera à nos côtés, j’en ai parlé à Carmelo Ezpeleta qui aura un œil particulièrement averti sur ce projet qui est d’ailleurs dans leur intérêt vu l’incroyable proportion des pilotes espagnols et italiens dans les différentes catégories. Il est urgent que les nations du nord soient présentes de manière plus importante. Dès lors, je pense qu’on aura du soutien comme en Angleterre ou en Asie. On doit faire en sorte que nos jeunes aient autant de chance que les autres de briller au plus haut niveau. »

On voit donc que contrairement à ce qu’a pu par exemple écrire notre confrère Michel Turco, pour qui, par ailleurs, nous éprouvons le plus grand respect, « le plus affligeant dans tout ça, c’est que des types aient autant d’argent à gaspiller pour financer des pilotes qui auront toute la peine du monde à marquer des points », cet investissement n’est que la partie visible d’un iceberg. L’objectif est plus vaste qu’une simple présence en catégorie reine. La volonté était avant tout d’avoir un porte-drapeau dans les pas duquel Zélos et ses partenaires espèrent emboîter d’autres pilotes.

Il faut un début à tout et ce sera désormais à Xavier Siméon de démontrer qu’il a l’étoffe de ce porte-drapeau.

Stay tuned !

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