Raconte-moi ton casque – Valentino Rossi : l’ombre et la lumière



Philippe Jacquemotte est journaliste au sein des rédactions de RTL-TVI et de Bel RTL depuis plus de vingt ans, ce qui lui a permis d’approcher de près les principaux acteurs de sa passion…les pilotes !

Amené a réalisé de brèves interviews à caler lors des reportages d’avant Grand Prix, il lui est un jour venu l’idée de demander à Jorge Lorenzo de parler du design de son casque…c’était au Grand Prix d’Espagne à Jerez en 2011 ! La machine était lancée ! S’en est suivi un magnifique ouvrage reprenant 120 histoires qui se cachent derrière les casques de nos idoles.

De Marquez à Rossi, de Prost à Senna, de Schwantz à Gardner, de Schumacher à Alonso en passant par de Radiguès, Tambay ou Casey Stoner, Philippe Jacquemotte vous raconte tout.

Après vous avoir conté les histoires des casques de Marc Marquez, de Casey Stoner et de Johann Zarco, nous allons nous attarder sur le casque d’un monument du sport moto, Valentino Rossi.

Parler de Valentino Rossi n’est jamais une chose simple ! D’abord parce que tout semble déjà avoir été dit, ensuite parce que parler de l’italien c’est parler d’un pilote ayant 22 saisons au compteur, 115 victoires, 64 deuxièmes places, 48 troisièmes places, 64 poles et bien sûr, neuf titres de Champion du monde, mais aussi parce que Valentino Rossi n’appelle aucune demi-mesure. Vous dites du positif vous êtes pro Rossi, vous dites du négatif, vous êtes contre Rossi.

Je me souviens qu’en 2013, j’avais interviewé Davide Brivio, qui a longtemps été son team manager chez Yamaha avant de devenir consultant marketing pour l’entreprise VR46 lors du départ de l’italien chez Ducati pour enfin revenir en tant que team manager chez Suzuki. Questionné sur la longévité de son pilote, il m’avait alors donné une réponse qui aujourd’hui, est toujours gravée dans ma mémoire. « Je pense qu’il fait tout ça par passion pour la moto, mais elle est telle que quand tu parles avec lui, tu as l’impression de parler avec quelqu’un qui n’a pas encore gagner et qui doit encore remporter sa première course, comme un gamin au début de sa carrière. Pour moi, en tant que sportif, c’est un modèle qui mériterait d’être étudié (rires), rien que par sa motivation et l’implication qu’il met dans son sport. Il y a des garçons de 20 ans qui s’impliquent moins que lui. A 37 ans, il met toujours la moto au centre de tout. Tout le reste passe après. »

Aussi loin que je me souvienne, Valentino Rossi a toujours manié à merveille la sympathie et la malice. Une sympathie sans faille, ou presque, vis-à-vis de son public, et une malice débordante face à ses adversaires…Biaggi, Gibernau et Stoner pourraient certainement en témoigner.

Et c’est justement cette facette de sa personnalité que le design de son casque reflète : « le design de mon casque représente le soleil et la lune, il date de 1996, quand j’ai commencé à rouler en Championnat du monde catégorie 125 cm3. Je suis allé trouver Aldo Drudi pour me faire un casque et Aldo m’a dit qu’il souhaitait peindre un soleil. Je lui ai répondu que c’était une bonne idée mais qu’alors, il fallait aussi y peindre la lune […] Pour moi, le soleil et la lune sont deux éléments très importants de la vie. Par cette représentation, j’essaye de montrer que chaque individu a plusieurs facettes, une plus gaie, l’autre plus sombre. »  

Mais en autant d’années de carrière, il est difficile de dresser un portait général des casques de Rossi car il est également adepte des séries spéciales : « j’aime aussi me faire faire un casque spécial pour les courses à domicile, en l’occurrence les Grands Prix d’Italie au Mugello et de Saint-Marin à Misano ».

Adepte des déguisements lors de ses victoires durant ses premières années, l’italien a conservé ce côté festif en arborant des designs parfois complètement délirants sur ses casques: « j’aime avoir un casque particulier en fonction de certains évènements de la saison, ce sont de petites blagues comme le design avec l’âne parce que j’avais fait une erreur lors de la course précédente, l’horloge parce qu’il était temps de se réveiller…pour ceux-là, on décide au fur et à mesure. »    

Parmi tous ces casques, difficile de faire un choix mais pour Rossi, son préféré reste « celui qui a été fait pour le Grand Prix d’Italie 2008, avec mon visage effrayé sur le sommet du casque pour illustrer l’angoisse que l’on ressent lorsqu’on arrive au bout de la ligne droite à 340km/h ».

Comme la plupart des pilotes, ce qu’il recherche avant tout, c’est l’identification : « pour moi, le design d’un casque doit être simple, plein de couleurs, beau et surtout facile à identifier de loin. Il faut que les motifs soient visibles des tribunes. »

Valentino Rossi ne remportera peut-être jamais le dixième titre tant convoité mais que vous l’aimiez ou pas, ce garçon a donné sa vie au MotoGP et a probablement participé au fait que nous soyons désormais si nombreux à l’aimer.

Son héritage mais surtout la gestion de sa retraite, rprésenteront certainement une étape cruciale pour les prometteurs du Championnat car qui n’a pas encore en mémoire ses passes d’armes avec Biaggi et le doigt d’honneur lors de sa première saison en catégorie reine. L’histoire du balai avec Gibernau. Son mano à mano avec Lorenzo au Japon. Sa course à Laguna Seca contre Stoner. Son wheeling en pleine ligne droite à un tour de l’arrivée alors qu’il était en bagarre avec Harada et Capirossi sur l’aprilia 250. Sa première course gagnée au guidon de la Yamaha. Son arrivée face à Biaggi en joueur de violon….

Les souvenirs que cet homme nous laissera pourraient s’écrire sur des milliers de lignes. Alors oui, des histoires moins glorieuses il y en a eu et il y en a même qui sont à oublier mais lorsqu’il partira à la retraite, je ne pourrai que lui dire merci ! Merci Vale !   

Demain, nous vous raconterons une autre histoire, une surprise en forme de remerciement, mais si vous désirez découvrir toutes les autres, le MAGNIFIQUE bouquin « Raconte-moi ton casque » (aux éditions ETAI) se trouve dans toutes les bonnes librairies.

Stay tuned !       

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