Raconte-moi ton casque – Didier de Radiguès : de l’art, des radis et des mercis



Philippe Jacquemotte est journaliste au sein des rédactions de RTL-TVI et de Bel RTL depuis plus de vingt ans, ce qui lui a permis d’approcher de près les principaux acteurs de sa passion…les pilotes !

Amené a réalisé de brèves interviews à caler lors des reportages d’avant Grand Prix, il lui est un jour venu l’idée de demander à Jorge Lorenzo de parler du design de son casque…c’était au Grand Prix d’Espagne à Jerez en 2011 ! La machine était lancée ! S’en est suivi un magnifique ouvrage reprenant 120 histoires qui se cachent derrière les casques de nos idoles.

De Marquez à Rossi, de Prost à Senna, de Schwantz à Gardner, de Schumacher à Alonso en passant par de Radiguès, Tambay ou Casey Stoner, Philippe Jacquemotte vous raconte tout.

Après vous avoir conté les histoires des casques de Marc Marquez, de Casey Stoner, de Johann Zarco et de Valentino Rossi nous allons nous attarder sur le casque de Didier de Radiguès.

Didier, désormais reconverti dans l’art, avait déjà manifesté son amour pour l’abstraction lors de sa carrière moto puisque ce design particulier est né lors d’une visite du musée Guggenheim à Venise. « Ce casque est né en 1988 quand je suis arrivé chez Bieffe, le manufacturier italien souhaitait faire des réplicas de mon casque, il était donc logique de changer de design […] Pour ce design, je me suis inspiré de l’œuvre du peintre néerlandais Piet Mondrian (1872 – 1944), un des pionniers de l’abstraction. A cette époque, je passais beaucoup de temps en Italie puisque je venais de chez Cagiva pour aller chez Agostini, j’aimais déjà beaucoup l’art, dans lequel je me suis reconverti, et je suis allé voir le musée Guggenheim à Venise. Là, je suis tombé sur une œuvre de Mondrian, qui est connu pour ses compositions de rectangles et de carrés de couleurs différentes. »  

Pour la réalisation, après avoir lui-même dessiné les motifs, le pilote belge a confié le casque au designer, Lucca, qui s’est chargé de se tromper sur les couleurs du rectangle reprenant le drapeau belge : « j’ai collé des petits rectangles sur le casque sur le casque, des rectangles que j’ai coloriés moi-même […] Ensuite, j’ai apporté le casque au designer, Lucca, qui l’a mis en peinture, en se trompant sur le rectangle aux couleurs belges (rires). »

Ce casque, imaginé par lui-même tenait à cœur à Didier de Radiguès, raison pour laquelle il l’a conservé même lors de sa carrière automobile. « Ce casque « Mondrian » est celui qui m’identifie le mieux, parce qu’il est inspiré par une œuvre d’art et qu’il est le reflet, dans ma carrière moto, de qui je suis réellement. »

Simple et relativement épuré, c’est le style que Didier de Radiguès a préféré pour ses casques mais aussi celui qu’il continue à aimer : « En règle générale, je préfère les casques peu chargés, je vois qu’on y revient, tant mieux parce qu’il y a eu une période où c’était trop compliqué, les designs étaient incompréhensibles si on n’avait pas le nez dessus. Il faut des décorations que l’on voie de loin et qui soient lisibles. Le caque c’est le pilote, c’est un des derniers contrats qu’on lui laisse, c’est plus qu’un truc pour protéger la tête comme le dit Raïkkönen. »

On comprend donc que Didier a en horreur les casques aux couleurs uniques d’un sponsor : « c’est une catastrophe. Chapeau à ceux qui l’acceptent, ils ont raison si cela leur permet de faire carrière, mais ils passent à côté de leur identification et il faut prendre sur soi pour l’accepter. »  

En lisant l’histoire de ce casque contée dans ce magnifique livre, vous apprendrez également une chouette petite anecdote sur celui qu’on surnommait Radi. « Mon tout premier casque, j’y avais mis des radis. Mon surnom était Radi et je trouvais sympa de mettre « deux radis » à l’avant du sommet du casque en guise de symbole phonétique. A l’époque j’avais 17 ans, j’étais en coupe de promotion nationale, puis à l’international et les Français, qui râlaient parce que je les battais, se moquaient en me demandant : « c’est quoi tes deux navets là ? » Ça m’a énervé et je les ai virés en 1981. J’aurais dû les garder mais tant pis. »

Voilà qui clôture ainsi notre série d’articles dédiés à l’ouvrage de Philippe Jacquemotte et concrètement, je ne pouvais pas terminer par une autre personne que Didier de Radiguès car aujourd’hui, c’est mon dernier article en tant que rédacteur en chef de GPInside et il était temps pour moi de lui dire un énorme merci.

En 2010, dans les tribunes à Misano, nous nous étions promis avec Stéphane Meyers, mon premier photographe, de lancer un blog parce qu’on se disait que c’était le seul moyen de nous rapprocher de ces pilotes que nous vénérions.

Mais un blog n’était pas suffisant et après notre première interview, Didier me rappelait pour me demander si je voulais qu’on lance un site, un vrai. Il se chargerait de son financement et moi de la rédaction.

Je ne mettais évidemment pas longtemps pour accepter sa proposition et ensuite, « Radi » m’a tout donné. Une plateforme efficace, un salaire, des accès, la possibilité de commenter en direct avec lui sur deux Grands Prix et puis des échanges, des discussions, des moments inoubliables…

Maintenant, d’autres défis m’attendent mais encore une fois, MERCI Didier pour m’avoir donné la possibilité d’accomplir mes rêves !

Vous pourriez peut-être penser que cette série d’articles nous a été commandée par l’éditeur du bouquin mais pas du tout. Ces articles, que j’ai pris un plaisir énorme à écrire, sont juste une petite attention à Philippe Jacquemotte, un passionné comme il en existe peu et aujourd’hui, je ne peux que vous encourager à vous procurer ce livre car derrière chaque page, vous trouverez émerveillement, émotion et étonnement.

Stay tuned !       

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