Neuf mois après Super Sic…entretien avec Fausto Gresini !



Nous avons eu l’opportunité de rencontrer Fausto Gresini, à Assen et nous en avons bien entendu profité pour effectuer, avec lui, un tour d’horizon de son écurie, quelques mois après le drame de Sepang.

Se reconstruire ou partir, c’était un peu la question que se posait le team manager et c’est le choix de la reconstruction qu’il a effectué.

Pour ce faire, l’homme a choisi de s’imposer des défis ; la CRT, le Moto3, Alvaro Bautista…nous les avons parcourus avec lui.

Le pole d’Alvaro Bautista, un peu plus d’un après la première de Marco Simoncelli, a dû être une grande joie pour vous et toute l’équipe, comment l’avez-vous vécue ?

Ça a été vraiment incroyable ! Un peu plus d’un an après la première pole de Marco à Barcelone, exactement un an et une course après, Alvaro (Bautista) a réussi à nous offrir une merveilleuse pole. Emotionnellement c’était vraiment très fort pour nous car nous avions, nous aussi, besoin d’un peu de soleil après tant de souffrances, tant de tristesse et tant de moments sombres qui, malgré tout, sont encore là car ce n’est pas quelque chose qui passe rapidement. Il faudra encore beaucoup de temps pour que cette blessure s’estompe pour autant qu’elle s’estompe un jour.

Vous travaillez avec Alvaro Bautista depuis Valence, en novembre 2011. Comment analysez-vous votre pilote ? Pensez-vous qu’il a encore une grande marge de progression ?

Alvaro est un grand professionnel qui a une belle expérience, qui est très déterminé et très performant. Il est aussi très attentif à tout ce qui l’entoure.

Il a encore un potentiel de croissance qui, à mon sens, est encore très important. Il a sauté sur une Honda qu’il ne connaissait pas, dans une équipe qu’il ne connaissait pas plus. En très peu de temps, il a dû apprendre à connaître le système de travail de Honda mais aussi le nôtre, des suspensions différentes, des freins différents et toute une partie technique différente. Il n’y a pas de secret, il faut du temps pour apprendre et comprendre.

Je dois dire qu’il m’a surpris par sa capacité d’adaptation même si nous avons connu, fort logiquement d’ailleurs, des moments difficiles. Mais il ne s’est jamais démoralisé, même lorsque nous-même nous étions un peu abattus, il a été tenace.

Il a un objectif et il sait ce qu’il veut et ce qu’il est capable de réaliser, ce qui est très important.

Nous avons travaillé beaucoup ensemble pour améliorer la moto et maintenant, la base de la moto est bien meilleure que ce qu’elle l’était il y a quelques courses et les derniers résultats montrent que nous avons très bien travaillé ensemble et avec Honda.

Cette année, vous avez le choix de revenir aux suspensions Showa et on sait que ce n‘est pas toujours évident de s’isoler des autres et du quasi-monopole d’Ölhins, quel est le bilan de cette nouvelle collaboration ?

Nous avons collaboré avec Showa pendant de nombreuses années et nous nous en sommes toujours très bien portés. Quand nous avons eu cette nouvelle possibilité, j’ai pensé que c’était une belle opportunité mais aussi un défi à mener avec une grande entreprise prête à mettre à notre disposition son département course. C’est une aventure qui peut être difficile mais qui peut aussi être, pour nous, un avantage. C’est pour ça qu’on s‘est engagé avec eux et j’en suis fier.

La règle des Rookies a été éliminée, est-ce une bonne chose ?

Cette règle n’était plus d’aucune utilité. Elle avait été adoptée à une période que je qualifierais de « normale », mais actuellement elle ne pouvait faire qu’empêcher un jeune de prendre la bonne route et je pense qu’il était opportun de la supprimer.

Et comment voyez-vous le futur de la MotoGP ?

Nous sommes dans un moment de crise générale qui n’a pas épargné le sport en général et le MotoGP en particulier et il faut donc faire attention à où on va et comment on y va. La Dorna travaille énormément sur la direction à emprunter en étant attentive à tous les détails du contour de notre futur.

Cette voie à emprunter, nous devons la déterminer tous ensemble. Même si la mission s’annonce difficile, je pense que nous avons les qualités pour effectuer un bon travail.

Je suis convaincu que de ces  difficultés, il en sortira quelque chose de bon. C’est dans l’intérêt de toutes les équipes, de tous les pilotes et au-delà, de toutes les personnes impliquées dans notre sport.

Un autre défi que vous vous êtes donné, cette année, c’est le développement de la CRT de Michele Pirro.

C’est un énorme travail qu’il faut aborder avec une vision complètement différente car c’est évident que vous devez être en mesure de vous dire qu’avec cette moto, vous n’atteindrez jamais les résultats atteints avec notre première machine.

Notre objectif était de développer cette moto pour qu’elle devienne la meilleure CRT du plateau et en ce moment, on n’en est pas tellement éloigné. Nous avons beaucoup travaillé et il faut prendre en compte le fait que nous avions aussi beaucoup de retard par rapport aux autres. Aujourd’hui, on commence à récolter quelques bons résultats et je vois l’enthousiasme de l’équipe et de Michele et ça me donne énormément de volonté.

Il reste, bien entendu, du travail et je pense que la CRT peut devenir bien meilleure.

Les CRT doivent réduire l’écart par rapport aux MotoGP parce qu’actuellement c’est comme avoir deux championnats en un. Ce n’est beau ni pour le public, ni pour nous.

A ce sujet, on a entendu Shuhei Nakamoto parler d’une « CRT » qui pourrait être construite sur la base de la RC213V. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Effectivement j’ai entendu parler de cette idée dans les journaux mais je n’en ai jamais parlé avec lui.

Ça pourrait être une opportunité, une possibilité et si elle naît, on l’envisagera.

L’objectif de la CRT était d’amener, sur la piste, une bonne grille de départ et il a été atteint mais c’est évident que nous pouvons et que nous devons faire mieux.

Si les constructeurs proposent d’autres choses, alors nous les examinerons.

On a aussi pu lire que Valentino Rossi chez Gresini, ce serait un rêve mais uniquement un rêve. Qu’en est-il actuellement ?  

Valentino, il est bien là où il est et il ne lui manque que les résultats dont un pilote de sa trempe a besoin.

Je pense qu’un personnage  comme lui, tous les teams en voudraient et lorsque vous entendez dire que votre team pourrait l’accueillir, vous ne pouvez qu’être fier !

Mais personnellement, je n’ai jamais parlé de ça avec lui, ce sont des rumeurs. Pour le moment, nous sommes concentrés sur ce championnat et nous avons encore plus d’une demi-saison à accomplir. Il reste quelques selles à distribuer chez les constructeurs et après seulement, les satellites pourront faire leur choix.    

Demain, vous retrouverez l’interview couplée que nous avons effectuée avec Fausto Gresini et Niccolò Antonelli sur l’adaptation du jeune talent italien à la Moto3.

Stay tuned !

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Photo : Stéphane Meyers

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