Bernard Ansiau, le mécanicien Belge de Valentino Rossi, tire le bilan des essais de Sepang…



[Interview] Alors que le grand cirque du MotoGP plantera sa tente, pour trois jours, dès ce mardi, sur le circuit de Sepang en Malaisie, nous avons eu l’opportunité de nous entretenir avec Bernard Ansiau, le mécanicien belge de Valentino Rossi.

C’était donc l’occasion pour nous de tirer avec lui les enseignements des premiers essais officiels de Sepang, et de dresser un premier bilan de leur intégration la structure de Borgo Panigale.

« Pour ce qui est de l’intégration, arriver en groupe facilite évidemment les choses. L’écurie de Borgo Panigale est consciente du fait qu’elle a énormément à apprendre de Valentino et au-delà, du savoir-faire de son équipe technique. Ducati est une marque qui présente la force, mais qui, à certains égards, a aussi une faiblesse, celle de n’avoir jamais cherché à copier les autres, contrairement aux Japonais. Ils ont toujours aimé leur V-Twin et historiquement, ils ont gardé leur ligne de conduite sans essayer de savoir ce que les Allemands ou les Anglais faisaient. Mais maintenant ils commencent à s’ouvrir un peu à autre chose et c’est positif pour eux. Ils se rendent compte que leur méthode de fonctionnement, qui bien qu’elle soit valable, et j’en veux pour preuve les nombreux championnats remportés, peut évoluer. En cela Valentino représente à leurs yeux une énorme opportunité ».

L’analyse des premiers tests de Sepang était interpellante car, bien qu’encore relativement loin des Honda, la Ducati réalisait un énorme bond en avant le troisième jour de ces essais – Rossi gagnant plus d’une seconde par rapport à son meilleur temps enregistré la veille. « Nous avons très bien travaillé à Sepang et, en marge de ces premiers essais, les gens de chez Ducati ont réalisé de leur côté des essais à Jerez avec Vito Guareshi et Franco Battaini qui se sont avérés positifs et puis surtout qui allaient dans le sens voulu par Valentino. Pendant les deux premières journées, nous avons pas mal modifié la géométrie de la moto et elle a fini par lui rendre un certain feeling. C’est d’ailleurs le point fort de Rossi, il a toujours su orienter les développements pour lui permettre d’aller vite. Certes, il manque encore de musculation dans l’épaule mais le troisième jour, la moto a commencé à rouler comme il a besoin qu’elle roule. Depuis Valence, les passages en courbe étaient problématiques, en ce sens qu’en fin de virage, la moto avait du mal à tourner. Nous avons aussi réussi à comprendre comment la faire virer et ça représente une énorme avancée qui a largement contribué à gagner la seconde d’écart entre les temps du deuxième et du troisième jour ».

En conférence de presse, Presiozi a parlé de moto Step 0 : Bernard Ansiau y voit surtout une touche de modestie. « Parler de moto step0, c’est un peu par modestie parce que c’est tout de même une step 0 qui a gagné pas mal de courses en 2010. On se trouve face à une évolution de la moto de la saison passée et qui a prouvé qu’elle pouvait aller très vite. Alors que les Japonaises ont un châssis indivisible, chez Ducati le concept est très différent. Nous avons la possibilité de modifier les différentes parties de la moto indépendamment les unes des autres. La Desmosedici est au final une machine beaucoup plus malléable que ses rivales.

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