Aujourd’hui, Didier de Radiguès rendra l’antenne pour la dernière fois : retour sur 10 années passées au service de la moto



Il y a 10 ans, lorsque Freddy Tacheny, le grand patron de RTL Belgique, acheta les droits de la retransmission du MotoGP en Belgique, c’est tout naturellement qu’il se tourna vers Didier de Radiguès, celui qui, de nos jours, reste notre meilleur représentant en Grand Prix.

Charmé et enthousiasmé par l’idée, Didier acceptait de se lancer corps et âme dans une aventure qui  aura permis aux Belges de vivre passionnément 10 ans de l’histoire du championnat du monde.

Cet arrêt de la diffusion n’a pas manqué de poser son lot de questions et bien entendu, l’une d’entre elle concerne l’avenir des pilotes belges puisqu’on connaît le poids que peut avoir une vitrine aussi importante qu’une chaîne de télévision pour les indispensables sponsors.

Mais Didier de Radiguès n’est pas du genre à regarder derrière lui et il préfère de loin voir dans cet arrêt de la diffusion des Grands Prix, le début d’autre chose.

Et même si les contours de cet autre chose restent à définir, il se veut résolument optimiste.

Nous avons évoqués avec lui ces 10 ans passés au service de la moto, en Belgique. Les bons moments, les pires, les débuts, l’amertume de la fin de l’aventure mais aussi son futur…suivez le guide ! 

Didier, tu as passé 10 ans à RTL et dimanche, tu rendras une dernière fois l’antenne. On sait tous comment ça s’est terminé, on sait moins comment ça a commencé, peux-tu nous raconter le début de ton aventure ?

C’est Freddy Tacheny qui m’a raconté que RTL avait acheté les droits pour la moto et qu’il souhaitait en discuter avec moi pour voir si je pouvais l’aider dans ce projet et de quelle manière.

Ça, c’est vraiment le début parce qu’on n’a pas tout de suite évoqué le fait que je sois à l’antenne.

Evidemment, j’étais intéressé car je trouvais que c’était une super idée pour la moto en Belgique.

Il m’a emmené à RTL, nous avons rencontré les responsables du sport et nous avons réalisé quelques essais. On a très vite convenu que j’endosserais un rôle de présentateur, plutôt que de consultant.

C’est donc de cette manière qu’a débuté cette belle aventure.

Lorsque tu regardes derrière toi, quel bilan tires-tu de ces 10 années ?

Lorsque je regarde en arrière, je ne peux qu’être satisfait du travail en équipe qui a été réalisé. Je suis entré dans une structure à RTL, le service des sports, qui était très minimaliste.

Ensuite, petit à petit, une division s’est construite et a grandi énormément, d’abord au niveau de tous les sports, mais ensuite tout le monde s’est mis au MotoGP.

Ce n’était pas gagné d’avance car le MotoGP, ce n’est pas le football, tout le monde ne connaît pas nécessairement le sujet. Il a parfois fallu taper sur le clou parce qu’il était nécessaire que le service des sports apprenne à connaître ce sujet et se passionne pour lui.

Nous avons eu la chance que ce soit un sport spectaculaire, passionnant et qui a eu un énorme succès en télévision.

Il a été nécessaire d’effectuer ce travail de sensibilisation au MotoGP à tous les niveaux. Que ce soit à la rédaction du journal, dans les autres émissions, au niveau des partenariats, des opérations menées à l’extérieur…bref, dans l’ensemble de la maison RTL. Et petit à petit, le MotoGP s’est introduit partout. 

Un regret ?

Pas du tout, à l’inverse, je dirais que c’est plutôt beaucoup de satisfaction d’avoir monté ça en équipe, d’avoir progressé chaque année. Saison après saison, nous avons réfléchi pour apporter des améliorations et l’audimat nous a toujours donné raison. Beaucoup de satisfaction aussi du fait d’avoir senti l’enthousiasme monter dans la maison au fil des saisons.

Je n’éprouve donc aucun regret si ce n’est, bien entendu, que l’aventure se termine.

Une fierté ?

De nouveau, je ne peux pas parler de fierté mais plutôt de satisfaction. J’ai entrepris une nouvelle carrière qui, au final, s’est assez bien passée. J’ai appris à travailler en équipe parce que jusque-là, dans mon sport, j’ai plutôt travaillé de manière individuelle. Ce sont donc des satisfactions personnelles mais aussi collectives et humaines.

Et puis, tout ce travail a aussi très vite débouché sur une autre émission, Moteur, qui m’a offert une carrière à la télévision.

S’il doit donc y avoir une fierté, c’est celle d’avoir entrepris une nouvelle carrière, un nouveau challenge et de l’avoir réussi.   

On a tendance à l’oublier mais c’est tout de même sous ton impulsion et celle de Freddy Tacheny que la Belgique a pu compter dans ses rangs un pilote titulaire en championnat du monde. En mettant fin à ses activités en MotoGP, penses-tu que RTL a plombé l’horizon de la moto en Belgique ?

Non, je pense qu’il ne faut pas le voir comme ça. C’est formidable que Xavier Simeon ait pu profiter de cet élan de RTL Sport.

Il faut se souvenir que Xavier n’a pas été en Moto2 grâce à RTL. Il y était mais il a perdu sa place en raison de l’arrêt de son écurie, Holiday Gym et c’est là que RTL l’a sauvé. Il ne faut donc pas inverser la situation.

C’est magnifique pour lui mais RTL aussi a bénéficié du fait d’avoir un belge en championnat du monde Moto2.

Pour arriver là, les pilotes et managers doivent se débrouiller et trouver des financements, alors, si ce n’est pas RTL, ce sera un autre sponsor mais ce n’est pas parce qu’un arrête que la carrière du pilote est plombée. Notre but, avec Freddy Tacheny, c’est de continuer à aider les pilotes belges, avec ou sans RTL.

D’accord, mais je suppose que négocier avec un sponsor belge est plus facile lorsqu’on peut lui garantir une visibilité sur la télévision belge ?

Oui c’est certain mais il faut faire avec les moyens du bord. Lorsque j’ai commencé, il n’y avait pas de télévision belge qui diffusait la moto et puis, vu les résultats, la RTBF a débarqué. Donc non, définitivement, je pense qu’il ne faut pas le prendre comme ça.     

On sait que tu n’es pas du genre à te poser 1000 questions mais pourtant, prendre l’antenne dans le costume de présentateur, pas de consultant, c’est un cap à franchir. Dans quel état étais-tu juste avant le Grand Prix ?

En réalité, on a commencé par du Superbike, fin 2002, à Valence. Ensuite, en 2003, on faisait les deux, Superbike et MotoGP. Je peux te dire que de mes week-ends, il n’en restait plus aucun. Fin 2003, nous avons pris la décision de ne plus diffuser que le MotoGP et je pense que nous avons d’ailleurs bien fait.

Mais, à l’époque, on s’est vraiment posé la question puisque dans le championnat de la dérivée de série, il y avait un team belge, Alstare.

Mais pour répondre à la question, j’étais surtout très motivé et aussi assez nerveux car le micro s’ouvre tout à coup et tu ne sais pas ce qui va se passer. Tu ne sais pas si tu vas avoir un trou et ne plus trouver la parole mais quand tu as bien préparé ton truc, ce qui était le cas, tu es vraiment impatient que ça commence. 

Quel est ton plus beau souvenir ?

C’est assez difficile d’en isoler un, ce sont plutôt des moments où la course s’enflamme et donc où le présentateur en fait de même. C’est très agréable car tu sens que tu es porté par le spectacle et qu’en même temps, tu arrives à le commenter.

Ce sont aussi des faits de course et ce que je garderai en mémoire, c’est la bagarre de Rossi avec Stoner à Laguna Seca, avec le fameux dépassement dans le ‘Corkscrew’, celle qui a opposé l’Italien à Lorenzo à Motegi.

Si je dois donner mon meilleur souvenir, forcément, Rossi sera impliqué parce que, personnellement, je trouve que c’est toujours lui qui nous a offert les plus grandes émotions. 

Quel a été le moment le plus difficile ?

Il y a, bien entendu, la première course que j’ai commentée. Mais les moments les plus difficiles sont des moments qui ont été difficiles pour tout le monde et là, je pense aux décès de Tomisawa, de Simoncelli et de Kato, lors de ma première course MotoGP, à Suzuka.

Ce sont des moments très délicats, d’abord parce que chargés d’émotions et ensuite parce que, professionnellement, il faut faire très attention à tout ce qu’on dit. Ce n’est pas le moment de se planter alors que tu es choqué par les images que tu viens de voir. Tout le monde étant dans le même état, tu n’as plus d’informations mais tu dois tout de même continuer à gérer, partager, expliquer…tout est bouleversé et tu évolues dans un petit chaos. Ce sont certainement les moments les plus pénibles de ma carrière.

Mais voilà, il faut continuer à gérer parce que tu es là pour ça, tu es payé pour ça. Même si l’envie ou le besoin te prend de vouloir t’aérer, tu ne peux pas. Tu es coincé à l’antenne alors que tu es face à un drame et tu dois garder la tête froide.

Tu vas donc rendre l’antenne pour la dernière fois, ce dimanche, tu t’attends à ressentir une émotion particulière ?

Je vais surtout essayer de transmettre une émotion, au public, de la part de toute l’équipe de RTL plutôt que la mienne, car pour moi, la vie continue. Je n’ai d’ailleurs pas l’impression que je vais rendre l’antenne pour la dernière fois car ce n’est pas non plus comme si je prenais ma retraite (rires).

Personnellement, si je devais isoler une émotion particulière, ce serait certainement un peu d’amertume vis-à-vis de la façon dont la fin de la retransmission du MotoGP, sur RTL, s’est déroulée. On a fait trainer les choses en longueur et ce n’était pas vraiment agréable.    

Et après ?  

Mon futur, c’est un petit peu tôt pour en parler et je ne peux pas faire énormément de commentaire sur le sujet. C’est encore prématuré à beaucoup de niveaux et j’ai aussi un contrat à respecter jusqu’à la fin.


Voilà donc la fin d’un chapitre mais certainement pas la fin d’une histoire. Nous espérons, bien entendu, que le MotoGP, en Belgique, continuera à nous offrir de belles émotions.

La saison prochaine s’annonce bien puisque sous la houlette de Didier, Freddy, Marc VDS et les autres acteurs belges, nous devrions retrouver deux pilotes en championnat du monde.

Livio Loi, qui disputera le championnat Moto3 et Xavier Simeon qui devrait continuer son aventure en Moto2.

Pour ça et pour le reste, nous le remercions… 

Si vous voulez laisser un petit message sympa à Didier, il y a trois moyens.

Le moins direct…un mail à info@gp-inside.com , nous relayerons.

L’intermédiaire…sa page Facebook

Le plus rapide, celui qu’il pourra voir en direct pendant la course, sur twitter en utilisant #rtlsport

Stay tuned !

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Photo : Lionel Nolette

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