Redding, Kallio, Ducati, Michael Bartholemy analyse l’implication de VDS en Moto2



C’est ce mardi que se tiendront les premiers tests IRTA Moto2 et Moto3 de la saison, sur le circuit de Valence.

Nous y retrouverons donc les pilotes Marc VDS, Scott Redding, Mika Kallio mais aussi Livio Loi.

Ce dernier fera ses grands débuts en championnat du monde Moto3 même s’il ne disputera son premier Grand Prix qu’à Jerez, soit le troisième rendez-vous de la saison, puisque le règlement lui impose de d’abord souffler ses seize bougies avant de pouvoir prendre le départ d’un Grand Prix.

Le Marc VDS Moto2 Racing Team, qui en sera à sa quatrième saison dans la catégorie intermédiaire, se trouve à l’aube d’un énorme challenge avec, on l’espère, l’année de la grande confirmation de Scott Redding et la gestion d’une structure supplémentaire, en Moto3, un environnement que l’écurie belge devra encore apprivoiser.

Qui plus est, tout au long de l’année, Michael Bartholémy, le team manager ainsi que Marc van der Straten, le grand patron, devront penser à l’avenir car on le sait, 2013 sera plus que probablement la dernière saison de Scott Redding en Moto2 et Mika Kallio aura 31 ans en 2014.

Alors, avant que les motos ne reprennent la piste, nous avons rencontré Michael Bartholemy pour dresser le bilan du passé et identifier les perspectives d’avenir.

Nous précisions d’entrée qu’en dehors de l’interview, nous avons parlé de l’affaire Johann Zarco (qui disposait d’un précontrat avec VDS mais qui, en dernière minute, choisissait de ne pas l’honorer) avec le team manager belge mais, ne voulant pas créer de polémiques supplémentaires, il a préféré considérer cette affaire comme classée.               

GPi : Michael Bartholemy, quel bilan tirer d’une saison 2012 où vous êtes apparus  sensiblement plus compétitifs qu’en 2011?

« 2012 n’était pas une mauvaise saison. Nous avons accompli un grand pas en avant par rapport à l’année précédente. On termine cinquième et sixième du championnat pilote et jusqu’à cinq ou six courses de la fin, nous étions encore à neuf points de la troisième place.

Nous avons accroché le podium à quatre reprises et c’est une belle avancée par rapport à 2011 où nous avons été en difficulté toute l’année avec la moto.

On termine premier team et nous avons battu le record d’exposition télévisée donc, nous devons être contents de notre saison ».

GPi : Mais vous courrez toujours après cette première victoire…

« On veut toujours une victoire, chaque week-end où je me rends au circuit, je veux gagner. Toutefois, en 2012, il y avait quatre ou cinq gars devant qui roulaient à un très bon niveau. Marquez, Espargaro, Redding, Iannone, Lüthi, ce sont des pilotes qui durant toute l’année ont eu un bon rythme, qui étaient toujours là.

Sur quelques circuits nous avons été désavantagés par le poids mais déjà, nous n’avons plus rencontré le problème de 2011 où nous détruisions les pneus tous les week-ends ».

GPi : En 2013, le problème de poids ne devrait plus en être un…

« L’introduction de la règlementation prenant en compte le poids du pilote est une bonne chose pour nous, du moins pour un de nos pilotes.

Mika Kallio, de son côté, va recevoir huit kilos de lest sur la moto mais ça sera un avantage pour Scott Redding. Il le sait et nous sommes en train de le préparer pour qu’il arrive au poids minimum. Je pense que ça va lui permettre de franchir un autre palier ».

GPi : Vous avez presque conclu un contrat avec Johann  Zarco mais une fois que l’affaire a capoté, vous avez directement confirmé Mika Kallio. Pourquoi ?

« Mika, c’est une valeur sûre. C’est un pilote de trente ans et c’est certain qu’il ne prendra plus les risques qu’un de dix-sept prendra mais quand on regarde une course comme au Sachsenring, où Scott se fait percuté par Elias, c’est lui qui va finalement chercher le podium.

Nous sommes un team et nous devons toujours chercher à obtenir le meilleur résultat pour le team.

Durant l’année, nous avons tenté d’attirer un pilote plus jeune car nous devons aussi penser à notre futur. Imaginons que la saison prochaine, Mika ne roule plus pour nous et que Scott s’en aille en MotoGP, on se retrouverait alors sans pilote avec lequel nous avons déjà travaillé.

Pour finir, ça ne s’est pas fait. Nous avons jeté un œil au classement et nous avons constaté que Marquez ne serait plus là, Iannone non plus, qu’Espargaro ne voulait pas quitter Pons, que Lüthi, c’est le même genre que Kallio puisqu’ils ont plus ou moins le même âge, que Bradley Smith est monté en MotoGP…finalement nous sommes là avec deux pilotes qui ont terminé cinquième et sixième et je pense que ce sont deux valeurs sûres pour 2013 ».

GPi : Redding et Espargaro sont les favoris pour le titre ?

« Je pense qu’Espargaro et Redding vont se battre régulièrement devant mais il ne faut pas oublier Elias avec la Kalex. Je ne pense pas qu’il se battra pour le titre mais il sera là.

Je pense la même chose pour Simon qui disposera aussi d’une Kalex. Sur certains circuits, il est vraiment rapide.

Je ne vois pas d’adversaires réguliers pour Redding et Espargaro mais plutôt des adversaires ponctuels ».

GPi : Scott Redding a mené des essais pour Ducati, au Mugello. L’affaire ne s’est pas conclue et c’est Iannone qui a été choisi. Des regrets ?

« Non ! Aujourd’hui je ne regrette pas. Peut-être que si on me pose la même question dans 10 ans, je répondrai que c’était une erreur et que nous aurions dû gérer la situation autrement mais tant que maintenant, je n’ai pas de regret.

Nous étions trois personnes à prendre la décision. De ces trois personnes, c’est Scott qui avait le plus à dire puisque c’est lui le pilote et que c’est lui qui avait l’opportunité.

Nous avons passé, avec lui et Marc van der Straten  trois jours au Mugello et j’ai toujours eu le sentiment qu’il y avait des gens chez Ducati, surtout du côté administratif, qui ne voulaient pas de Scott Redding.

Ils ont géré cette situation de façon étrange. Deux jours avant qu’on arrive au circuit, ils ont envoyé un contrat de 60 pages liant Scott pour trois ans et qu’il aurait dû signer avant de monter sur la moto mais ce document ne disait pas où roulerait, team officiel ou un autre, il ne disait pas non plus qui serait l’autre écurie et à la limite, avec ce document, ils auraient aussi pu le mettre en Moto2. Tout était un peu trop flou.

Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je regrette mais après le Mugello, nous avons passé des moments parfois difficiles.

Il arrivait, lorsque nous faisions le débriefing des Grands Prix, que Scott soit un peu déprimé comme par exemple lorsqu’un pilote le dépassait dix fois sur la ligne droite et qu’à chaque tour, tout était à refaire. Dans ces moments-là, il arrivait qu’on se dise que nous aurions dû signer pour monter en MotoGP afin de ne plus avoir ce handicap de poids mais d’un autre côté, il n’a que 19 ans.

Scott c’est un peu comme Livio, il n’a jamais disputé une ‘wild card’ en Grand Prix mais lorsqu’il a disputé sa première course, il a réalisé une première ligne lors des qualifications. Qui fait ça ? Il y a très peu de gars qui peuvent s’en vanter.

Lors de sa première saison en 125, il a gagné une course, il a aussi été le plus jeune pilote à monter sur un podium de Moto2.

Scott c’est un pilote qui a quelque chose. Il a été un peu pénalisé par l’arrivée du Moto2 car 5 ans auparavant, il aurait eu une Aprilia d’usine et ça aurait compensé le fait d’être plus lourd ou plus grand, comme ça s’est passé pour Simoncelli. 

On a réalisé une belle saison 2010, une mauvaise en 2011, de grands progrès en 2012 et nous espérons que 2013 sera celle de la concrétisation ».                     

GPi : Sportivement, comment s‘est déroulé ce test ?

« Redding a impressionné le staff Ducati. Iannone avait déjà roulé en MotoGP avec Pramac, mais aussi avec le projet Suter BMW Marc VDS. Or, la première demi-journée, c’est la plus impressionnante car vous découvrez l’accélération et le freinage. Tout ça, Iannone le connaissait déjà. Pourtant, dès le début, Scott a toujours été plus rapide, il y avait toujours une demi-seconde entre les deux.

Finalement, ils ont préféré prendre l’Italien et Ben Spies, c’est comme ça, on verra les opportunités qui se présenteront dans le futur ».

GPi : la saison dernière, vous nous disiez que vous auriez aimé monter en MotoGP en tant que team. Où en est cette volonté ?

« C’est une chose à laquelle nous pensons de temps en temps mais honnêtement, le Moto2 c’est quelque chose qui me plaît aussi. Je ne me dis pas que je dois absolument monter en MotoGP.

Mais c’est certain que si quelqu’un dit « j’ai une moto compétitive » et que quelqu’un aide sur le financement, pourquoi pas ! Nous avons le pilote et le savoir-faire, donc une grosse partie est là mais après ça, il faut le matériel et le financement. A l’heure actuelle, ce n’est pas quelque chose qui me fait passer des nuits blanches ».     

Demain, nous retrouverons Michael Bartholemy et nous analyserons l’implication de Marc VDS autour de Livio Loi en Moto3.

Nous parlerons de la fin de saison 2012 du jeune belge mais aussi des attentes de son écurie. Enfin, nous aborderons également le cas Maverick Viñales, qui, comme on s’en souvient, a longtemps hésité à s’engager avec VDS avant de signer son contrat avec Laglisse.

D’ici là, nous vous souhaitons un excellent dimanche et c’est avec un plaisir toujours renouvelé que nous vous retrouverons demain.

Stay tuned !

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Photo : Marc VDS Moto2 Racing Team

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