Michael Bartholemy : « je suis convaincu qu’en 2013, Livio Loi marquera des points »



Hier, en compagnie de Michael Bartholemy, nous avons abordé le chapitre Moto2 de l’écurie belge Marc VDS racing.

Aujourd’hui, nous nous sommes concentrés sur la nouvelle aventure VDS : la création de la structure moto3 autour de Livio Loi.

En 2012, le jeune belge nous avait enthousiasmés avec une fin de saison tonitruante dans la très relevée RedBull MotoGP Rookies Cup.

Son aisance dans cette catégorie et ses remontées spectaculaires, ont vite fini par convaincre de son énorme talent.

Et parmi les convaincus, le jeune limbourgeois a la chance de pouvoir compter sur la présence de trois personnages clés dans sa carrière : Michael Bartholemy, Marc van der Straten et Bischoff und Scheck. A leur trois, ils ont décidé de lui mettre un pied à l’étrier en créant, rien que pour lui, une structure Moto3.

C’est demain, à Valence, lors des premiers essais IRTA de la saison, que Livio Loi effectuera ses grands débuts au guidon de sa Kalex-KTM. Rappelons tout de même que nous ne le verrons à l’œuvre en course qu’à partir de Jerez, le troisième rendez-vous de la saison, puisque c’est seulement à ce moment qu’il aura atteint ses seize ans, l’âge règlementaire minimum pour pouvoir s’aligner en Championnat du Monde.  
GPi : l’aventure Moto3 est un nouveau chapitre pour Marc VDS. Vous partez de rien ou presque. L’approche est-elle différente de celle qui prévaut en Moto2 ?

« Personnellement, j’ai la même approche que pour le Moto2. D’un autre côté, quand on prend un pilote comme Kallio, comme Faubel en 2010, ou même comme Scott Redding, vous savez où vous êtes et où vous allez.

Avec Livio, l’approche peut changer en fonction des résultats et c’est d’ailleurs ce qui s‘est déjà produit.

Lorsque nous avons pensé à l’inscrire en Championnat du Monde Moto3, nous nous sommes tous dit que nous étions peut-être une année trop tôt. On le sait, on en a énormément discuté, on a pesé le pour et le contre mais au final, nous nous sommes lancés aussi parce que j’ai été un peu déçu de la saison dernière.

Pas de Livio mais plutôt du fait qu’après avoir mis l’argent sur la table pour qu’il puisse rouler, nous n’avons rien pu contrôler. Nous l’avons donné à quelqu’un et c’est lui qui a roulé avec.

Pour apprendre en étant dans de bonnes mains, la RedBull Rookies Cup n’est pas toujours le scénario idéal ».

GPi : Pourquoi l’avoir placé en RedBull Rookies Cup alors ? 

« Nous avons dû l’orienter dans ce championnat parce que fin 2011, nous (Marc van der Straten, Michael Bartholemy et Bischoff und Scheck) nous n’avions pas le budget pour pouvoir faire autrement ».

GPi : Quels sont les inconvénients de la formule ?

« Par exemple, c’est dommage que la moto ait cassé deux fois alors qu’il menait. Bien entendu, on ne peut rien dire car au final c’est RedBull qui réalise l’investissement et vous, vous êtes là comme pilote et vous roulez, un point c’est tout.

Je pense également que les jeunes n’apprennent pas grand-chose sur le réglage d’une moto dans cette formule parce qu’il y a un mécanicien pour cinq pilotes et que le but n’est pas d’apprendre à travailler sur un set-up.

En revanche, cette coupe est très bonne pour se faire remarquer parce que vous roulez pendant les week-ends de Grand Prix ». 

GPi : Et donc, vous avez finalement opté pour l’aligner en Championnat du Monde…

« Quand on a discuté du projet et je peux vous dire que nous en avons discuté longuement car derrière lui, il y a une structure, un camion, une équipe de 4 mécaniciens et ça coûte de l’argent, nous avons pensé aux résultats que nous attendions de Livio.

Pour ma part, depuis le début j’ai pensé que pour sa première saison, il serait régulièrement entre la vingtième et la dernière place.

Après ça, il a disputé la dernière course du championnat d’Espagne, à Valence, où il a réalisé le meilleur temps, avec huit pilotes de Grand prix contre lui. Il y avait 58 pilotes pour les qualifications et il termine deuxième.

Quand on voit des résultats de cette envergure, on se demande un peu où il va s’arrêter et ce d’autant plus qu’il y a encore énormément de choses que nous pouvons améliorer au niveau de son pilotage.

Je suis maintenant persuadé qu’il est capable de marquer des points et même qu’il en marquera cette saison ».

GPi : Personnellement, je me souviens que le samedi, après les qualifications du Moto3 à Aragon, Jonas Folger avait déclaré (lire ici) qu’avec la longue ligne droite du Motorland,  il serait difficile de s’échapper. Lorsque Livio a abandonné sur panne électrique, lors du dernier tour de la première course de la Rookies Cup sur ce circuit, il avait cinq secondes d’avance. Je pense que c’est précisément à ce moment-là que je me suis dit qu’il était déjà trop fort pour cette coupe. Alors aujourd’hui, selon toi, qu’est ce qui pourrait l’empêcher de les marquer ces points ?

« D’abord, il y a le fait qu’il va encore découvrir beaucoup de circuits mais également et ce n’est pas négligeable, qu’il va faire connaissance avec la fatigue.  

De l’extérieur, c’est toujours facile de dire « ils ne font jamais que 18 courses sur l’année et 5 séances d’essais de une semaine » mais un championnat c’est long et fatigant.

Toutefois, j’y crois dur comme fer car il est à la bonne école, il est entouré des bonnes personnes avec notamment, Marc van der Straten qui a rendu tout ça possible ».

GPi : mais aujourd’hui, le 11 février, pour ne pas mettre de pression inutile, tu préfères continuer à parler d’un objectif entre la vingtième et la dernière position (rires) ?

(Rires) « OUAIS » !

GPi : On en a parlé dans la presse et puis finalement l’affaire ne s’est pas conclue mais vous avez été proche d’engager Maverick Viñales. Que s’est-il passé ?

« Depuis le début, c’était clair pour nous que nous allions aligner une moto pour Livio Loi, un pilote belge, dans un team belge. C’est Maverick Viñales qui était demandeur et il était séduit par l’idée que nous lui avons présenté, à savoir, un contrat de deux ans en Moto2.

Mais Maverick est un pilote qui change d’idée tous les jours et après ça, il s’est mis à vouloir obtenir un contrat de trois ans avec une saison en Moto3. Nous avions aussi une pénalité à payer due à la rupture de son contrat avec Avintia.

On lui a alors proposé le contrat de trois ans qu’il voulait mais il était clair qu’il devait rouler avec une Kalex KTM car nous ne disposions pas d’une KTM d’usine pour la simple et bonne raison qu’il n’y en a plus (il y en a trois chez Aki Ajo, deux chez Monlau et une chez Laglisse).

Nous avons négocié pendant huit jours mais au final, ça n’a pas marché. Toutefois, nous n’avons pas été déçus car c’est évident que ça aurait été excellent si ça s’était concrétisé mais nous, de notre côté, nous n’étions pas demandeur et notre projet reste le même. Nous avons Livio et c’est sur lui que nous allons nous concentrer ».

GPi : Maverick Viñales est donc quelqu’un de compliqué ?

« Je pense que lui-même est un gamin très intéressant mais que la situation dans laquelle il se trouve actuellement n’est pas facile à gérer.

Sa situation avec son management, son contrat, son père qui veut reprendre les choses en main pour tenter de réparer les erreurs commises lors des dernières années mais aussi des contrats qui le bloquent dans son choix d’écurie…tout ça, ce sont des facteurs qui ne l’aident pas à être serein ».

GPi : Mais malgré tout il reste un des favoris pour le titre ?

« Il est sur une KTM d’usine et il a déjà réalisé quelques chronos intéressants. Bien entendu, il faudra  voir ce que son écurie sera capable de faire mais quoi qu’il arrive, je pense effectivement qu’il sera un des favoris pour le titre la saison prochaine.

Il est monté à seize reprises sur le podium, il a gagné neuf Grands Prix et c’est maintenant à lui de jouer et de signer, avec Marc VDS, un contrat pour les deux saisons à venir en Moto2 (rires) ».

GPi : Qui jouera le titre en Moto3 ?          

« Livio…(rires). Non, plus sérieusement, je pense que Viñales et Salom vont se disputer les lauriers ».

GPi : Folger ?   

« Ce qu’il a fait quand il est arrivé chez Aspar, à partir d’Indianapolis (3ème place), c’est très fort ! Mais je pense tout de même que Jonas est un peu handicapé par son poids.

Il fait 76 kilos habillé et pour piloter en moto3, c’est un handicap ».

GPi : Ce serait un bon pilote en Moto2 alors ?

« Il y a un an d’ici, nous avons discuté avec ses parents et je leur avais conseillé d’essayer de trouver un petit team en Moto2, qui ne devait pas spécialement être le meilleur, pour prendre de l’expérience.

Il peut devenir un tout bon pilote parce que le potentiel, il est là ».  

GPi : Puisqu’on reparle du Moto2, que fera Cortese selon toi ?

« La même chose que Livio fera en Moto3 ? (rires). Il a disputé une superbe saison avec des victoires et des podiums mais je pense aussi qu’il avait la meilleure moto. Il faut savoir qu’il a mis neuf ans pour devenir champion du monde. C’est beaucoup car normalement, un top pilote ne reste pas plus de trois saisons dans cette catégorie.

Il faudra voir ça lorsqu’il sera sur la piste. Il a derrière lui un potentiel financier élevé qui lui a permis d’accomplir pas mal de kilomètres en hiver mais je ne le vois pas rouler aux avant-postes ».

GPi : pour terminer, on repasse au Moto3 parce que nous aimerions savoir qui composera l’équipe autour de Livio Loi ?

« Son chef mécanicien sera celui de Mika Kallio en 2012, Manuel Olivencia, ensuite, nous avons récupéré Olivier Boutron de chez Ben Spies, un mécanicien de chez Monlau et un ingénieur de chez Aki AJo ».   

On le voit, Chez VDS, la route est tracée et surtout bien balisée pour guider le jeune Livio Loi à travers le Championnat du Monde Moto3. C’est maintenant à lui de nous démontrer tout le bien que nous pensons déjà de lui.

Stay tuned !

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Photo : Paddock life sur twitter

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