Olivier Boutron : le savoir-faire français au service de Livio Loi



Olivier Boutron a déjà un long parcours dans le paddock, notamment avec Tech3, mais son expérience la plus marquante à ce jour, reste bien entendu ses trois saisons passées au service de Ben Spies, dont deux chez Yamaha factory.

Le Français, qui est considéré comme un excellent mécanicien, avait reçu, après le départ de l’Américain pour Pramac, l’opportunité de travailler pour Ducati en Superbike. Désireux toutefois de rester dans le paddock MotoGP, il acceptait la proposition de Michael Bartholémy et décidait de rejoindre Livio Loi en Moto3.

Comme on le sait, le jeune Belge, n’a eu 16 ans (âge minimum fixé par le règlement pour disputer une course) que la semaine dernière et c’est donc à Jerez qu’il fera sa grande entrée en Championnat du monde.

C’était l’occasion pour nous de nous intéresser à son mécanicien français qui, comme vous le ressentirez peut-être dans cette interview, est une personne extrêmement agréable à interroger.     

« GPi : Olivier, en quittant Yamaha ‘factory’ pour VDS en Moto3, tu passes d’une énorme machine à une plus petite structure, comment s’est passé la transition ?   

Il y a plusieurs aspects concernant ce changement et le premier, qui est extrêmement positif,  c’est que j’ai retrouvé de l’emploi. Ensuite, je me retrouve dans une équipe sympa et avec une petite moto mais en gros, le travail est le même si ce n’est qu’il y a moins d’éléments et que c’est moins lourd (rires). La mécanique reste la même, enlever un moteur pour en mettre un autre, réaliser des settings de suspension…

Nous sommes deux mécaniciens et je trouve l’expérience vraiment sympa. Ça change de la grosse usine qu’était Yamaha même si je m’y sentais vraiment très bien mais c’est différent et je suis content de ma situation.

GPi : Comment trouves-tu ton pilote ? As-tu déjà senti des évolutions quant à son feedback ?

Déjà, depuis la saison passée, à Valence (dernière manche du CEV), au moment où j’ai commencé à travailler avec lui, j’ai appris à le connaître.

Du point de vue de son évolution, ça ne fait aucun doute qu’il a progressé mais surtout, d’après ce que je vois, je suis convaincu qu’il en a sous le coude. Et puis, ce qui m’épate chez lui, c’est qu’il est très relax. Le gamin, il a zéro stress, on a toujours l’impression qu’il se promène sur la moto. Contrairement à certains pilotes que tu sens très agressifs, lui je le vois hyper coulé.

Après c’est peut-être un manquement, on le verra par la suite mais là, on a le sentiment qu’il roule sur une Harley. Ce que je dis, n’a rien de péjoratif, au contraire, il nous donne l’impression de ne pas devoir sur-piloter.

On a repéré avec notre chef mécano qu’il n’exagère jamais lors des essais alors qu’en course, il se met à plaquer les chronos.

GPi : Et au jour le jour, il est comment ce Livio ?

Moi, je le trouve bien et je peux te dire qu’après avoir passé trois ans avec un mec qui tire la tronche tout le temps et qui ne te dit jamais bonjour, je suis content de travailler pour un petit gars qui est souriant, qui te dit bonjour, qui vient te voir…ce n’est que du bonheur. Il est extrêmement poli, gentil, il a de l’éducation !

Je n’ai jamais eu ce sentiment avec les autres pilotes que j’ai pu avoir même si, par exemple, Colin Edwards c’est un mec bonheur, mais avec Livio, c’est différent, on se sent beaucoup plus proche de lui. Il est jeune et les choses évolueront peut-être mais on va dire qu’il part sur de bonnes bases.

GPi : De ton côté, tu t’es découvert de nouveaux collègues. Le courant passe bien ?

Super ! Nous sommes quatre et  nous avons des caractères qui se marient bien. La chef mécanicien est vraiment très sympathique et puis bon, quand tu fais bien ton boulot, personne ne se prend vraiment la tête.

Parfois, c’est un peu compliqué parce que mon collègue Martin ne parle pas super bien l’anglais mais il y travaille.

Le truc c’est que je suis le seul français entouré de trois espagnols et vu que je n’ai pas assez bossé cette langue lorsque j’étais à l’école (rires) parfois je décroche un peu des conversations.

Mais moi aussi, de mon côté, je m’y mets. J’ai enfin terminé ma galère pour passer le permis poids lourd et mon objectif suivant, c’est d’apprendre cette langue.

GPi : Là vous avez roulé au Mans en FSBK, fait des essais CEV, disputé une course CEV, le paddock du Championnat du Monde ne te manquerait pas un peu ?

Ah, c’est certain que ça fait bizarre et lors des essais IRTA à Jerez, j’ai pu croiser les personnes de chez Tech3 et de chez Yamaha qui elles, arrivaient et ça m’a fait extrêmement plaisir de pouvoir les saluer.

Et là, je t’avoue que je suis vraiment très impatient d’aller à Jerez pour revoir du monde. Ce sont des gens que j’ai côtoyé pendant de nombreuses années et avec une coupure un peu plus longue que d’habitude, ça fait bizarre.

GPi : Quand on est mécanicien, comment est-ce qu’on vit la course de son pilote ? Comme un supporter ?

On la vit avec lui. On n’est pas sur la moto mais pas loin, on transpire avec (rires)! Quand on le voit franchir la ligne d’arrivée avec une première ligne ou avec un podium, c’est l’euphorie totale.

Mais en réalité, on le vit chacun différemment. Moi, je suis très expressif et émotif dans ce genre de situation. Si tu te souviens, lorsque les caméras passaient dans notre box, on pouvait toujours me voir en train de m’arracher les cheveux. C’était mon truc chez Yamaha et même Jorge Lorenzo, un jour, m’avait fait une petite boutade là-dessus.

GPi : Quel est le podium qui t’a le plus marqué ?   

Celui de Nakasuga (second) à Valence la saison dernière. Ça a été extraordinaire ! Il remplaçait Ben Spies pour le dernier Grand Prix, notre dernier avec Yamaha et pour fêter ça, le mec nous a offert un podium ! C’était notre meilleur résultat de la saison et un grand soulagement après une saison que pour rester poli, je qualifierais de compliquée.

GPi : Lorsque Spies est parti, tu n’as pas eu l’opportunité d’aller chez Ducati ?

Lorsque j’ai quitté Tech3, grâce à Spies, j’ai eu l’occasion d’aller chez Yamaha factory et puis, fin de saison dernière, notre team manager a essayé de nous caser quelque part parce qu’il était un peu dégoûté que ça se passe comme ça. Il m’avait trouvé une place en Superbike chez Ducati et puis l’option VDS s’est présentée et comme j’avais envie de rester dans le paddock, je l’ai saisie et je suis totalement convaincu d’avoir fait le bon choix.

GPi : Et puis, Livio Loi est un pilote qui va grandir et gravir les échelons, enfin, c’est ce qu’on lui souhaite, et c’est peut-être aussi pour toi l’opportunité de le suivre ?

Exactement. Je n’envisage rien pour l’instant car c’est un peu tôt mais c’est une possibilité qui aurait tout pour me plaire ».         

Stay tuned !

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