Montiron : "le manufacturier unique contraint les privés à la figuration"



Depuis sa création, l’écurie JiR, pour Japan Italy Racing, a été active en 250, en Moto2 bien entendu, mais on se souviendra aussi que la structure de Gianluca Montiron avait également joué un rôle en vue en MotoGP.

En effet, en 2004, en misant sur un pari entièrement japonais (pneus, pilote et moto), l’écurie de Monte Carlo avait réussi à décrocher trois poles et deux victoires grâce à Makoto Tamada.

A l’époque, JiR avait décidé de s’associer avec le manufacturier japonais Bridgestone et c’est ce qui lui avait permis de se mettre en évidence.

Depuis cette époque, les temps ont changé et les contraintes économiques ont commencé par dévorer les pilotes et puis doucement les teams. Le rôle des teams managers est de sentir le vent tourner, chose que Gianluca Montiron a faite.   

« Les temps changent et on doit regarder la réalité en face. L’économie a changé et donc le Championnat du Monde doit regarder vers d’autres frontières. Pour l’instant, tout est difficile pour un team, qu’il soit en MotoGP, en Moto2 ou en Moto3. Trouver une base en Europe, c’est compliqué ».

Ce qu’il faut, c’est se démarquer et sur ce point, c’est ce que Gianluca Montiron avait fait avec brio lorsqu’en 2004, il acceptait de se lancer avec Bridgestone, Honda et Tamada.

« Les petites structures ont besoin de quelque chose en plus pour se démarquer. Dans mon cas, lorsque nous nous sommes lancés en MotoGP, nous étions partis avec un pilote anonyme qui était Makoto Tamada. A moto égale, il ne pouvait pas rivaliser avec Valentino Rossi. Dès lors, la philosophie derrière ce choix était de lui donner un petit quelque chose en plus qui, à l’occasion, pouvait lui permettre de faire la différence. Et c’est ce que Tamada avait fait en 2004 en accrochant trois poles position et deux victoires.

Nous avions donc réussi à montrer que techniquement, avec des éléments différents, nous avions réussi à établir un programme de travail qui, au final, a amené Bridgestone en Championnat du Monde ».

Toutefois, ce genre d’exploit, à l’heure actuelle semble impossible ou en tout cas très difficile puisque les pneus sont les mêmes pour tous.  « Au moment où nous nous sommes lancés dans cette aventure, nous avions en tête un plan clair de développement mais faire ça à l’heure actuelle, ce serait difficile. Avec la situation économique qui est encore plus compliquée pour les petites structures et avec le monopole de Bridgestone, je ne vois pas comment une petite écurie pourrait mettre sur pied un programme pour gagner quoi que ce soit en catégorie reine ».

Le constat est dur mais pourtant le team manager Italien ne voit aucune bonne raison de monter en MotoGP dans ces conditions : « je trouve bien plus gratifiant et bien plus sensé de monter une équipe en Moto2 ou en Moto3 qui peut être gagnante plutôt que d’aller en MotoGP pour y faire de la figuration et remplir la grille ».

La seule solution serait de trouver un autre moyen de se démarquer car bien que regrettable, Montiron reconnaît que pour l’instant, avoir plusieurs manufacturiers qui se font la guerre en Grand Prix, c’est financièrement inconcevable. « L’économie est ce qu’elle est et plus aucun manufacturier ne peut se permettre de faire monter les coûts à l’infini comme c’était le cas en 2004 ou en 2005. Cette compétition entre manufacturier, plus aucun ne pourrait la soutenir alors ce qu’il faut, c’est regarder vers d’autres marché et peut-être trouver de nouveaux constructeurs pour entrer en MotoGP avec un projet différent ».    

Stay tuned !

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