Redding : « On dit que la première victoire est la plus difficile, espérons que ce soit vrai! »



Nous avons attrapé Scott Redding, au Mans, pour avoir une petite discussion avec lui sur la confiance, la maturité et cette victoire en course …

Carl Lewis, médaillé d’or olympique, disait : « si vous n’avez pas confiance, vous allez toujours trouver un moyen de ne pas gagner. »

Ian Wheeler : On dirait que tu as de la confiance en abondance cette saison, pas seulement sur ​​la moto mais dans tous les domaines…

Scott Redding : Je pense qu’on peut en effet dire que ma confiance est assez grande pour le moment. En partie grâce aux résultats obtenus jusqu’ici pendant cette saison, d’autant plus que certains de ces résultats sont arrivés sur des pistes qui ne sont pas les meilleures pour moi.

J’aime le Qatar, le Texas était nouveau pour tout le monde et à Jerez, nous savions que tous les pilotes du haut de classement allaient être rapides puisque nous menons beaucoup de séances d’essais là-bas. Ça signifie qu’en venant au Mans je pensais ‘okay, j’ai été rapide sur les pistes qui ne me conviennent pas vraiment mais maintenant, nous sommes sur une piste où j’aime rouler », et ça m’a procuré un gros supplément de confiance.

I.W. : Est-ce seulement les résultats vu que vous aviez l’air d’être assez confiant avant la première course de la saison, au Qatar?

S.R. : Non, ce n’est pas seulement les résultats. La confiance est également stimulée par la préparation et je pense que ma préparation, à la fois pour la saison mais aussi pour chaque course, a été bien meilleure cette année que lors des saisons précédentes.

Dans le passé, j’ai rencontré des problèmes avec la chaleur, avec mes nerfs et avec toutes sortes de petites choses qui se sont accumulées pour ruiner ma confiance. Ce n’est pas que je ne m’étais pas préparé pour les courses, mais plutôt que j’étais encore en train d’apprendre comment me préparer correctement. Il y avait beaucoup de choses à assimiler et il m’a fallu un certain temps pour comprendre tout.

Maintenant, je débarque au circuit en sachant que ma préparation est bonne, en sachant que je vais être rapide et en sachant que je vais finir la course, il n’y a donc aucune raison pour moi d’être nerveux.

Et cette préparation, elle a commencé lors des tests. Les années précédentes, les chronos lors des essais de présaison étaient tout pour moi. J’étais très heureux de mettre des pneus sur la moto et de pousser fort, juste pour voir mon nom en haut de la feuille de temps. Cette année les choses ont été différemment. Nous avons testé correctement, nous avons évalué beaucoup de choses différentes sur la moto pour nous assurer que nous comprenions comment la moto réagissait quand on changeait quelque chose dessus. Je voulais faire les choses correctement. Procéder de cette façon m’a beaucoup aidé à comprendre les erreurs que j’ai faites par le passé et donc, je ne les ai pas renouvelées.

I.W. : Donc qu’est-ce qui a changé dans votre préparation pour les week-ends de course cette saison?

S.R. : Avant, j’arrivais sur les courses sans autre plan en tête que d’être plus rapide que tout le monde à chaque fois que je quittais le stand. Cette approche fonctionnait bien pendant les essais mais après, j’arrivais sur grille en pensant que j’avais un bon set-up pour la course mais je finissais par constater qu’il était juste bon pour trois tours.

Maintenant, la préparation de chaque course commence à la maison, avant de partir en voyage. Je pense à l’objectif du week-end et la meilleure façon de m’y prendre pour l’atteindre. Tout est assez bien planifié avant le week-end et, une fois que je suis au circuit, je suis le plan, je ne fais rien de stupide et j’essaye de m’assurer que je vais vivre une bonne fin de semaine.

Parfois, le plan est très simple, être rapide à chaque session. Ça joue sur l’esprit des autres pilotes. S’ils sont en difficulté et qu’ils me voient tourner quatre dixièmes plus vite qu’eux, ils se demandent ce qu’ils doivent faire ! Je sais ça parce que j’ai été dans la même situation. Tant Marc Marquez que Pol Espargaro l’ont fait avec moi l’année dernière. Parfois, j’étais assis au box en me demandant ce que je devais faire pour combler l’écart parce qu’ils frappaient un grand coup avant même que je sois monté en piste.

Maintenant, les choses ont changé et c’est moi qui arrive au circuit en essayant de profiter au maximum de chaque session et en mettant autant de pression que possible sur mes rivaux.

I.W. : Ça veut dire que vous roulez à 100% à chaque séance?

S.R. : Non, parce que vous augmentez le risque d’accident et de blessure quand vous êtes à la limite absolue tout le temps. C’est la même chose pour les courses, vous ne pouvez pas rouler à 100% depuis l’extinction des feux jusqu’au drapeau à damier. Il faut être rapide, bien sûr, mais vous avez aussi besoin de garder quelque chose en réserve, surtout si la course doit se jouer au dernier tour.

I.W. : Comme au Qatar, avec Pol Espargaro?

S.R. : Oui, comme au Qatar avec Pol. J’en ai un peu gardé sous le coude et j’ai placé une grosse attaque dans le dernier tour, mais il est resté calme et ce n’était pas assez. Pour être honnête, j’aurais pu être plus aggressif mais le risque de contact était tout simplement trop élevé. Si nous nous étions touchés alors, oui, il aurait pu tomber et j’aurais pu gagner. Mais ça aurait aussi pu être moi, ou même les deux, tout aussi facilement. Pour moi, c’était mieux de repartir avec une deuxième place et 20 points, plutôt qu’avec une grosse facture de réparation d’une moto écrasée.

Lorsque votre objectif est le championnat, plutôt que d’essayer de gagner chaque course, il est préférable de rouler à un rythme qui vous garantit de terminer la course, plutôt que de prendre de gros risques juste pour monter sur la plus haute marche du podium. Ça ne veut pas dire que je ne vais me battre pour la victoire quand c’est possible mais cela signifie que je ne vais pas passer par-dessus la limite quand ça ne l’est pas.

I.W. : Beaucoup de gens ont fait remarquer que c’est un Scott Redding beaucoup plus mature que nous voyons cette année. Maintenant, vous n’êtes plus un adolescent, pensez-vous que vous avez mûri?

S.R. : Oui, certainement. Bon, je n’ai encore que 20 ans, donc ce n’est pas comme si je me promenais avec une pipe et des pantoufles, mais je pense que j’ai vraiment mûri, même par rapport à l’année dernière.

Pour être honnête, je suis un peu déçu que mon approche n’ait pas été aussi mature lors des années précédentes. Regardez Marquez, c’était un de ses points forts. Il a mûri tôt et son approche de la course était meilleure. Il m’a fallu un peu plus de temps, mais je suis là maintenant.

I.W. : Donc, plus mature et plus confiant, une combinaison puissante …

S.R. : Comme je le disais, quand vous arrivez sur une piste en sachant que votre préparation a été minutieuse, ça vous inspire confiance, mais arriver sur une course en ayant derrière vous une série de bons résultats, ça vous amène votre confiance à un niveau supérieur. Lorsque vous êtes en confiance, c’est 80% de votre course qui est faite. La confiance vous donne l’impression que tout est un peu plus facile.

I.W. : Vous semblez aussi de nouveau vous amuser en course avec la moto, quelque chose qui avait peut-être disparu ces dernières années …

S.R. : Je m’amuse parce que les résultats sont là. Ça vous donne beaucoup de motivation quand vous quittez la piste, pour vous entraîner et pour toutes ces petites choses du quotidien. Quand vous vivez un mauvais week-end et que vous rentrez chez vous, parfois, vous pouvez vous entraîner trop dur pour essayer de compenser, ce qui signifie que vous arrivez à la course suivante en étant déjà fatigué. Vous pouvez vous casser en vous entraînant trop dur et puis en augmentant le niveau parce que vous ne voyez pas d’amélioration.

Quand vous obtenez des résultats, il y a moins de tentation d’essayer de résoudre un problème qui, en réalité, n’existe pas. Vous êtes plus détendu, personne ne vous stresse, tout le monde est de bonne humeur, il y a une bonne ambiance et c’est beaucoup plus facile de venir rouler et d’en profiter.

I.W : La victoire au Mans, la première en Moto2, a dû ajouter à cet engouement. Ca a également dû vous enlever un certain poids des épaules ?

S.R. : Tout le monde a dit, depuis trois ans, que ma première victoire était toute proche. On peut dire que l’attente a été longue ! C’était bien de finalement obtenir la victoire au Mans dans des conditions difficiles, parce que maintenant je sais que je peux gagner, je l’ai réellement prouvé. On dit que la première victoire est la plus difficile, espérons que ce soit vrai! »

Stay tuned !

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